Archive pour la catégorie ‘Cosa nostra, mafia sicilienne’

Arrestations anti-mafia massives dans la province de Palerme le 16 mars

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Les photos des prévenus

Dans la nuit du 15 au 16 mars, le Ros (Groupe d’opérations spéciales) et la brigade de carabiniers de Monreale ont procédé à l’arrestation de 62 cadres de la « nouvelle » Cosa nostra dans la province de Palerme, en Sicile. Parmi les prévenus figurent tout particulièrement Mario Marchese et Gregorio Agrigento, deux « parrains » octogénaires rivaux fidèles de Toto Riina dans les années 1980 maintenant à la tête de la Cosa nostra  dans la province, ou encore Alfredo Giordano, directeur de la salle du théâtre Massimo de Palerme.

Bien que ce dernier n’affirme entretenir que des relations d’amitié de longue date avec les autres prévenus, cette opération met l’accent sur une réalité toujours bien présente : celle d’une bourgeoisie mafieuse qui conditionne le tissu commercial et entrepreneurial sicilien, et force un consensus social par le biais d’investissements dans l’économie locale, du racket, et de la menace.

A l’issue de cette opération, les autorités ont saisi des terrains et locaux commerciaux détenus par la famille mafieuse des Pullarà, l’entreprise Di Marco Marmi appartenant à Francesco di Marco, ou encore quatre entreprises de bâtiment dont la valeur atteint 600 mille Euros.


 En août 2015, les autorités avaient déjà arrêté 11 personnes qui avaient l’habitude de communiquer avec Matteo Denaro, le chef de la Cosa nostra.

Un livre sur Giovanni Falcone

rizzoli mafia antimafia

Livre sur G. Falcone

Un grand merci à l’auteur qui a offert ce livre à mafias.fr, vainqueur du prix Falcone 2014. Au début, je n’étais pas à l’aise avec le style du livre. C’est trés bien écrit mais j’étais géné.

J’ai compris que l’auteur faisait parler un martyre de la lutte antimafia. Je m’y suis fait.

Au fil de la lecture, cela s’est dissipé. J’ai réussi à rentrer dans ce livre qui magnifie le magistrat Giovanni Falcone (cf.23 mai 1992 : la mafia tue Giovanni Falcone).

L’auteur s’est fortement documenté et il n’y a aucune approximation hsitorique. Une oeuvre utile comme ce Rap Antimafia

ou ce livre Les derniers mots de Falcone et Borsellino

Fiche de lecture : « Dalla mafia alle mafie »

mafia rizzoli antimafia

Université SciencesPo Paris

Dans le cadre de mon enseignement à Sciences Pos Paris « Géopolitique critique des criminalités » au semestre d’automne 2014-2015. des étudiants avaient des fiches une lecture à faire.

Daniela Ristic choisit : Dalla Mafia Alle Mafie de : Umberto Santino, aux éditions : Rubbettino (cf. Contre la mafia : le Centre Impastato).

La qualité de cette fiche de lecture oblige mafias.fr a publié des extraits :

« Pour commencer, quelques mots sur l’auteur. Umberto Santino est le fondateur et directeur du centre sicilien « Giuseppe Impastato« . Depuis de nombreuses années, il est l’un des militants anti-mafia le plus engagé. Ses études sur les pouvoirs criminels, les marchés illégaux et les relations entre la politique, l’économie et la criminalité ont une portée internationale et reconnue.

Son ouvrage, « Dalla Mafia Alle Mafie », est un recueil rigoureux de tous les aspects paradigmatiques et recherches scientifiques effectués au sujet des mafias. Il met en perspective les différentes études afin d’en déconstruire les stéréotypes, les dérives culturalistes et les généralisations hâtives. Son fil conducteur est justement celui de souligner la complexité du phénomène mafieux.

Dans le premier chapitre, « Les sociologues et les mafias », Santino montre de quelle manière, à partir des années 60… 

D’autre part, il expose les différentes visions de la « violence mafieuse », qui constitue, un des « super pouvoirs » dont disposent les organisations mafieuses… (cf.Publication : la mafia vue par les sciences politiques)

Certains chercheurs parlent de « l’industrie de la violence » pour qualifier l’agir mafieux. Pour sa part, Santino, …. 

