Archive pour la catégorie ‘La Cosa Nostra italo-américaine’
« Je ne suis pas italien, je suis germano-irlandais »

La Cosa Nostra mafia
Par ses mots Robert Duval dans le film Le Parrain signifie au producteur raciste envers les « ritals » et qui ne veut pas prendre Franck Sinatra dans son film que le problème n’est pas ethnique. Ce qui compte c’est le clan mafieux au dessus de la famille biologique. D’ailleurs, dans le Parrain, le chef (Al Pacino) fait tuer son frère de sang pour protéger le clan, un acte de violence programmée (cf.Violence programmée chez La Cosa Nostra) !
Il y a bien un « germain » dans la mafia italo-américaine : Joseph « Joe the German » Watts, né en 1942, qui vient d’être condamné à 13 ans de prison pour conspiration de meurtre., celui d’un « associé » (non initié) de la famille Gambino de New York (cf. La Cosa Nostra se porte bien)
Café : enjeu statégique pour les mafieux
Au mois de mars 2011, la presse américaine révèlait que le syndicat Laborers Internation Union of North America (LIUNA) avait placé la section 6A (employés de la construction) sous contrôle direct car elle veut isoler Ralph Scopo, manager proche de La Cosa Nostra (cf. De La Cosa Nostra (LCN) : une mafia américaine!) ; information obtenue grâce à Dino Calabro, un capo (chef d’équipe) de la Famille mafieuse des Colombo. Ce mafieux a expliqué que contrôler le syndicat permettait de bénéficier d’emplois fictifs et même de détourner les fonds de la vente de cafés sur les chantiers….
En Italie, au mois de septembre 2010, on apprend que le clan camorriste des Casalesi, (cf. Une victoire de l’Etat contre les Casalesi) en réalité un cartel de clans dans la province de Casal di principe contragnaient les établissements de débit de boisson et d’alimentation à acheter une marque de café. Les magistrats procureurs ont émis 11 mandats d’arrêt dont Giuseppe Setola, le leader du commando du jeudi noir (cf. « Jammuncenne »).
Le café est donc stratégique pour les mafias des deux cotés de l’Atlantique. Et en France?
Moomba!
Les autroités quebecoises veulent fermer le Moomba
En effet, depuis son ouverture en 2002, ce club de Laval dans la banlieue de Montréal aurait reçu, à 700 reprises, la visite des policiers souvent pour des faits de violence. Ces mêmes policiers affirment que l’endroit est fréquenté par le crime organisé. En 2005, le parking du Moomba est le théâtre de deux meurtres dont celui d’un mafioso, Mike Lapolla. Le même stationnement connait une fusillade en 2007 et deux tentatives de meurtre en 2008. Le 30 mai 2010, un coup de feu est tiré lors d’une bagarre ; les policiers ont retrouvé une une douille de fusil de calibre 12 et ont tout de même découvert qu’un homme avait subi des blessures derrière la tête après avoir reçu un coup de pelle.
Quatre portiers de cet établissement de nuit déjà ont eu des démêlés avec la justice. L’un d’entre eux, a été vu entrant dans l’église Notre-Dame-de-la-Défense lors des funérailles (photo à droite) du parrain Nicolo Rizzuto célébrées le 15 novembre dernier (cf. Extermination suite et fin?). Le même « videur » est accusé d’usure : un prêt de 3 500 $ pour un taux d’intérêt de 100 %. La victime qui aurait remboursé 4 800 $ a malgré cela reçu des menaces trés explicites de deux hommes dont ce portier. Enfin, ce dernier, aurait aussi molesté un client qui devait une bouteille de champagne : « je te coupe les doigts si tu payes pas« . Enfin, le 29 septembre dernier, la police interpelle notre protagoniste à bord d’un véhicule non loin du lieu de l’assasinat d’Ennio Bruni, soldat du clan Rizzuto.
Ps : un ami m’avait dit : « tu verras, on va bien s’amuser, c’est super le Moomba » Et il avait raison!
Thunder bay
mafia
Suites de l’opération « Il Crimine » et ses 300 arrestations, les enquêteurs affirment que le Siderno groupe a réactivé une cellule à Thunder Bay (110 000 habitants) à 1 200 km à l’ouest de Toronto. Dans dans les années 50, le Siderno group s’y est installé pour les affaires car Thunder Bay est un trait d’union entre l’axe Toronto-Monreal et les provinces de l’ouest. Affaiblis par la repression (et par domination du clan Rizzuto?), les Calabrais s’étaient repliés sur Toronto. Est-ce l’affaiblissement du clan Rizzuto qui les a poussé à réactiver une ‘ndrine?
En tout cas, le 14 décembre la magistrature italienne a délivré 53 mandats d’arrêt contre le clan Commisso de Siderno. 7 d’entre eux concernent des italo-canadiens mais un seul a été arrêté car il se trouvait en Italie au moment de l’opération. Notons que l’un des prévenus est le fondateur d’une société de publicité sous contrat avec les villes de Toronto, Montréal et Ottawa. Le parrain de Montréal, Vito Rizzuto, avait également des intérêts au sein de cette société.
