Archive pour la catégorie ‘France’

Juillet à Marseille

Mafias.fr adore Marseille (cf.Mafias.fr dans un lycée de Marseille et lors de la caravane antimafia de 2011 et revient sur le mois de juillet du milieux marseillais pour mieux proposer  ses solutions

mafia rizzoli antimafia

Franck Sanchez, 34 ans a été  retrouvé le 11 juillet dans le coffre d’un véhicule incendié dans les quartiers nord de Marseille. Alors que celui-ci se trouvait dans la cité Le Mail, il a été abordé par deux individus à bord d’une C3. Au terme d’une brève dispute, ceux-ci ont tiré plusieurs coups de feu avant de placer la dépouille de leur victime dans le coffre d’une 207, incendiée quelques minutes plus tard.

Le  17 juillet, 2 hommes en scooter ont fait feu à 3 reprises sur Karim Regaoui qui marchait le long de l’avenue Saint-Antoine dans le quartier saint Antoine du 15ème arrondissement de Marseille. L’homme, connu pour contrefaçon de cartes bancaires, a été touché à la tête et au dos et est mort sur place. Il est le frère de Farid Regaoui, abattu le 10 janvier 2006 de 8 balles de pistolet-mitrailleur. Connu pour recel et violences, Farid Regaoui était soupçonné d’alimenter en stupéfiants la Cité de la Solidarité (15ème arrondissement). Il était également soupçonné du meurtre.

mafia rizzoli antimafiaLe 18 juillet, un homme de 24 ans en scooter dans le quartier Sainte-Marthe du 14ème arrondissement de Marseille a été renversé par une voirure. Puis Zakary Remadnia a été fini à la kalachnikov (cf. Kalachnikov à 400 euros : « Un petit investissement pour un gros business…« . La victime était soupçonnée de trafic dans la cité de Font-Vert (également 14ème arrondissement). Il serait aussi impliqué dans des règlements de comptes à Marseille, par exemple celui à l’encontre de Mehdi Berrebouh, assassiné le 14 avril 2014 (cf. Règlements de compte sur l’autoroute) mais aussi en région parisienne. Zakary Remadnia est le neveu de Nora Preziosi, adjointe à la jeunesse à la Mairie de Marseille. Elle avait déjà perdu un neveu dans un règlement de comptes en avril 2012 : Ilès « Jojo » Remadnia, cousin de Zakary.

Fraude, corruption, blanchiment. L’Europe braquée en permanence.

Compte rendu du colloque de l’année : Journées d’étude : citoyens contre criminalité économique

15 juillet 2014 | Par Bernard LeonMediapart.fr

mafia rizzoli antimafiaLa situation en matière d’évasion fiscale, de fraude et de criminalité financière en Europe, des mots qui recouvrent une réalité à plusieurs facettes, vous semblait, bien que lointaine, alarmante. Elle est en fait catastrophique. C’est l’avis des nombreux spécialistes  qui se sont réunis à Paris à l’invitation d’Alternatives Européennes, une association qui travaille pour l’innovation des pratiques démocratiques, dans le cadre du projet « Tackling Illegal Economy ».

Les risques sont sérieux pour la démocratie, la santé des Etats, l’avenir des échanges économiques.

Cela tient, comme l’a rappelé le Magistrat Jean de Maillard, Vice-président du TGI de Paris et auteur de « L’arnaque », publié chez Gallimard, au fait qu’une criminalité différente des maffias est désormais ancrée au coeur du système économique mondialisé, dont elle est devenue la variable d’ajustement et de régulation. Et ceci, il ne faut pas se le cacher, avec la complicité, ou au mieux l’indifférence, des gouvernements.

Plus l’économie va mal, moins les gouvernements ont les moyens d’agir. « Quand le système devient compliqué, le politique se retire et la finance prend le relais. Et plus la finance s’étend, plus la fraude prospère. Mais si la fraude devient systémique les institutions ne peuvent plus réagir. Et on en arrive à ce que les banques soient au dessus des normes, au dessus de la loi ». Trop grandes pour faire faillite, comme on dit. Trop grandes pour aller en prison également. Too big to jail.

Ce n’est pas une raison a dit Fabrice Rizzoli, (FLARE France), auteur du « Dictionnaire énervé des mafias », de parler du problème de manière fataliste, car il est possible, les italiens nous l’ont prouvé ces dernières années, de réagir.

