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« La solution contre les criminels professionels »

Prix Falcone à Mafias.fr
« L’utilisation sociale des biens mal acquis est la solution contre les criminels professionnels »

« This is the solution against organized crime! »

      C’est en ces mots que Fabrice Rizzoli a commencé son discours pour la remise du prix Falcone des Droits de l’homme.

A l’aide des produits (ici les Taralli Libera terra des Pouilles) faits par des coopératives sur des terrains confisqués aux mafieux, on implique réellement la société civile contre le crime organisé : en France, la villa confisquée au narco-courtier Crisafulli au Cap d’Antibes auraient dû devenir une école hôtelière
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Mafias.fr reçoit le prix Falcone 2014 des droits de l’homme

 Au coeur du Forum Mondial de la Démocratie à Strasbourg

Remise du Prix Falcone à

- Sonia Alfano ; Commission européenne contre le crime organisé

- Jean François Gayraud : De La Cosa Nostra (LCN) : une mafia américaine!

- Alessandro Cobianchi : La caravane antimafia à Marseille
– Tareq Oubrou :

- Fabrice Rizzoli : pour son implication contre le crime organisé en défendant les droits fondamentaux

et en impliquant la société civile : ici en Corse

Le prix Falcone c’est quoi? Cliquez : http://prixfalcone.com/

Au mois de mai 2012 a eu lieu la commémoration des vingt ans de l’assassinat du Juge Giovanni Falcone par la mafia en Italie.  A cette occasion le Prix Falcone a été créé. Il a été remis à Roberto Saviano, écrivain et lanceur d’alerte italien, dans le cadre du Forum Mondial de la Démocratie, au sein de l’hémicycle du Conseil de l’Europe.
Cette initiative citoyenne de deux associations de défense des droits de l’Homme, l’AFREDH et l’association Justice & Démocratie, a trouvé un écho favorable auprès des élus de la Ville de Strasbourg et des institutions européennes.
Dans un monde où les démocraties sont fragilisées par les sociétés criminelles et le terrorisme, il est essentiel d’honorer des professionnels et des personnes issues de la société civile engagés dans la lutte contre ces menaces criminelles, quelquefois au prix de leur vie.

Programme du Prix Giovanni Falcone

Les 4 et 5 novembre 2014

à Strasbourg

Mardi 4 novembre 2014

  • 12H00 Hôtel de la cathédrale, remise des clés des chambres réservées pour les lauréats et les accompagnants.

  • 13H00 Déjeuner officiel offert par le Maire de Strasbourg aux lauréats et aux accompagnants. Départ à partir de l’hôtel de la Cathédrale.

  • 19H00 Cérémonie de remise des Prix Giovanni Falcone au Pavillon Joséphine, Parc de l’Orangerie.

Mercredi 5 novembre 2014

  • 10H-12H, Cinéma Odyssée IMAGES ET DEBAT : Comment nos démocraties sont-elles menacées par les réseaux criminels internationaux ?

Rencontre du public avec les lauréats du Prix Falcone. Débat animé par Karim Baila, Journaliste d’investigation

  • 18H-20H, Débat citoyen avec David Brunat, auteur de « Le juge Falcone, seigneur de Sicile ».  Débat animé par Laurent Hincker, avocat, co-fondateur du Prix Giovanni Falcone

Conférence prix Falcone le 11 septembre :-)

Soirée-débat 11 septembre 2014

 20h30 – 22h30

Maison du Barreau au 2, rue de Harlay – 75001 Paris

Inscription sur internet ifrav.fr/soirée-falcone-paris ou par téléphone, au 06 76 66 20 59.

« Organisations criminelles et Etats de droit : comment les Etats-Nations se mobilisent-ils pour lutter contre les sociétés criminelles internationales ?