Sans aucune preuve, il me semble que derrière l’élimination des Rizzuto se trouve la ‘Ndrangheta transnationale
mafia calabraise (cf.Extermination suite et fin?).
De La Cosa Nostra (LCN) : une mafia américaine!
Au mois de juillet, on apprenait le décés de Frank Francis « Big Frank » Colacurcio, à l’âge de 93 ans. Il était surnommé le roi du streap tease, ce « made men » (?) était très influent à Seatle dans l’état de Washigton là où la mafia n’existe pas… (un peu comm en France (cf. Côte d’azur mon amour ). II fut donc très actif dans la tenue de bars, boîtes de nuit, salons de strip-tease, dans le placement de machine à sous et avait des complicités politiques.
En fait, plus on étudie la mafia dite -italo-américaine- plus on la trouve américaine et de moins en moins italienne : streap tease, paris trucés, drogues dans le pays qui en consomme le plus au monde. (cf. Contre les mafias : la régulation publique de la drogue) et surtout criminalité fiancière (cf. Ce 11 septembre qui profite aux mafieux)
Pour en savoir plus, le super article de JF. Gayraud :
Violence programmée chez La Cosa Nostra
Mafias.fr, le site, open source et gratuit, d’information sur les mafias n’en finit pas de publier
L’auteur du texte La Cosa Nostra se porte bien remet le couvert et c’est toujours aussi réussi. Avec un soucis du détail qui nous plonge dans l’univers des mafieux italo-américains, Antoine Diaz enrichit la pauvre prodution de ce site en matière de mafia itlalo-américaine ; un seul article (cf. Un boss de La Cosa Nostra se livre au FBI).
Il faut dire qu’avec 4 mafias en Italie, il y a déjà faire… mais surtout, il est difficile de « maîtriser » une mafia quand on ne lit pas avec aisance les sources dans la langue du pays d’origine. Ici, le texte transpire le terrain racconté par des acteurs américains. J’adore apprendre que le mafieux de la rue est nommé « chat de goutière ». Enfin, l’auteur du texte a toujours ce petit regard moral qui me sied (cf. Mafia et différences) mais il ne conditione pas l’analyse comme en témoigne l’élaboration d’une typologie de la violence mafieuse outre-atlantique (photo en hommage au film Donnie Brasco)
Click and enjoy :
Vive le presse du Quebec libre (la presse… pas le Quebec…)
Voici un petit article de la presse canadienne parmi tant d’autres qui traite de la guerre de mafia à Montréal.
Halloween 2005 : un proche du clan Rizzuto est enlevé. Dans les semaines suivantes, des hommes armés investissent le quartier général du clan à la recherche du « Vieux ». Les Siciliens répliquent en envoyant un hélicoptère survoler la maison du chef de leurs rivaux, qu’ils poivrent à coups de AK-47. Ce conflit qui a failli dégénérer en guerre ouverte pourrait-il avoir un lien avec l’extermination en règle du clan Rizzuto ? C’est une hypothèse que la police examine de plus en plus.
« Il faut que ça se règle, sinon il y aura une guerre, et des mères et des pères souffriront. »
Ces paroles prophétiques ont été prononcées par Nicola Varacalli au téléphone, alors qu’il s’adressait à un membre du clan Rizzuto, le 3 novembre 2005. Trois jours plus tôt, alors qu’il distribuait des bonbons aux enfants à l’Halloween à sa résidence de la rue Sauriol, à Montréal, Varacalli avait été enlevé par quatre individus déguisés.
Lire la suite : Rue Frontenac
Extermination suite et fin?
Aprés le fils (cf. Dans la famille Rizzuto, « je demande le fils… ») , le patriarche de la mafia montréalaise, Nicolo « Nick » Rizzuto 86 ans, a été assassiné dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, mercredi.
Le meurtre est survenu vers 17 h 40 HNE à sa résidence de l’avenue Antoine-Berthelet, à l’angle du boulevard Gouin Ouest, dans le nord-ouest de Montréal.
Du point de vue de la violence programmée, la fin d’une époque se confirme (cf.Montréal : opération « extermination »).
Par ailleurs, de nombreux signaux semblent avoir été envoyés par les commanditaires. Tout d’abord, le fils a été assassiné devant le domicile de sa maitresse comme si on voulait salir le nom de la famille (les commanditaires, en bon disiciple de Toto Riina, savaient que cette info serait reprise en boucle par les médias (cf. Leçon de communication mafieuse par Toto Riina)
En ce qui concerne le grand père, il a été tué devant son épouse et une autre femme, ce qui monterait l’absence totale de considération envers le défunt et sa famille.
Il ne reste plus que le fils qui est en prison aux Etats-Unis, on verra bien si les autorités américianes ont envie de le protéger.
En point de presse, le commandant Denis Mainville, de la division des crimes majeurs du SPVMDenis Mainville a ajouté que des liens d’affaires existaient maintenant entre la mafia, les gangs de rue et les motards. « On ne structure plus le crime organisé comme étant des entités indépendantes », a-t-il résumé.