Il prône donc au niveau européen ce qui a été réussi en Italie, la confiscation des patrimoines criminels au bénéfice de la communauté. (cf. Mucchielli)

Le voyage du Pape en Calabre a d’ailleurs mis en lumière la chose, puisque sa dénonciation de la maffia a permis de mettre les projecteurs sur Don Panizza, un prêtre qui a osé reprendre en 2002, à la demande du préfet, un immeuble de 3 étages confisqué par l’Etat à un clan familial de la maffia. Il en a fait un centre d’accueil pour mineurs en difficulté et adultes handicapés.

Voir reportage ci-dessous :

Mais il y a bien d’autres exemples, comme ces coopératives agricoles en Sicile exploitant les biens confisqués à la maffia dans le cadre de la loi de 1996.

Voir reportage ci-dessous

Une confiscation qui s’applique également aux complices des condamnés, ou encore à des personnes en possession de biens dont le caractère illicite des processus d’acquisition est avéré.

Voir reportage ci-dessous :

Fabrice Rizzoli rêve d’ailleurs tout haut de tenir une conférence sur le sujet dans la maison de Cahuzac en corse ou dans la villa de Ziad Takieddine. (Oui, celle avec la piscine là où se baignait J.F. Copé).

Un cancer au cœur de l’Europe.

Mais en amont des poursuites et des saisies il faut pouvoir enquêter en Europe. « Sauf qu’il manque toujours un parquet européen », dit Vittorio Agnoletto (Ancien membre du parlement européen). D’où la difficulté à poursuivre ceux qui fraudent ou qui sont complices de ces fraudes. Ce peut être un fonctionnaire européen, un fonctionnaire d’un des 27 pays membres gérant un fond structurel, ou encore une organisation criminelle de fraude. Sur la TVA ou les cotas de CO2 par exemple. Le trésor Français aurait perdu sur ces derniers 1,6 milliards d’euros, et l’Europe verrait s’envoler 100 milliards d’euros par an pour cause de fraude à la TVA.

Il existe bien depuis 1999 un Office européen de lutte antifraude, l’OLAF, pour enquêter. Mais le manque de coopération que cet office rencontre dans ses enquêtes, au sein des 27, et les failles juridiques nationales, constituent une entrave à son travail. Il ne lui est pas possible d’enquêter en Allemagne sur les fraudes à la TVA, par exemple.

Comme l’a dit Fabrice Rizzoli,  on est aussi face à un flou sémantique ou administratif sur les notions de « légal » et « illégal ». D’ou parfois une difficulté à poursuivre efficacement.

Un rapport du Sénateur Eric Bocquet de 2012 n’a-t-il pas pointé que « la fraude fiscale des entreprises françaises était principalement sanctionnée chez de petits entrepreneurs, alors que les enjeux financiers étaient plutôt du coté des grandes entreprises ». Mais ces dernières, entourées de cabinets conseils, jouent sur toutes les failles que leur offrent les réglementations des Etats, et échappent facilement aux taxes et à l’impôt.

Une voie pour la réutilisation sociale : l’ESS.

Relayant l’intervention de Darina Zalmova, de l’université de Thrace (Roumanie), qui a montré que la corruption devait être combattue par la reconstruction d’une pensée collective et des pratiques sociales, Marcel Hipszman, ancien adjoint au Délégué interministériel à l’économie sociale, a mis en lumière, tout comme elle, la possibilité pour l’économie Sociale et Solidaire d’être un outil anti corruption en se voyant confié la gestion des biens saisis à la criminalité financière. Un vrai recyclage au profit de la population, sous forme de musées, coopératives, centres d’apprentissage, établissements de soins, accueils des immigrés, etc.

Voir reportage suivant :

Il a rappelé les opportunités ouvertes par la récente directive européenne du mois d’avril sur le gel et la confiscation des produits de la criminalité transfrontière organisée. Tout en regrettant que les applications de cette directive en matière d’utilisation sociale des biens confisqués  ne soient pas obligatoires et laissées à la volonté des Etats.

A l’heure où la loi sur l’économie sociale est votée en France, l’idée est à creuser.