Avec les deux lauréats du Prix Falcone 2013

 Ouverture de la soirée avec un florilège des enquêtes TV de Karim Baïla Grand reporter de guerre agence Capa, (France 2 Envoyé spécial, Canal +)

· Karim Baïla :  La route internationale de l’héroïne, l’organisation criminelle de la traite des femmes en Albanie, immersion d’un grand reporter ;

· Myriam Quéméner, avocat général  CA Versailles, : le trafic d’êtres humains à l’ère du numérique

· Yves Charpenel, Premier procureur à la Cour de cassation de Paris, : la coordination internationale dans la lutte contre les organisations criminelles ;

· Laurent Hincker, avocat, co-fondateur du Prix Giovanni Falcone.: l’approche de la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg ;

· Christiane Feral-Schuhl, avocat, ancien bâtonnier de Paris, : Etat de droit et juridiction internationale, bilan et perspectives.

Le prix Falcone

Dans un monde où les démocraties sont fragilisées par les sociétés criminelles et le terrorisme, il est essentiel d’honorer des professionnels et des personnes issues de la société civile engagés dans la lutte contre ces menaces criminelles, quelquefois au prix de leur vie.

Trois Prix Falcone sont délivrés chaque année par la ville de Strasbourg, pendant le Forum mondial de la démocratie du Conseil de l’Europe.

  • le Prix Falcone pour la justice, attribué à un professionnel du droit (magistrat, avocat, policier, gendarme) ou une institution qui intervient dans le champ de la criminalité mafieuse ;
  • le Prix Falcone pour la démocratie, attribué à un journaliste ou un militant de la société civile qui alerte l’opinion publique ;
  • le Prix Falcone pour les droits de l’Homme à toute personne, institution ou ONG, qui défend les droits de l’Homme contre les dérives mafieuses et terroristes.

Au mois de mai 2012 a eu lieu la commémoration des 20 ans de l’assassinat du juge Giovanni Falcone par la mafia, en Italie. A cette occasion, le Prix Falcone a été créé. Il a été remis à Roberto Saviano, écrivain et lanceur d’alerte italien, dans le cadre du Forum mondial de la démocratie, au sein de l’hémicycle du Conseil de l’Europ (cf. Journée de la liberté de la presse : merci Roberto)

 

Cette initiative citoyenne de deux associations de défense des droits de l’Homme, l’AFREDH et l’association Justice & Démocratie, a trouvé un écho favorable auprès des élus de la Ville de Strasbourg et des institutions européennes.


http://ifrav.fr/page/eventinfo/150/Soire-Prix-Falcone-Paris-le-11-septembre-2014

« Inventons demain » sans paradis fiscaux

« Inventons demain »

 samedi 13 septembre à 11h,
Assemblée Nationale… Paris
Inscription obligatoire brien.nicolas[]gmail.com

Quelles solutions économiques concrètes contre les paradis fiscaux?

Animé par Gabriel Zucman, économiste, disciple de Piketty, professeur à Berkeley et spécialiste des paradis fiscaux  (cf. ses thèses, France 2, France Inter…)

- les commentaires de Paul Krugman et de Christian Chavagneux sur ses thèses

- Robert Zarader, PDG de l’agence Equancy&Co

- Serge Guérin, sociologue, conseiller régional EELV

- Fred Musa, « Fred », animateur de Planet Rap sur Skyrock, très impliqué dans les réseaux « politique de la ville »

- Fabrice Rizzoli, ancien secrétaire général de l’Observatoire Géopolitique des Criminalités et promoteur de la réutilisation des biens mal acquis confisqués.