Dans les cinq chapitres qui suivent, Santino confronte les points de vues de plusieurs disciplines par rapport à la mafia. …  

Le sixième chapitre s’intéresse aux liens entre phénomènes mafieux et religion... (cf.Itv Francetv : Eglise et mafia)

Pour conclure, Santino va insister sur l’importance d’établir un « paradigme de la complexité » pour fonder une tradition de recherche débarrassée de tous ces stéréotypes autour des organisations mafieuses (cf.« Bourgeoisie mafieuse » : définition)

Personnellement, j’ai trouvé ce livre très complet, car il fait office de vaste catalogue de recherches effectuées à ce sujet. L’auteur confronte habilement les différentes visions et est dans une claire optique de déconstruction des lieux communs. Je pense en effet, qu’il est fondamental de mettre en évidence la complexité des phénomènes que l’on étudie. Tous les acteurs qu’il a analysé ont tendance, d’une manière ou d’une autre, à offrir des visions englobantes afin de proposer des théories générales. Mais, comme nous l’a montré Santino dans cet ouvrage, si une théorie générale sur les mafias existe, elle ne peut être lue qu’à travers la complexité.« 

Criminalité et Pouvoir : Italie versus France

MeetUpParis
la Maison de l’Italie et mafias.fr présentent :

Les Nouveaux Monstres 1978-2014
Présentation du dernier livre de
Simonetta Greggio

Paris, le 6 Mai 2015, 19h00

Maison de l’Italie
Cité Universitaire de Paris
7A rue Boulevard Jourdan, 75014 PARIS
(RER B – Cité Universitaire)

Fabrice Rizzoli de FLARE présentera le rencontre

Dans « Les nouveaux monstres », paru en septembre 2014 chez Stock, Simonetta Greggio enquête sur l’Italie des trois dernières décennies. Un roman de la construction du pouvoir et de la collusion de l’Etat et de la mafia.

La vidéo d’Independenza TV :

Le pouvoir de dire « non »… à la télévision

Libero Grassi mafia

Victime de l'isolement

«Je ne suis pas fou, je n’aime pas payer. Je ne partage pas les valeurs des mafieux.« 

C’est avec ces mots que le 11 avril 1991 en directe à la télévision que Libero Grassi, le propriétaire d’une entreprise de textile à Palerme, raconte son histoire d’entrepreneur qui refuse de payer le pizzo, le racket : une pratique qui fonde le pouvoir mafieux (cf. « Babbo natale » était un carabinier).

Le 29 août de la même année, les sicaires des Corléonnais l’assassinent froidement selon les règles de la violence programmée (définition). Libero Grassi représente un «mauvais exemple» pour d’autres entrepreneurs car en plus de refuser de payer, il communique son refus par le média de masse, une atteinte intolérable au consensus social. A noter que Libero Grassi a été victime de l’indifférence de ses collègues comme des institutions de l’époque.

A l’époque, seul le centre Impastato l’accompagne (cf. Contre la mafia : le Centre Impastato) . Aujourd’hui, on peut mieux faire :  Le restaurateur contre le racket ou Contre la violence programmée : la collaboration de Monica)

Pizzo Addio ! Comment faire du tourisme en Sicile sans verser un centime à la Mafia

Itv JOL Press : le pape et la mafia

Le pape excommunie la mafia italienne

Propos recueillis par Valérie Choplin pour JOL Press

Depuis le début de son pontificat, le pape François s’est lancé dans une vaste opération afin de restaurer la transparence au sein du Vatican et de l’Eglise catholique. Le 21 juin, il était en visite en Calabre, précisément là où sévit la clan mafieux ‘Ndrangheta. Au cours de son homélie, il a déclaré que la mafia n’était pas «en communion» avec Dieu. Le pape François a déclaré aussi que la mafia la ‘Ndrangheta était «l’adoration du mal et mépris du bien commun. Ce mal doit être combattu, chassé». Fabrice Rizzoli, spécialiste de la criminalité organisée et des mafias, revient sur les relations entre l’Eglise italienne et les mafias.

JOL Press: Quelles sont les relations traditionnelles entre la mafia italienne et l’Eglise catholique ?

Fabrice Rizzoli : Longtemps, l’Église, comme les autres institutions, a sous-estimé le phénomène mafieux. On comprend mal le silence des autorités ecclésiastiques puisqu’une dizaine de prêtres sont tombés sous les balles de la mafia. Pino Puglisi en 1993 et Don Diana en 1994 sont morts parce qu’ils combattaient le consensus social mafieux sur le terrain et au contact des jeunes.