Il a également rappelé que la France possède une « Agence de gestion et recouvrement des avoirs saisis », regrettant aussi que le gouvernement ait annoncé que la question de la réutilisation à but social des biens confisqués serait discutée ultérieurement. Comme quoi on peut être un gouvernement de gauche et timide sur l’innovation juridique et sociale en matière de lutte contre la criminalité financière.

Un combat politique, social et culturel.

En fait, les intervenants l’ont tous dit, c’est bien là, sur le terrain politique, que doit être menée la vraie lutte citoyenne d’innovation démocratique. Un combat également culturel.

Ce qu’a bien montré le débat sur la presse d’investigation, réunissant plusieurs journalistes européens, dont Dan Israel de Médiapart.

Si les choses semblent  évoluer positivement, notamment grâce à la presse sur internet, les journalistes, s’ils sont confrontés à plusieurs difficultés, dont celles consistant à faire le tri des acteurs et des documents, doivent aussi faire face à la difficulté à vendre leur sujet contre la criminalité financière. En dehors de quelques affaires phares, il est plus facile pour un media de dramatiser un fait divers que de dérouler dans ses colonnes ou ses journaux télévisés les cheminements tortueux d’une fraude à la TVA, dont les montants sont pourtant vertigineux et lèsent les citoyens directement. Il faut donner du temps aux journalistes d’investigation. Les enquêtes sont longues, le recoupement des témoignages et la consultation d’experts nécessaires chronophages.

Mais la première difficulté vient, il ne faut pas avoir peur de le dire, des institutions, notamment bancaires. C’est par les banques que passe l’argent de la criminalité maffieuse, rapporte  Marius Frunza (Université Paris 1).

L’exemple de la banque anglaise HSBC qui a payé près de 2 milliards de dollars afin d’échapper à des poursuites aux Etats-Unis pour avoir blanchi l’argent des cartels de la drogue entre 2003 et 2010 en témoigne. En notant au passage que le patron de la banque pour la période incriminée est devenu en 2010 ministre de David Cameron. Humour anglais. Isn’t it ?

Alors que faire ? Les réponses ne peuvent être qu’internationales. Mais que fera l’Europe, présidée sous peu par l’ancien premier ministre d’un paradis fiscal, le Luxembourg ?  Que fera le Parlement européen ?

Restent aux citoyens à faire pression. Au travers d’associations comme Euroalter, ou Libera en Italie, dont le but est clairement de s’insurger et d’agir contre les maffieux, et qui regroupe 1600 associations  locales et internationales.

Journées d’étude : citoyens contre criminalité économique

mafia rizzoli antimafia Communications en français et anglais avec traduction
        

09-10 Juillet 2014

MAS, Paris, 10/18 rue des terres au curé

75013 Paris (Porte d’Ivry / Olympiades)

Évasion fiscale et criminalité financière en Europe
Nouvelles formes de fraude, nouvelles luttes sociales

L’évasion fiscale est estimée en France entre 30 et 50 milliards d’euros de coût par an pour la France (rapport du Sénat 2014). Alors que M. Juncker, ancien premier Ministre d’un paradis fiscal prospère, le Luxembourg, est entré dans la course pour la présidence de la Commission européenne, l’Union européenne pèche par son retrait sur les questions de lutte contre l’évasion fiscale et plus globalement de lutte contre la criminalité financière.

Les réponses doivent impliquer la société civile et de manière transnationales pour être réellement efficaces.

. « La réutilisation à des fins sociales des biens mal acquis en Italie : de l’informel mafieux au formel citoyen« 
Engligh version : Social redistribution of confiscated mafia assets in Italy: from mafia informal to civil formal

Les 9 et 10 juillet, des experts de toute l’Europe, académiques, praticiens et militants, se réuniront à Paris pour discuter de l’évasion fiscale et de la criminalité financière en Europe, mais surtout des moyens d’actions à explorer et à mettre en place pour mieux s’y opposer.

FLARE France2 : Confiscopolis à Menton contre la mafia

Cet événement fait partie du projet « Tackling Illegal Economy (TIE) » dont le but est de promouvoir la confiscation et le recouvrement des produits du crime, un des outils transnationaux les plus importants pour la lutte contre le crime financier et économique.

Tribune Le Monde : Avec la confiscation, le crime ne paie(rait) plus en Corse

Le projet rassemble des organisations de la société civile afin d’identifier, promouvoir et disséminer les meilleures pratiques sur la réutilisation des avoirs illicites.