Exemple aux organisations criminelles :

La redistribution à des fins sociales des biens confisqués aux mafias en Italie

Social redistribution of confiscated mafia assets in Italy: from mafia informal to civil formal

Et si on faisait pareil pour les paradis fiscaux, celui qui met son argent, on lui confisque et on fait un projet économique ou culturel gagnant : pour changer les mentalités

Amendement Convention Europe PS 2013:

Amendement 23 :

Page 21, après le premier paragraphe (« … et ses moyens renforcés. »),

ajouter :« Le système de redistribution sociale des biens confisqués doit être importé d’Italie et élargi à tous les biens mal acquis incluant les capitaux placés dans les paradis fiscaux. »

Explication des motifs :

Contre les biens mal acquis et les paradis fiscaux :

une Europe de la redistribution économique et sociale

La commission spéciale sur la criminalité organisée, la corruption et le blanchiment de capitaux (CRIM) déclare que « la criminalité organisée, les mafias et les systèmes criminels représentent une menace concrète pour la sécurité et la liberté des citoyens européens. C’est pourquoi le Parlement européen, en instituant cette commission, a inscrit la lutte contre ces phénomènes parmi les priorités de l’agenda de l’Union européenne et des États membres« . http://www.europarl.europa.eu/committees/fr/crim/home.html

L’Europe doit harmoniser ses régimes de confiscation et tendre vers un modèle de confiscation préventive administrative qui affecte les complices des criminels et des fraudeurs.

Une fois les biens illégalement acquis confisqués, chaque état européen doit se doter d’une loi, sur le modèle italien et serbe, de recyclage des biens mal acquis au profit de la population en privilégiant le secteur de et l’économie sociale et solidaire : les maisons des criminelles professionnelles peuvent être par exemple transformées en centres culturels ou d’apprentissage, en établissements de soins pour les toxicomanes ou en lieux d’hébergement pour les immigrés clandestins. Les exploitations agricoles peuvent également devenir des coopératives. Le bien peut-être utilisé par les institutions, par les collectivités territoriales et par les associations d’intérêt publics. Ils ne peuvent être vendus ou loués. Quand il s’agit d’une entreprise, elle peut être louée, vendue ou liquidée si l’intérêt public est en jeu, par exemple pour dédommager les victimes.

La réutilisation à des fins culturelles des biens saisis a une très forte valeur symbolique pédagogique et culturelle car elle permet de détruire le capital social du crime organisé et et confère à l’État son autorité auprès des populations qui se rapproprie le bien fruit du trafic.

Le système de redistribution sociale des biens confisqués doit être élargie à tous les biens mal acquis incluant les capitaux placés dans des paradis fiscaux.

Une loi à l’échelle européenne visant à récupérer les capitaux illégalement placés à l’étranger permettra d’investir ses capitaux dans l’économie réelle. 

Il s’agira de mette en place une présomption de culpabilité pour les citoyens ou entreprise qui utilisent un paradis fiscal. Si l’utilisateur n’arrive pas à démontrer qu’il a utilise le paradis fiscal à des fins légal, c’est capitaux seront gelés puis réutilisé dans l’économie production en particulier dans l’économie sociale et solidaire.

Ainsi, le citoyen européen pourra expérimenter l’adage que pour une fois « la fraude ne paie pas »

Vidéo : – « L’Argent Sale » de Nicolas Glimois produit par Mano à Mano, consultant Fabrice Rizzoli

Le pouvoir de dire « non »… à la télévision

Libero Grassi mafia

Victime de l'isolement

«Je ne suis pas fou, je n’aime pas payer. Je ne partage pas les valeurs des mafieux.« 

C’est avec ces mots que le 11 avril 1991 en directe à la télévision que Libero Grassi, le propriétaire d’une entreprise de textile à Palerme, raconte son histoire d’entrepreneur qui refuse de payer le pizzo, le racket : une pratique qui fonde le pouvoir mafieux (cf. « Babbo natale » était un carabinier).

Le 29 août de la même année, les sicaires des Corléonnais l’assassinent froidement selon les règles de la violence programmée (définition). Libero Grassi représente un «mauvais exemple» pour d’autres entrepreneurs car en plus de refuser de payer, il communique son refus par le média de masse, une atteinte intolérable au consensus social. A noter que Libero Grassi a été victime de l’indifférence de ses collègues comme des institutions de l’époque.