Cliquez : BRANCACCIO

Si les condamnations de la part du clergé sont rares, elles entraînent à chaque fois la réaction des mafieux – preuve de l’importance du silence de l’Église pour ces derniers. En 1982, le cardinal Pappalardo qui dénonce la mafia et ses complices au sein de la bourgeoisie mafieuse après l’assassinat du préfet Dalla Chiesa voit déserter la messe dans la prison de Palerme. Le 9 mai 1993 lors d’une messe à Agrigente, le pape Jean-Paul II condamne pour la première fois et sans équivoque la mafia et invite les mafieux à se « convertir à la loi du Christ », et cela au moment même où les mafieux devenaient en masse des « repentis » (des collaborateurs de justice). De convertir à repentir, il n’y avait qu’un pas sémantique que les mafieux ne pouvaient accepter. La Cosa nostra sicilienne répond par le terrorisme.

Le 28 juillet 1993, deux bombes explosent devant des églises à Rome et détruisent en particulier la basilique Saint-Jean de Latran, le siège ecclésiastique officiel du pape et considérée comme la « mère de toutes les églises du monde ». En 2010, le pape Benoît XVI en visite en Sicile utilise le terme de « crime organisé » à la place de « mafia » et relativise ainsi l’importance du phénomène mafieux. Les mafieux, sensibles au langage, se contentent de déposer une bonbonne de gaz devant le centre Padre Nostro à Palerme en représailles de ce timide discours.

JOL Press: Comment expliquer que la mafia se tourne autant vers l’Eglise ?

Fabrice Rizzoli : De manière constante, les religions sont un instrument de légitimation des actes criminels, surtout sur des terres où l’on risque sa vie au quotidien et où le secret est érigé en «religion». Alimenter les peurs permet aux mafieux d’assurer la cohésion du groupe et de renforcer le lien associatif. Ainsi, la Madone du sanctuaire de Polsi est la protectrice de la ‘Ndrangheta calabraise et les néo-mafieux de Cosa nostra sicilienne subissent un rite à l’aide de l’image de sainte Annunziata, protectrice de l’organisation mafieuse. Enfin, le caractère religieux de la Sacra Corona Unita est évident : les mafieux déclarent leur foi pour mieux mener une vie de criminel.

En réalité, le mafieux fait la démonstration de sa religiosité afin de légitimer, autant que faire se peut, ses conduites criminelles, gérant ainsi les contradictions qui le tiraillent. Le mafieux admet que Dieu existe, ce qui lui évite de le chercher et lui permet de fonder le pouvoir social et militaire sur la base de la religion. En épousant la religion, les mafieux utilisent les nombreux rites catholiques qui renforcent le lien associatif entre les membres.

Les analogies entre rites mafieux et rites religieux sont très marquantes : baptême, parrainage, épreuve du feu, importance du sang… « Poussière tu es poussière tu finiras » sied bien aux mafieux qui vivent dans la culture de la mort. Le sacré permet aussi aux mafieux de trouver un sens à la vie qu’ils mènent, en particulier celui de « donner » la mort. En s’octroyant le droit de tuer, le mafieux ne cherche pas à contredire Dieu en dépit du premier commandement « Tu ne tueras point », mais bien à se mettre à son niveau.

À cela s’ajoute la dimension collective qui fait du mafieux non plus un individu mais la partie d’un groupe au service d’une justice privée. Convaincu d’appartenir à un ordre supérieur qui rend la justice, le mafieux tue l’autre parce qu’il se comporte mal ou tel autre parce qu’il n’est pas à l hauteur. Dans ce quotidien morbide, les différences entre les valeurs de la religion, de l’État de droit et de la mafia deviennent floues. Ce brouillage anéantit le sentiment déculpabilisé à la racine puisque c’est l’organisation qui décide de la mort et non plus le tueur. Le mafieux a donc bien un dieu pour qui il fait le bien, mais qu’il ne nomme pas ! Si le mafieux devait donner un nom à son dieu, il s’appellerait « mafia ». « S’il y a un dieu, c’est moi, j’ai le pouvoir de prendre et de donner la vie. » 1988, Leoluca Bagarella, chef mafieux corléonais.

JOL Press : Les Français ont tendance à avoir une image désuète de la Mafia italienne. A quoi ressemble-t-elle ?

Fabrice Rizzol i: Elle n’est en aucun cas désuète. Les mafieux calabrais ont fait le terrassement d’immeubles standing à Menton qui abritent la maison de la justice et la Communauté d’agglomérations de la Riviera Française.

Les Français ont aussi une image fausse de toute puissante (l’image de la pieuvre…) alors que la réalité se situe entre les deux. Les Français ne savent pas que les biens des mafieux en Italie deviennent des biens d’intérêt général. A quand une loi identique en France?

JOL Press : La mafia italienne ronge le sud de l’Italie depuis plusieurs années. Pensez-vous que seul le développement du Mezzogiorno en viendra à bout ?