Syndicat de la magistrature : Des armes à l’italienne contre le crime organisé et plus si affinités

                                               JOUR 1 – mercredi 9 juillet

13.00 – 14.00 Inscription des participants et rafraîchissements de bienvenue.
14.00 – 15.30 Introduction. Nouvelles étapes du développement de la criminalité financière
Modération : Rosen Dimov (Alternatives Européennes)

- Marco Genovese (LIBERA)
- Vittorio Agnoletto (ancien membre du Parlement européen)
- Mario Vaudano (Observatoire Géopolitique des Criminalités, ancien membre de l’OLAF et magistrat)

15.30 – 16.00 Pause café
16.00 – 17.15 Criminalité financière en Europe
Modération : Elena Dalibot (Alternatives Européennes)

- Fabrice Rizzoli (FLARE France) : « Légal / Illégal » : la fin d’une distinction. Comment lutter contre la criminalité financière en Europe
- Marius Frunza (Schwarzthal Kapital, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : la fraude à la TVA en Europe

17.15 – 18.45 Les formes particulières de criminalité financière – ateliers :
Méthode du “World Café” – 2 sessions de 45 minutes

   1.   Évasion fiscale par le biais des paradis fiscaux et des multinationales, avec Lucie Watrinet (CCFD)
   2.   Fraude sur la taxe carbone, avec Aline Robert (EurActiv.fr)
   3.   TAFTA et ses effets sur l’évasion fiscale, avec Paulina Petrova (BIBO)
   4.   Le blanchiment de capitaux en Russie, Allemagne, Italie et Espagne, avec Sarah Mazzenzana (Mafia? Nein Danke!)
   5.   Aide au développement comme véhicule pour les biens non imposables et blanchiment de capitaux, avec Dotun Oloko (lanceur d’alerte)

18.45 – 19.00 Présentations des résultats et fin du premier jour

JOUR 2 – jeudi 10 juillet

9.30-10.30 Jean de Maillard (magistrat) Comment la fraude financière est-elle devenue un outil de gestion de la finance, de l’économie et des crises ?

10.30 – 11.00 : Pause café
11:00 – 12:30 : Prévention de la criminalité financière et la réutilisation sociale de biens illégaux.
Modération : Maria Chiara Prodi (LIBERA France)

- Noel Hatch (Alternatives Européennes) : Impliquer les citoyens dans la réutilisation des biens des communautés

- Ass. Prof. Dr. Darina Zaimova (Université Thrakia) : Créer l’état d’esprit pour l’entreprenariat social : d’une vision globale à une compréhension et action locales
- Marcel Hipszman (ex adjoint au délégué interministériel à l’économie sociale) : le role de l’économie sociale dans la lutte contre la criminalité organisée et la réutilisation sociale

12.30 – 13.30 Déjeuner – buffet et nourriture produite dans des lieux confisqués à la mafia réutilisés à but social (LIBERA Terra)
13.30 – 15.30 L’investigation de la fraude fiscale
Modération : Sandro Mattioli (Mafia? Nein Danke!)

- Alessia Cerantola (Projet de rapport d’enquête, Italie) : l’investigation de la corruption et du crime in Italie. Le projet « Expoleaks »
- Aline Robert (EurActiv.fr) : Les tabous de la TVA, première ressource des Etats européens : quand l’impôt finance le crime organisé
- Bo Elkjær (Journalisten.dk) : coopération internationale dans le travail d’investigation concernant le crime financier
- Dan Israel (Mediapart) : Sources et lanceurs d’alerte dans l’univers bancaire : Qui croire ? Comment vérifier ?

15.30 – 16.00 Pause café
16.00-17.00 Discussion ouverte et échanges des meilleures pratiques entre participants.
Modération : Rosen Dimov (Alternatives Européennes)

17.00 – 17.30 Prochaines étapes et conclusion.

INSCRIPTIONS
Le séminaire est ouvert à tous et gratuit. Les places sont limitées et nous vous recommandons vivement de réserver avant le 8 juillet. Pour vous inscrire, veuillez écrire à paris@euroalter.com (précisez-nous si vous parler anglais, français ou les deux).

Mafias.fr dans Le Nouvel Obs Rue 98

Affaire Hélène Pastor : tueur à gages, est-ce un vrai métier ?