A l’époque, seul le centre Impastato l’accompagne (cf. Contre la mafia : le Centre Impastato) . Aujourd’hui, on peut mieux faire :  Le restaurateur contre le racket ou Contre la violence programmée : la collaboration de Monica)

Pizzo Addio ! Comment faire du tourisme en Sicile sans verser un centime à la Mafia

Zoomafia : trafic d’ivoire

Le 12 août 2014, les douaniers ont contrôlé dans le fret express un colis de 45 kg. Le colis provenant du Mozambique à destination du Laos était supposé renfermer des sculptures.

Ouf, ce sont 2  tabourets sculptés… mais au rayon x, on voit 6 défenses d’ivoire (poids total : 25,220 kg).

En 2013, la douane a saisi 435 pièces d’ivoire brut ou travaillé, ainsi que 376,4 kilogrammes d’ivoire, lors de 126 constatations. Le 6 février 2014, sur le Champ de mars, face à la Tour Eiffel, la France a détruit 3 tonnes d’ivoire saisies par les services douaniers, depuis 20 ans.

Le commerce d’ivoire fait disparaître la population des éléphants comme le rappelle un trés récent article de Médiapart (cf. 100 000 éléphants tués: le braconnage est reparti de plus belle en Afrique

Il s’agit d’un trafic, appelé aussi Zoomafia (cf. La « zoomafia » filmée en Sicile) qui rentre dans la catégorie des écomafias (cf. L’Italie, ses déchets, son béton et ses mafias). Les mafias s’adonnent à ce type de trafic aprés avoir fait un arbitrage « risque/profit ».

Un sommet mafieux filmé : « de l’impuissance de la justice suisse »

Ce n’est pas la première fois que la police film un sommet mafieux. Souvenez vous mafias.fr vous avez livré cela : sommet mafieux dans le Nord de l’Italie. Mais c’est rare et c’est peut-être la première fois en Europe (hors Italie). En réalité, je suis certain qu’il existe d’autres vidéos dans les tiroirs des policiers mais il faut pas montrer cela aux populations…

Bravo donc à la police fédérale qui a piégé le mafieux à Frauenfeld, mafieux originaires de Fabrizia (Vibo Valentia). Mais ce qui est intéressant c’est que la justice suisse se plaint que la vidéo ait été diffusée par les autorités italiennes (cf.L’article de presse suisse).

Sous couvert de secret de l’instruction, la justice suisse aurait aimé continuer à enquêter… et pour cause, elle ne dispose pas des délits d’association mafieuse ni de la confiscation préventive antimafia… (cf. Ce n’est pas parce que la mafia existe toujours qu’il faut douter des moyens antimafias italiens.

Comment poursuivre des gens qui se réunissent et parlent de mafia et de drogue mais sans trouver la drogue?

D’autres liens :

Mafias.fr à Neuchâtel

Evènement en Suisse

Mémoire Camorra/socio-économie

Juillet à Marseille

Mafias.fr adore Marseille (cf.Mafias.fr dans un lycée de Marseille et lors de la caravane antimafia de 2011 et revient sur le mois de juillet du milieux marseillais pour mieux proposer  ses solutions

mafia rizzoli antimafia

Franck Sanchez, 34 ans a été  retrouvé le 11 juillet dans le coffre d’un véhicule incendié dans les quartiers nord de Marseille. Alors que celui-ci se trouvait dans la cité Le Mail, il a été abordé par deux individus à bord d’une C3. Au terme d’une brève dispute, ceux-ci ont tiré plusieurs coups de feu avant de placer la dépouille de leur victime dans le coffre d’une 207, incendiée quelques minutes plus tard.