Fabrice Rizzoli : Non, le gouvernement de centre gauche de Romano Prodi en 2000 avait obtenu des progrès économiques dans le Sud et cela n’a pas affaibli la mafia. Il faut créer les conditions économiques et sociales pour que les citoyens ne croient pas qu’il est de son avantage de suivre le mafieux. Tout dépend du politique donc.

Or, la politique est pro mafieuse lorsqu’elle est guidée par une idéologie néolibérale; celle d’une économie sans règles, sans transparence et régie par les seuls rapports de force. Or, l’idée du marché prônée par certains gouvernements est la même que celle des mafias. C’est le monde dans lequel nous vivons qui produits de la mafia.

JOL Press: On a accusé l’Eglise catholique d’Italie d’avoir été silencieuse sur les mafias pendant des années. Comment expliquer le temps qu’a mis la plus haute autorité de l’Eglise Catholique pour les excommunier ?

Fabrice Rizzoli : Pendant la Guerre froide, la menace communiste rendant la mafia respectable, le Cardinal Ruffini déclare « la mafia est une invention des communistes ». Aujourd’hui encore, un prêtre a donné sa bénédiction à un mafieux notoire pour son mariage, mais il n’était pas en cavale. Enfin, des scandales financiers liant les banques du Vatican à des agents mafieux sont récurrents. Mais avec la chute du mur de Berlin, le pape Jean Paul II a pu pour la première fois lancer l’offensive.

JOL Press: Est-ce seulement à la personnalité du Pape François que tient l’excommunication des mafieux ? Ou ce positionnement était-il à prévoir tôt ou tard ?

Fabrice Rizzoli : Le Pape va loin dans sa lutte pour la transparence du Vatican et pour aider les prêtres au quotidien. Jusqu’ici les messages antimafias du clergé étaient ambigus puisqu’ils reposaient sur la repentance individuelle et non sur la lutte territoriale en phase avec l’État de droit. Contre la mafia, le clergé proposait la privatisation du salut là où l’État prône la collaboration citoyenne.

La difficulté de divulguer un tel message venait du fait que l’Église et la mafia partageaient une valeur commune : celle de croire à un ordre supérieur, c’est- à-dire au-dessus de celle véhiculée par la démocratie. Ainsi, de nombreux prêtres acceptent les confessions des mafieux sans les inciter à changer de vie, alors que quitter la mafia veut dire collaborer avec la justice et devenir un citoyen à part entière.

En excommuniant, le pape a une position antimafia claire et efficace en disant aux mafieux : «La mafia est contraire aux lois du Christ et à celles de l’État de droit, repentissez-vous puis collaborez avec la justice ».

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Fabrice Rizzoli est docteur en science politique et spécialiste de la criminalité organisée et des mafias. Il est également l’auteur du Petit Dictionnaire énervé de la mafia.

Mafias.fr dans Le Nouvel Obs Rue 98

Affaire Hélène Pastor : tueur à gages, est-ce un vrai métier ?

Camille Polloni | Journaliste

La justice soupçonne un « contrat familial » dans l’affaire Pastor. Membres polyvalents d’organisations criminelles ou pieds-nickelés de l’assassinat, les tueurs à gages ne ressemblent pas (trop) à ceux du ciné.

Rizzoli mafia antimafia

Si les meurtres d’Hélène Pastor et son chauffeur ressemblent autant à un polar, c’est entre autres grâce aux bons offices de personnages fort cinématographiques : les tueurs à gages.

Dès la semaine dernière, une « source proche de l’enquête » parle de « contrat ». Et lundi, parmi une vingtaine de personnes interpellées figurent « deux hommes d’origine comorienne », soupçonnés d’être les exécutants de ce pacte…  La suite

Rap Antimafia

Mafias.fr récidive sur Radio Canada

mafia rizzoli antimafiaRadio Canada interroge Mafias.fr sur les actions antimafias du nouveau pape. (cf. Radio Canada s’intéresse à l’Antimafia, Mafias.fr sur Radio Canada )

Le 13 mars, le pape François célébrait son premier anniversaire de pontificat. Ce pape qui ne semble rien faire comme les autres pourrait devenir un joueur majeur dans la lutte antimafia. Le politologue Fabrice Rizzoli, l’un des plus grands spécialistes de la criminalité et représentant en France l’ONG Flare, porte un regard historique et politique sur les relations entre le Vatican et la mafia.  