Camille Polloni | Journaliste

La justice soupçonne un « contrat familial » dans l’affaire Pastor. Membres polyvalents d’organisations criminelles ou pieds-nickelés de l’assassinat, les tueurs à gages ne ressemblent pas (trop) à ceux du ciné.

Rizzoli mafia antimafia

Si les meurtres d’Hélène Pastor et son chauffeur ressemblent autant à un polar, c’est entre autres grâce aux bons offices de personnages fort cinématographiques : les tueurs à gages.

Dès la semaine dernière, une « source proche de l’enquête » parle de « contrat ». Et lundi, parmi une vingtaine de personnes interpellées figurent « deux hommes d’origine comorienne », soupçonnés d’être les exécutants de ce pacte…  La suite

Trafic de déchets en France

Au mois de mars 2014, douze personnes ont été placés en garde à vue en région parisienne dans une affaire d’extorsion de fonds et de dépôt illégal de déchets. Parmi elles figurent Jean-Claude Hornec et son fils Loune, deux membres d’une famille dont certains sont considérés comme les parrains de la pègre parisienne. Les douze interpellés sont soupçonnés d’extorsion de fonds en bande organisée, association de malfaiteurs et dépôt illégal de déchets, dans une affaire de fraude à l’environnement, précise une source judiciaire. (cf. Affaire Guérini : des peines de prison ferme dans le volet « Queyras »)

Il leur est notamment reproché d’avoir organisé frauduleusement l’emploi de déchets non-recyclables dans des chantiers de remblaiement. Les enquêteurs ont également mis au jour des malversations. Il s’agit d’une «vaste affaire de fraude à l’environnement en bande organisée et d’extorsion de fonds», a précisé une source policière…. la suite Ile-de-France : vaste coup de filet pour une fraude à l’environnement et cette vidéo de complément d’enquête :

ITV le Petit Nicois

La pègre n’a plus de secret pour lui. Fabrice Rizzoli, docteur en science politique et représentant de FLARE, réseau européen de la société civile contre le crime organisé transnational, est aujourd’hui l’un des plus grands experts en la matière. Du Mexique en passant par l’Italie, le monde entier s’arrache ses conseils avisés.

Le Petit Niçois : Quelle est votre propre définition du mot mafia ?
Fabrice Rizzoli : La mafia est une entité politique qui exerce une souveraineté sur un territoire. S’adaptant aux changements socio-économiques, elle structure et perpétue à partir de cette « seigneurie territoriale » un système fondé sur une violence systémique qui lui permet de contrôler le territoire. La mafia gère un réseau vaste et ramifié de complicités au point de former un corps social : la bourgeoisie mafieuse. Elle anime un code culturel enraciné mais souple et jouit d’un relatif consensus social de la part de la population….

L.P.N. : Avez-vous été surpris en apprenant l’arrestation, la semaine dernière, de camorristes à Nice et d’un membre de la ‘Ndrangheta à Menton ?
F.R. : Non. Tous les ans, des chefs mafieux sont arrêtés en France et en particulier sur la Côte d’Azur, lieu d’implantation historique des mafias italiennes. Si la France accepte de livrer les mafieux italiens, en revanche, que fait-elle contre le blanchiment ?
Pour mémoire, il aura fallu attendre 10 ans de procédure avant que la justice italienne ne puisse saisir la villa au Cap d’Antibes ( en photo sur la version papier ) du trafiquant de drogue, Biagio Crisafulli ! Ce puissant soldat de la mafia sicilienne avait été arrêté à Nice en 1995.

L.P.N. : Qu’est devenu ce bien immobilier ?
F.R. : Je m’y suis rendu l’été dernier pour le voir de mes propres yeux. La maison a été revendue. La question que je me pose est donc la suivante : pourquoi aucun journaliste n’a daigné faire un papier sur cette villa qui aurait pu devenir un centre contre la corruption ?

La suite : Petit Niçois


"Le clan des calabrais" (EDR – 24.05.2013) par france3cotedazur

Règlements de compte à Marseille sur fond de trafic de stupéfiants

Marseille : merci la prohibitionIl s’agit bien d’un criminalité systémique qui utilise une violence programmée (cf. « La guerre des forêts » : rien que le nom…). On est en France et même si ces meurtres ont toujours eu lieu et même si c’était pire avant, on ne peut que constater.