Le  17 juillet, 2 hommes en scooter ont fait feu à 3 reprises sur Karim Regaoui qui marchait le long de l’avenue Saint-Antoine dans le quartier saint Antoine du 15ème arrondissement de Marseille. L’homme, connu pour contrefaçon de cartes bancaires, a été touché à la tête et au dos et est mort sur place. Il est le frère de Farid Regaoui, abattu le 10 janvier 2006 de 8 balles de pistolet-mitrailleur. Connu pour recel et violences, Farid Regaoui était soupçonné d’alimenter en stupéfiants la Cité de la Solidarité (15ème arrondissement). Il était également soupçonné du meurtre.

mafia rizzoli antimafiaLe 18 juillet, un homme de 24 ans en scooter dans le quartier Sainte-Marthe du 14ème arrondissement de Marseille a été renversé par une voirure. Puis Zakary Remadnia a été fini à la kalachnikov (cf. Kalachnikov à 400 euros : « Un petit investissement pour un gros business…« . La victime était soupçonnée de trafic dans la cité de Font-Vert (également 14ème arrondissement). Il serait aussi impliqué dans des règlements de comptes à Marseille, par exemple celui à l’encontre de Mehdi Berrebouh, assassiné le 14 avril 2014 (cf. Règlements de compte sur l’autoroute) mais aussi en région parisienne. Zakary Remadnia est le neveu de Nora Preziosi, adjointe à la jeunesse à la Mairie de Marseille. Elle avait déjà perdu un neveu dans un règlement de comptes en avril 2012 : Ilès « Jojo » Remadnia, cousin de Zakary.

34 ans après l’attentat de Bologne

Hivers 1985, l’Italie est sous la neige comme l’ensemble de l’Europe. Au cours d’un voyage scolaire à Venise et en transit à la gare de Bologne, (en fait  cela doit  être en 1987 pour nous rendre à Ancône… car sinon le transit à Bologne s’explique mal…) je remarque une horloge un peu « décalée » par rapport à un bâtiment moderne et dont l’heure reste figée. A mes demandes d’explication, mon professeur d’Italien me parle de l’attentat le plus meurtrier de l’après guerre.

Dédicace à tous les profs qui emmènent leurs élèves en voyage donc :

ll est 10h 25 en ce matin du 2 août 1980 lorsqu’une bombe explose dans la salle d’attente de la gare de Bologne ; explosion qui fait 85 morts et 200 blessés. L’attentat de Bologne serait le fait d’une association subversive composée de milieux d’affaire, de l’extrême droite, de services de renseignement détournés (des services vraiment secrets… cf.Les services de renseignement italien et les mafias), de franc-maçonnerie clandestine qui n’en avait que le nom (la loge P2)  et de groupes criminels (la bande della Magliana et acteurs mafieux).

Récemment, le film Romanzo Criminale a consacré une scène à cette évènement. Dans cette vidéo, on notera que le poseur de bombe est assassiné dans la foulée… à la minute 2.22 :)

PS : deux officiers des services de renseignements ont été condamnés par la justice italienne pour avoir corrompu l’enquête. Combien de pays arrive à condamner des agents de ce type?

Fraude, corruption, blanchiment. L’Europe braquée en permanence.

Compte rendu du colloque de l’année : Journées d’étude : citoyens contre criminalité économique

15 juillet 2014 | Par Bernard LeonMediapart.fr

mafia rizzoli antimafiaLa situation en matière d’évasion fiscale, de fraude et de criminalité financière en Europe, des mots qui recouvrent une réalité à plusieurs facettes, vous semblait, bien que lointaine, alarmante. Elle est en fait catastrophique. C’est l’avis des nombreux spécialistes  qui se sont réunis à Paris à l’invitation d’Alternatives Européennes, une association qui travaille pour l’innovation des pratiques démocratiques, dans le cadre du projet « Tackling Illegal Economy ».

Les risques sont sérieux pour la démocratie, la santé des Etats, l’avenir des échanges économiques.

