Des statistiques à la réalité de la lutte antimafia

Comme chaque année (voir 2008), l’Eurispes, l’institut européen des études politiques, économiques et sociales des statistiques nous propose un état géo-économique des mafias. En 2008, les mafias italiennes ont engrangé 130 milliards d’euros, ce qui représente 10% de la richesse produite en Italie.

La principale source d’accumulation illégale de capital sont le trafic de stupéfiants (59 milliards d’euros), les écomafias (16 milliards d’euros), les armes et autres 5,8 milliards. Dans certaines zones, 80% des commerçants payent encore le racket engendrant un chiffre d’affaire de 9 milliards pour les extorqueurs. L’usure fait un bon en avant avec 180 000 commerçants victimes recensés et un chiffre d’affaire de 15 milliards d’euros. Le racket et l’usure permettent aux mafias de gagner 250 millions d’euros par jour. L’augmentation de l’usure peut-être mise en relation avec la crise économique, une prévision vue sur ce site ( Epargne mafieuse et leçon de capitalisme ).
La grande disponibilité financière des mafias leur a permis, dans le cadre de cette crise, de garder un contrôle sur les appels d’offre et dans l’infiltration de l’économie légale. D’après l’association des commerçants italien (Confesercenti), les clans investissent dans le secteur du bâtiment (37, 5%), dans l’agriculture (20%), le tourisme (9 %), les commerces et la restauration (7,5%), en raison de la forte circulation d’argent qui caractérise ces activités.
Les saisies de biens mafieux de la part de l’Etat italien témoignent de la richesse des mafias. L’Etat italien a saisi 5,2 milliards d’euros, dont 2,9 milliards à la Camorra napolitiaine, 1,4 à la mafia sicilienne et 231 milions d’euros à la ‘Ndrangheta calabraise.
C’est là que le bât blesse. Car seuls 7% des biens mafieux sont saisis par les forces de l’ordre… Par ailleurs, la faiblesse des saisies opérées contre la mafia la plus riche, la mafia calabraise ( ‘Ndrangheta : mafia « numéro un » ) laisse pantois ( La confiscation : enjeu politique majeur ).
Ainsi, le gouvernement actuel a beau communiquer sur les nombreuses arrestations de mafieux, rien n’est fait pour affaiblir réellement les mafias.

Tout d’abord, en Italie plus qu’ailleurs, les magistrats sont indépendants. Les nombreuses arrestations ne sont en rien le fruit d’une volonté politique mais le résultat d’une action judiciaire sur le long terme. A contrario, en Sicile comme le stipule le juge antimafia Antonio Ingroia (en photo), les magistrats anticipent sur leurs deniers propres pour payer le transfert des collaborateurs de justice (ces « repentis » indispensables pour lutter contre des sociétés secrètes) ! Depuis, le mois d’octobre, les robinets de l’Antimafia sont coupés : plus d’argent,
plus de photocopieurs, plus de fax et plus d’auxiliaire de justice (greffiers…). En face, les chefs mafieux diposent d’énormes ressources financières et ont à leur disposition les meilleurs avocats.
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