Hier, un homme a été abattu sur l’autoroute A7  (20 minutes). Il s’agit du septième homicide par balles dans le département depuis le début de l’année. Le dernier en date s’était aussi déroulé sur l’A7, près de Lançon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le 24 mars. Un conducteur de 35 ans, qui venait tout récemment de sortir de la prison du Pontet, près d’Avignon, avait trouvé la mort dans ce règlement de comptes survenu en plein après-midi. Sa petite amie avait été blessée légèrement à une main. Quelques jours auparavant, un homme de 29 ans, qui devait être jugé prochainement dans une affaire de trafic de stupéfiants, avait été tué par balles devant son domicile dans une cité de Vitrolles, à une vingtaine de kilomètres de Marseille.

Autant de violence programmée sur fond de trafic de stupéfiants qui remet en cause la prohibition des drogues… une prohibition qui marche puisque le produit est partout disponible (en quantité) et accessible (facile à trouver) : Lire : Acte du colloque L’ORGANISATION DE LA TRANSGRESSION Formaliser l’informel?  ed. L’Harmattan  : « Le cannabis social club (club privé de consommateurs) : un exemple intelligible de régulation de l’informel ? » avec Laurent APPEL, membre de l’Observatoire Géopolitique des Criminalités, coordinateur pour la réforme de la politique des drogues de l’association ASUD, CNAM vendredi 29 mars 2013

Mafias.fr sur France 2

… 3 secondes… sur les « flash braco » ou smash and grab

Mafias.fr dans un lycée de Marseille

Antimafia à Marseille

de Marino Ficco, bénévole de LIbera France

mafia rizzoli antimafia

Don Bosco lycée

« La mafia est-elle également présente à Marseille ? »  (cf. Mafias.fr fait don de ses solutions) demande, soucieux, un étudiant du Lycée don Bosco de Marseille.

C’est la Saint Valentin, et nous nous trouvons dans le chef-lieu de la Provence, qui résonne dans l’actualité pour les nombreux meurtres, règlements de comptes et problèmes de criminalité en lien avec le trafic de drogue (cf. Règlements de compte à Marseille sur fond de trafic de stupéfiants.

Nous sommes ici car Valérie, professeur d’Italien du lycée don Bosco, souhaite sensibiliser ses élèves aux thématiques liées à l’antimafia en Italie. Aussi a-t-elle invité quatre membres de Libera France, l’antenne parisienne de l’association Libera qui s’occupe de la lutte contre les mafias et de la promotion de la légalité depuis 1995 en Italie.

Don Bosco Lycée Marseille

Don Bosco Lycée

Si l’on s’en tient à ce que relate la presse française, la réponse à la question du garçon serait presque automatique : cinq meurtres pour règlements de comptes depuis le premier janvier, les « quartiers nord » de plus en plus en proie aux trafiquants et au banditismeet l’absence de politique locale contre la criminalité parlent très clairement… Marseille est dans une situation dangereuse. Marseille est dans les mains de la criminalité organisée française et étrangère.

Mais que répondre à cet élève? Il a précisément employé le terme « mafia ». Un tabou en France, hors des débats ponctuels. Nous avons également rencontré un magistrat français expert des dynamiques de la criminalité organisée en France. « Marseille n’a rien à voir avec la mafia qu’on connaît en Italie », commence-t-il. Dans le cas de la France, « on peut parler de banditisme « lourd » et bien organisé. La seule analogie qu’on puisse faire avec l’Italie c’est le cas de la malavita napolitaine ».

mafia rizzoli antimafia

Fabrice Rizzoli

Fabrice Rizzoli, représentant de FLARE en France et expert de la mafia italienne, soutient que sans la présence capillaire d’associations de citoyens sur le territoire national, le problème se résoudra très difficilement.(cf. Revue Politique et Parlementaire)

Effectivement, chacun peut constater la grande quantité d’associations de quartier dont le siège se situe dans les quartiers nord de Marseille. Cependant, il s’agit de nombreuses petites associations dont la portée, bien que fondamentale, est limitée au niveau local. Et contre cette criminalité de plus en plus transnationale, les associations locales s’avèrent peu efficaces.