Cela tient, comme l’a rappelé le Magistrat Jean de Maillard, Vice-président du TGI de Paris et auteur de « L’arnaque », publié chez Gallimard, au fait qu’une criminalité différente des maffias est désormais ancrée au coeur du système économique mondialisé, dont elle est devenue la variable d’ajustement et de régulation. Et ceci, il ne faut pas se le cacher, avec la complicité, ou au mieux l’indifférence, des gouvernements.

Plus l’économie va mal, moins les gouvernements ont les moyens d’agir. « Quand le système devient compliqué, le politique se retire et la finance prend le relais. Et plus la finance s’étend, plus la fraude prospère. Mais si la fraude devient systémique les institutions ne peuvent plus réagir. Et on en arrive à ce que les banques soient au dessus des normes, au dessus de la loi ». Trop grandes pour faire faillite, comme on dit. Trop grandes pour aller en prison également. Too big to jail.

Ce n’est pas une raison a dit Fabrice Rizzoli, (FLARE France), auteur du « Dictionnaire énervé des mafias », de parler du problème de manière fataliste, car il est possible, les italiens nous l’ont prouvé ces dernières années, de réagir.

Il prône donc au niveau européen ce qui a été réussi en Italie, la confiscation des patrimoines criminels au bénéfice de la communauté. (cf. Mucchielli)

Le voyage du Pape en Calabre a d’ailleurs mis en lumière la chose, puisque sa dénonciation de la maffia a permis de mettre les projecteurs sur Don Panizza, un prêtre qui a osé reprendre en 2002, à la demande du préfet, un immeuble de 3 étages confisqué par l’Etat à un clan familial de la maffia. Il en a fait un centre d’accueil pour mineurs en difficulté et adultes handicapés.

Voir reportage ci-dessous :

Mais il y a bien d’autres exemples, comme ces coopératives agricoles en Sicile exploitant les biens confisqués à la maffia dans le cadre de la loi de 1996.

Voir reportage ci-dessous

Une confiscation qui s’applique également aux complices des condamnés, ou encore à des personnes en possession de biens dont le caractère illicite des processus d’acquisition est avéré.

Voir reportage ci-dessous :

Fabrice Rizzoli rêve d’ailleurs tout haut de tenir une conférence sur le sujet dans la maison de Cahuzac en corse ou dans la villa de Ziad Takieddine. (Oui, celle avec la piscine là où se baignait J.F. Copé).

Un cancer au cœur de l’Europe.

Mais en amont des poursuites et des saisies il faut pouvoir enquêter en Europe. « Sauf qu’il manque toujours un parquet européen », dit Vittorio Agnoletto (Ancien membre du parlement européen). D’où la difficulté à poursuivre ceux qui fraudent ou qui sont complices de ces fraudes. Ce peut être un fonctionnaire européen, un fonctionnaire d’un des 27 pays membres gérant un fond structurel, ou encore une organisation criminelle de fraude. Sur la TVA ou les cotas de CO2 par exemple. Le trésor Français aurait perdu sur ces derniers 1,6 milliards d’euros, et l’Europe verrait s’envoler 100 milliards d’euros par an pour cause de fraude à la TVA.

Il existe bien depuis 1999 un Office européen de lutte antifraude, l’OLAF, pour enquêter. Mais le manque de coopération que cet office rencontre dans ses enquêtes, au sein des 27, et les failles juridiques nationales, constituent une entrave à son travail. Il ne lui est pas possible d’enquêter en Allemagne sur les fraudes à la TVA, par exemple.

Comme l’a dit Fabrice Rizzoli,  on est aussi face à un flou sémantique ou administratif sur les notions de « légal » et « illégal ». D’ou parfois une difficulté à poursuivre efficacement.