Si on lit entre les lignes de ce point presse, on comprend que les Rizzuto ne voulaient pas partager avec des forces émergeantes. De nouveaux acteurs italiens, certainement Calabrais, seraient davantage partageurs et surtout ne veulent plus d’une mafia avec un parrain bien identifé… on verra bien…
La Cosa Nostra se porte bien
Mafias.fr devient une maison d’édition
Le temps manque pour traiter de la mafia -dite- italo-américaine (cf. Un boss de La Cosa Nostra se livre au FBI), mais ayant un lecteur assidu qui laisse des commentaires très interessants, j’ai insisté pour qu’il produise un texte. Je publie, enfin
ce document (en pdf ci dessous) qui démontre la bonne santé de la mafia italo-américaine, La Cosa Nostra (dénominaiton officiel FBI).
Du point de vue de la forme, ce texte, à mi chemin entre l’analyse et le journalisme d’investigation est très plaisant à lire. Lorsque l’auteur décrit les rivalités entre un groupe d’Albanais et une famille de New-York, on a l’impression d’y être. Du point de vue du fond, de nombreux élements sont riches d’enseignement.
Tout d’abord, à l’image des Little Italies qui disparaissent, (voir photo de Mulberry Street en 1900 en haut)… La Cosa Nostra est une mafia américaine qui croit au coeur d’un sytsème ploutocratique. Ensuite, si on tient compte du dynamisme de cette mafia, on comprend aisement qu’elle peut être à l’origine de la reprise en main de la ville de Montreal (cf. Montréal : opération « extermination »)
Montréal : opération « extermination »
En fin d’après midi, dans la zone industrielle de Saint Léonard à Montréal, les tueurs s’approchent d’Agostino Cuntrera et de son garde du corps qui ne sert à rien… Les deux mafieux sont assassinés. Agostino Cuntrera appartient à une la dynastie mafieuse transnationale : les Caruana-Cuntrera. Au Canada, le clan Caruana-Cuntrera était associé au clan Rizzuto. Depuis 1978, ils avaient éliminé la concurrence calabraise (Cotroni-Violi en photo). Puis, ils avaient aussi pris leur indépendance vis à vis de la famille New yorkaise Bonanno (voir hypothèse d’un lecteur en bas de page).
Résultat :
- 2006 : extradition vers les US de Vito Rizzuto boss (père).
- Mi-2009, un ami de Vito Rizzuto, Federico Del Peschio, a été tué par balle sur le parking de son restaurant.
- De septembre 2009 à janvier 2010 ; 18 cafés italiens de Montréal sont la cible d’attaques au cocktail Molotov.
- 29/10/2009 : assassinat de Nicolo Rizzuto, petit fis et héritier du clan : cf. Dans la famille Rizzuto, « je demande le fils… »
- 21/05/2010 : disparition mafieuse (lupara biancha) de Paolo Renda, beau-frère de Vito Rizzuto (le père), le consigliere du clan Rizzuto.
- 29/06/2010 : assassinat de l’allié Cuntrera
La police canadienne affirme qu’il n’y pas de guerre entre les Calabrais et les Rizzuto car dans une guerre il y a des morts des deux côtés. Or, dans le cas présent , il n’y pas de mort côté calabrais.
Ben oui, ce n’est pas la guerre c’est une extermination ; la dernière étape dans la violence programmée (cf. De San Luca à Duisburg, la faida et la ‘Ndrangheta) entre clans mafieux. Les vainqueurs en bons stratèges pourraient s’arrêter là et obtenir l’allégeance des cadres du clan Rizzuto pour la continuité des affaires.
En effet, le Canada est géopolitiquement primodiale dans l’achemiment de la drogue aux Etats-Unis (premier pays consomateur au monde). Déjà pendant la prohibition, l’alcool venait du Canada. La drogue, en particulier l’héroïne suit la même route.
PS : voici un commentaire d’un des lecteurs de ce site :
« Je voudrais également intervenir sur ce qui est en train de se passer au Canada actuellement et que vous aviez notamment analysé au cours de l’un de vos précédents articles. En effet, il semblerait que la piste new-yorkaise soit envisagée comme de plus en plus crédible par les enquêteurs – qui seraient néanmoins encore dans le brouillard le plus totale. Cette série de règlements de compte méthodique étant en train de décimer au sens propre du terme l’ensemble de la direction de la Famille Rizzuto pourrait être le fait de la Famille Bonnano de New York, qui voudrait reprendre ses positions dans ce pays. Ce pourrait être un retour de bâton pour les Rizzuto, qui avait fait sécession des Bonnano dans les années 80 dont ils étaient auparavant un crew, les Bonnano profitant de l’extradition de Vito Rizzuto vers les États-Unis en 2006 et de la vacance du pouvoir ainsi que du manque d’organisation des activités de la Famille qui s’en sont suivies. Connaissant l’importance du Canada dans la géopolitique du crime organisé que ce soit en Italie ou aux États-Unis, je voulais savoir ce que vous pensez du conflit actuel qui s’y déroule ? »

