Violence programmée

Dimanche 28 septembre à Sinopoli, une petite ville de l’arrière pays de Reggio en Calabre (voir carte), deux automobilistes se disputent pour une place de parking.
L’un d’eux sort un pistolet de calibre 7,65 mm et tire cinq balles. Deux atteignent l’autre conducteur. L’assassin, Domenico Marsetti, un délinquant non mafieux de 32 ans, réalise trop tard la portée de son geste. Il vient d’assassiner le gendre du « boss » de la zone, Carmine Alvaro.
Domenico file vers  Rome.

En attendant, des membres de la famille de la victime arrivent sur les lieux du drame. Ils transportent Domenico Cutri à l’hôpital mais il est trop tard. Le jeune homme de 36 ans décède.

Là, l’histoire prend une tournure mafieuse. Les parents déposent le corps de la victime devant le cimetière. Pourquoi ? Pour gagner du temps sur la justice de l’Etat italien.

La famille en question est une ‘ndrine, une famille mafieuse calabraise. Elle contrôle le territoire et elle doit faire acte de vendetta (vengeance) elle-même. Il en va de sa réputation, de sa survie. Elle interroge les patrons de bars, donne deux coups de téléphone et le tour est joué. Un commando est en route. Certainement dès lundi, il retrouve l’assassin. Tarif : une balle dans la nuque.

Il ne s’agit pas d’une simple histoire de vendetta mais le résultat d’une « violence programmée » (CDS, Umberto Santino) dans laquelle l’Etat italien a été relégué à une entité inférieure à celle de la mafia : une mafia capable de rendre une justice foudroyante.
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