D’abord faire le ménage dans ses propres rangs : le pape François participe activement à la lutte antimafia d’une part en imposant une transparence aux institutions financières du Vatican, et d’autre part en se rapprochant des prêtres qui luttent contre le consensus social qu’exercent les mafieux sur le territoire.
AUDIO FIL : Entrevue avec Fabrice Rizzoli : Le pape François et la mafia 

Revoir une partie de l’émission « C dans l’air sur le sujet » :

Contre la mafia : le Centre Impastato

Voir "impastato" dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia

M& Madame Santino

Pour commémorer la mort de Giuseppe Impastato le 9 mai 1978, nous publions à nouveau ce post

Pour lutter contre la criminalité la plus aboutie, il faut l’étudier !

Depuis plus de 30 ans, le « must » en matière d’étude du phénomène mafieux c’est le « Centre Sicilien de Documentation Giuseppe Impastato », une organisation reconnue d’utilité publique. Et pour cause :

De 1977 à 2011 : 34 années d’activités contre la mafia et pour la paix par le biais de la mémoire de la recherche et de l’engagement dans la société civile

Introduction :

Rappelons que le nom du centre est dédié à Giuseppe Impastato, jeune homme issu d’une famille mafieuse qui s’en détache, milite au sein des forces de gauche, crée une radio libre en 1976. Au cours de ses émissions,  Peppino dénonce la mafia de Cinisi avec autant de précision et de dérision (et les mafieux n’aiment pas la dérision cf. Giulio Cavalli : acteur menacé par la mafia napolitaine). C’est ce qui lui vaut d’être assassiné en 1978 alors que tout est fait pour faire croire à un suicide (une vie qui sera assez bien  incarnée dans le film « I cento passi« .)

Rappelons que c’est grâce à l’obstination de la famille d’Impastato (sa mère et son fils  cf. le site) et des ses amis que les meurtriers Gaetano Badalamneti et Vito palazzolo (cf. Coupe du monde : mafia 1 – Etat italien 0) seront condamnés en 2001.

On comprend dés lors la colère des proches d’Impastato contre Roberto Saviano qui dans son dernier ouvrage « La parola contro la camorra » raconte que c’est grâce au film « Les cent pas » sorti en 2000 que les procès contre les meurtriers ont été réouverts.

En réalité, il n’en est rien.  En 1998, la commission parlementaire antimafia enquêtait déjà sur  les « dépistage » qui avaient jusqu’ici empêché la tenue d’un procès contre des mafieux et en 2000, le procès contre Vito Palazzolo et Gaetano Badalamenti était déjà en cours. Roberto : (cf. « Pauvre » Saviano) :  « ta vie est déjà assez difficile, il te suffit de faire amende honorable comme moi cf.Restons « ZEN » :-)

L’apport scientifique du Centre

Du point de vue de la connaissance, Umberto Santino et Anna Puglisi offrent une multitude de sources riches et denses. Umberto Santino est l’inventeur du concept de la « Bourgeoise mafieuse », seule définition qui permet de comprendre la longévité du phénomène mafieux.

Cliquez pour des informations en français

Les livres lus par l’auteur de mafias.fr :

- F. Bartolotta Impastato, La mafia in casa mia. Intervista di A. Puglisi e U. Santino. La Luna, Palermo, 1986. Ristampa 2000, 2003. 69 pagine. Eu. 9.

- G. Chinnici, U. Santino, La violenza programmata. Omicidi e guerre di mafia a Palermo dagli anni ’60 ad oggi. F. Angeli, Milano, 1989. 410 pagine. Esaurito.

- U. Santino, La democrazia bloccata. La strage di Portella della Ginestra e l’emarginazione delle sinistre, Rubbettino, Soveria Mannelli, 1997. 234 pagine. Eu. 13,43.

- Santino (Umberto), L’alleanza e il compromesso (mafia e politica dai tempi di Lima e d’Andreotti ai nostri giorni), éditions Rubbettino, Soveria Manelli, 324 pages, 1997,

- Santino (Umberto), Mafia e Globalizzazzione (mafia, antimafia e dintorni), éditions Di Girolamo, Trapani, 241, 2007,

- Santino (Umberto), Don Vito a Gomorra (mafia e antimafia, tra papelli, pizzini e bestseller), edionts Riuniti, Roma, 247 pages, 2011,

Tous les autres : Index

PS : en ce mardi 12 juillet, après m’être perdu deux heures  en voiture dans Palerme, je ne regrette pas la rencontre avec Umberto et Anna :-)

Don Vito a Gomorra
Mafia e antimafia tra papelli, pizzini e bestsellerD
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Mafia (en italien)
Observatoire Géopolitique Criminalités