Un autre élève, qui préfère rester anonyme, nous a raconté avec fierté que sa mère, qui tient un magasin dans le centre-ville à Marseille, serait la seule à ne pas payer le « pizzo » ou racket à la criminalité du quartier. (cf. Soirée main basse sur Marseille… )

Nous avons posé quelques questions aux employés de nombreux magasins du quartier du Vieux-Port et Opéra. Mais personne ne dit connaître ces phénomènes de racket en ville. « Une trouvaille publicitaire de la mère du garçon?« , me suggère un commerçant sceptique. Pourtant, il est de notoriété publique que la brasserie David, qui a pignon sur rue dans la célèbre Corniche, a été incendiée deux fois ces deux dernières années (photo à droite). Et les enquêteurs parlent d’incendi criminel. En outre, une autre femme, qui préfère rester anonyme, nous a raconté que les propriétaires de beaucoup de brasseries et cafés de la Plaine sont victimes du racket. Ils sont obligés par la criminalité d’installer des machines à jouer.

Le David à Marseille
Le David à Marseille

En venant de Paris, la capitale depuis toujours méfiante envers la plus ancienne ville de France et le port principal de la Méditerranée, nous nous attendions à voir une ville dégradée et dangereuse. Au contraire, nous n’avons rencontré aucun danger. Est-ce donc la presse qui invente tout cela afin d’augmenter les ventes? Pourquoi les rédactions parisiennes ne donnent-elles pas autant de place à la criminalité en Ile-de-France, plus importante et tout aussi dangereuse ? Cette manière de faire du journalisme semble dangereuse car au lieu d’éteindre un malaise social, elle augmente la honte des citoyens honnêtes, qui se replient sur eux-mêmes. Ainsi Marseille apparaît-elle de plus en plus isolée. Ce que l’on peut observer facilement, c’est le choix politique de diviser Marseille en deux parties: d’un côté la zone touristique, du centre historique, à l’est de la Canebière, la capitale de la culture 2013 sûre, tranquille et dynamique; de l’autre côté la zone des quartiers nord où se concentrent les logements populaires, où se niche la pauvreté, où les associations de quartier déplorent l’absence de l’Etat.

Les bénévoles de Libera et les élèves à Marseille
Les bénévoles de Libera et les élèves à Marseille

La sensation est vraiment celle-ci. Celle d’une sorte de ghettoïsation des quartiers aux ouest nord: du treizième au seizième arrondissement. Où un tiers de la population essaie de survivre. Il ne faut pas oublier que Marseille est le chef-lieu de la PACA et qu’elle ne se réduit pas aux quartiers centraux où se promènent les touristes et on vote UMP. Marseille s’étend de l’Estaque aux calanques. Un défi que le prochain maire de la cité phocéenne devra savoir relever. Malgré le pessimisme qui transparaissait au gré de nos rencontres avec les citoyens, qu’ils fussent jeunes ou âgés.

La rencontre au lycée technologique don Bosco a duré deux heures et demie environ. À peu près soixante-dix garçons et trois filles ont écouté avec l’attention typique des assemblées de lycéens quatre interventions très différentes mais avec un fil directeur commun : la criminalité ne peut rien quand toute la société civile décide de s’y opposer. Pour briser la glace, Fabrice Rizzoli a présenté le cas emblématique du modus operandi de la ‘Ndrangheta à travers des scènes de documentaires et de reportages choisies et commentées (cf. Vengeance transversale ou conséquence de la mondialisation?.

Pio La Torre

Super Concetta

Ensuite, Concetta Savarise a brièvement rappelé la biographie et les actions des personnages les plus importants de la lutte contre les mafias en Italie dont Pio Latorre, le père de la confiscation. Chiara Zappalà a analysé et décrypté une scène du backstage du film Gomorra, l’adaptation cinématographique du roman de Roberto Saviano. (cf. Journée de la liberté de la presse : merci Robert)

Enfin, nous avons invité les lycéens à agir à travers la présentation de l’association Libera et des activités qu’elle organise en été. En effet, de mai à septembre, les jeunes peuvent se rendre seuls ou en groupe dans de nombreuses coopératives sociales qui produisent des biens alimentaires biologiques et de qualité (huile, confitures, conserves, pâtes etc.) dans des terres et des locaux qui auparavant appartenaient aux mafieux et qui leur ont été confisqués par l’Etat. (cf. L’arme qui peut tuer la mafia : la réutilisation des biens confisqués).