Un rapport du Sénateur Eric Bocquet de 2012 n’a-t-il pas pointé que « la fraude fiscale des entreprises françaises était principalement sanctionnée chez de petits entrepreneurs, alors que les enjeux financiers étaient plutôt du coté des grandes entreprises ». Mais ces dernières, entourées de cabinets conseils, jouent sur toutes les failles que leur offrent les réglementations des Etats, et échappent facilement aux taxes et à l’impôt.

Une voie pour la réutilisation sociale : l’ESS.

Relayant l’intervention de Darina Zalmova, de l’université de Thrace (Roumanie), qui a montré que la corruption devait être combattue par la reconstruction d’une pensée collective et des pratiques sociales, Marcel Hipszman, ancien adjoint au Délégué interministériel à l’économie sociale, a mis en lumière, tout comme elle, la possibilité pour l’économie Sociale et Solidaire d’être un outil anti corruption en se voyant confié la gestion des biens saisis à la criminalité financière. Un vrai recyclage au profit de la population, sous forme de musées, coopératives, centres d’apprentissage, établissements de soins, accueils des immigrés, etc.

Voir reportage suivant :

Il a rappelé les opportunités ouvertes par la récente directive européenne du mois d’avril sur le gel et la confiscation des produits de la criminalité transfrontière organisée. Tout en regrettant que les applications de cette directive en matière d’utilisation sociale des biens confisqués  ne soient pas obligatoires et laissées à la volonté des Etats.

A l’heure où la loi sur l’économie sociale est votée en France, l’idée est à creuser.

Il a également rappelé que la France possède une « Agence de gestion et recouvrement des avoirs saisis », regrettant aussi que le gouvernement ait annoncé que la question de la réutilisation à but social des biens confisqués serait discutée ultérieurement. Comme quoi on peut être un gouvernement de gauche et timide sur l’innovation juridique et sociale en matière de lutte contre la criminalité financière.

Un combat politique, social et culturel.

En fait, les intervenants l’ont tous dit, c’est bien là, sur le terrain politique, que doit être menée la vraie lutte citoyenne d’innovation démocratique. Un combat également culturel.

Ce qu’a bien montré le débat sur la presse d’investigation, réunissant plusieurs journalistes européens, dont Dan Israel de Médiapart.

Si les choses semblent  évoluer positivement, notamment grâce à la presse sur internet, les journalistes, s’ils sont confrontés à plusieurs difficultés, dont celles consistant à faire le tri des acteurs et des documents, doivent aussi faire face à la difficulté à vendre leur sujet contre la criminalité financière. En dehors de quelques affaires phares, il est plus facile pour un media de dramatiser un fait divers que de dérouler dans ses colonnes ou ses journaux télévisés les cheminements tortueux d’une fraude à la TVA, dont les montants sont pourtant vertigineux et lèsent les citoyens directement. Il faut donner du temps aux journalistes d’investigation. Les enquêtes sont longues, le recoupement des témoignages et la consultation d’experts nécessaires chronophages.

Mais la première difficulté vient, il ne faut pas avoir peur de le dire, des institutions, notamment bancaires. C’est par les banques que passe l’argent de la criminalité maffieuse, rapporte  Marius Frunza (Université Paris 1).

L’exemple de la banque anglaise HSBC qui a payé près de 2 milliards de dollars afin d’échapper à des poursuites aux Etats-Unis pour avoir blanchi l’argent des cartels de la drogue entre 2003 et 2010 en témoigne. En notant au passage que le patron de la banque pour la période incriminée est devenu en 2010 ministre de David Cameron. Humour anglais. Isn’t it ?

Alors que faire ? Les réponses ne peuvent être qu’internationales. Mais que fera l’Europe, présidée sous peu par l’ancien premier ministre d’un paradis fiscal, le Luxembourg ?  Que fera le Parlement européen ?

Restent aux citoyens à faire pression. Au travers d’associations comme Euroalter, ou Libera en Italie, dont le but est clairement de s’insurger et d’agir contre les maffieux, et qui regroupe 1600 associations  locales et internationales.

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