Ici on agit concrètement pour promouvoir la légalité et pour témoigner que sans les mafias la vie est meilleure. Après le travail dans les champs ou en coopérative, les jeunes dialoguent avec des professionnels et des citoyens qui ont décidé de consacrer leur vie à la promotion de la légalité et à la lutte contre mafias. Une expérience enthousiasmante et très enrichissante (cf. La redistribution à des fins sociales des biens confisqués aux mafias en Italie)

Pour participer, il suffit de s’inscrire dans le site www.libera.it ou de contacter Libera France (Facebook ou via mail Libera.parigi@gmail.com).

Nous avons décidé de ne pas imiter la plupart des journalistes qui pour réaliser un reportage sur Marseille vont visiter le quartier « Croix-Rouge » en compagnie de quelques agents de la police et du président de l’association locale pour prendre quelques photos et constater le délabrement et l’abandon de la part de l’État des quartiers nord pour puis conclure avec la description de la fuite héroïque vers la civilisation escortés par les gendarmes, pendant que des délinquants impitoyables leur lancent des pierres en les insultant.

Trop de reportages, parmi lesquels certains sont aussi très bien faits, languissent ignorés ou manipulés dans le web et dans la presse. Il nous semblait juste d’orienter les projecteurs vers d’autres questions, que souvent la presse oublie ou décide d’omettre. Il est trop facile d’accuser les familles issues de l’immigration qui vivent dans les quartiers nord de tous les problèmes de Marseille.

Samedi soir, au coucher du soleil, nous nous réjouissons du panorama superbe que nous offre la basilique de Notre- Dame de le Garde sur toute la ville. Ici on a l’impression de pouvoir dominer Marseille. D’ici on voit bien le port le plus ancien de la France, fondé il y a 2600 ans suite au mariage entre un Turc et une Ligure, Protis et Gyptis. Au milieu, la protagoniste est la Maison de la Méditerranée. Cela nous rappelle que ce côté de la Méditerranée est encore synonyme de maison et d’espoir pour beaucoup qui sont nés au-delà de l’étroit de Gibraltar. Quand on visite Marseille, on trouve une belle ville généreuse et ambitieuse qui essaie de devenir la capitale de la Méditerranée. On trouve une ville qui a été fondée par des étrangers et qui s’est développée grâce au mélange des cultures qui l’habitent depuis toujours. C’est maintenant que Marseille doit agir et décider de renier son histoire ou de s’en inspirer pour résoudre les problèmes d’une ville et d’un pays. «La mafia est-elle également présente à Marseille ? » Sans le consentement de la société civile, la criminalité et les mafias ne peuvent rien. Aujourd’hui, les Marseillais ont l’occasion de prendre l’initiative les premiers et de réveiller les consciences d’un Continent à travers une association citoyenne prête à parcourir les rues pour écouter et sensibiliser. On pourrait organiser des festivals et des activités culturelles pour relier l’ouest de Marseille avec l’est.

Est-ce qu’on réussira à vaincre les mafias ? Le juge italien Giovanni Falcone, le père de l’antimafia, qui fut tué en 1992, disait :

« la mafia est un phénomène humain et comme tout phénomène humain naît, grandit et meurt. »

Marino Ficco

Mafias.fr à Nice pour Anticor

Forum Anticor 06

« La Justice en examen »

le vendredi 31 janvier 2014, à 19 h

hôtel Splendid, 50 bd Victor Hugo Nice

De 19 h à 20 h : table ronde sur « le citoyen justiciable face aux affaires », animée par Jean-Christophe Picard, responsable d’Anticor 06, avec Séverine Tessier, porte-parole d’Anticor, Jean-Noël Falcou, lanceur d’alerte, Chantal Maimon, lanceuse d’alerte, Nicolas Botte, responsable d’Anticor 83.

De 20 h à 21 h : table ronde sur « la réforme de la Justice », animée par Jean-Christophe Picard, responsable d’Anticor 06, avec Jean-Pierre Murciano, magistrat, Patrick Rizzo, avocat,

Fabrice Rizzoli, représentant de FLARE en France et

- Signataire de la Tribune : Corruption Agir contre la corruption

- Promoteur de la pétition : Utilisez socialement les biens confisqués aux corrompus

- Auteur de l’article : Contre la criminalité des puissants : une Europe de la justice et des peuples

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