Archive pour la catégorie ‘Vidéos’

Fraude, corruption, blanchiment. L’Europe braquée en permanence.

Compte rendu du colloque de l’année : Journées d’étude : citoyens contre criminalité économique

15 juillet 2014 | Par Bernard LeonMediapart.fr

mafia rizzoli antimafiaLa situation en matière d’évasion fiscale, de fraude et de criminalité financière en Europe, des mots qui recouvrent une réalité à plusieurs facettes, vous semblait, bien que lointaine, alarmante. Elle est en fait catastrophique. C’est l’avis des nombreux spécialistes  qui se sont réunis à Paris à l’invitation d’Alternatives Européennes, une association qui travaille pour l’innovation des pratiques démocratiques, dans le cadre du projet « Tackling Illegal Economy ».

Les risques sont sérieux pour la démocratie, la santé des Etats, l’avenir des échanges économiques.

Cela tient, comme l’a rappelé le Magistrat Jean de Maillard, Vice-président du TGI de Paris et auteur de « L’arnaque », publié chez Gallimard, au fait qu’une criminalité différente des maffias est désormais ancrée au coeur du système économique mondialisé, dont elle est devenue la variable d’ajustement et de régulation. Et ceci, il ne faut pas se le cacher, avec la complicité, ou au mieux l’indifférence, des gouvernements.

Plus l’économie va mal, moins les gouvernements ont les moyens d’agir. « Quand le système devient compliqué, le politique se retire et la finance prend le relais. Et plus la finance s’étend, plus la fraude prospère. Mais si la fraude devient systémique les institutions ne peuvent plus réagir. Et on en arrive à ce que les banques soient au dessus des normes, au dessus de la loi ». Trop grandes pour faire faillite, comme on dit. Trop grandes pour aller en prison également. Too big to jail.

Ce n’est pas une raison a dit Fabrice Rizzoli, (FLARE France), auteur du « Dictionnaire énervé des mafias », de parler du problème de manière fataliste, car il est possible, les italiens nous l’ont prouvé ces dernières années, de réagir.

Il prône donc au niveau européen ce qui a été réussi en Italie, la confiscation des patrimoines criminels au bénéfice de la communauté. (cf. Mucchielli)

Le voyage du Pape en Calabre a d’ailleurs mis en lumière la chose, puisque sa dénonciation de la maffia a permis de mettre les projecteurs sur Don Panizza, un prêtre qui a osé reprendre en 2002, à la demande du préfet, un immeuble de 3 étages confisqué par l’Etat à un clan familial de la maffia. Il en a fait un centre d’accueil pour mineurs en difficulté et adultes handicapés.

Voir reportage ci-dessous :

Mais il y a bien d’autres exemples, comme ces coopératives agricoles en Sicile exploitant les biens confisqués à la maffia dans le cadre de la loi de 1996.

Voir reportage ci-dessous

Une confiscation qui s’applique également aux complices des condamnés, ou encore à des personnes en possession de biens dont le caractère illicite des processus d’acquisition est avéré.

Voir reportage ci-dessous :

Fabrice Rizzoli rêve d’ailleurs tout haut de tenir une conférence sur le sujet dans la maison de Cahuzac en corse ou dans la villa de Ziad Takieddine. (Oui, celle avec la piscine là où se baignait J.F. Copé).

Un cancer au cœur de l’Europe.

Mais en amont des poursuites et des saisies il faut pouvoir enquêter en Europe. « Sauf qu’il manque toujours un parquet européen », dit Vittorio Agnoletto (Ancien membre du parlement européen). D’où la difficulté à poursuivre ceux qui fraudent ou qui sont complices de ces fraudes. Ce peut être un fonctionnaire européen, un fonctionnaire d’un des 27 pays membres gérant un fond structurel, ou encore une organisation criminelle de fraude. Sur la TVA ou les cotas de CO2 par exemple. Le trésor Français aurait perdu sur ces derniers 1,6 milliards d’euros, et l’Europe verrait s’envoler 100 milliards d’euros par an pour cause de fraude à la TVA.

Il existe bien depuis 1999 un Office européen de lutte antifraude, l’OLAF, pour enquêter. Mais le manque de coopération que cet office rencontre dans ses enquêtes, au sein des 27, et les failles juridiques nationales, constituent une entrave à son travail. Il ne lui est pas possible d’enquêter en Allemagne sur les fraudes à la TVA, par exemple.

Comme l’a dit Fabrice Rizzoli,  on est aussi face à un flou sémantique ou administratif sur les notions de « légal » et « illégal ». D’ou parfois une difficulté à poursuivre efficacement.

Un rapport du Sénateur Eric Bocquet de 2012 n’a-t-il pas pointé que « la fraude fiscale des entreprises françaises était principalement sanctionnée chez de petits entrepreneurs, alors que les enjeux financiers étaient plutôt du coté des grandes entreprises ». Mais ces dernières, entourées de cabinets conseils, jouent sur toutes les failles que leur offrent les réglementations des Etats, et échappent facilement aux taxes et à l’impôt.

Une voie pour la réutilisation sociale : l’ESS.

Relayant l’intervention de Darina Zalmova, de l’université de Thrace (Roumanie), qui a montré que la corruption devait être combattue par la reconstruction d’une pensée collective et des pratiques sociales, Marcel Hipszman, ancien adjoint au Délégué interministériel à l’économie sociale, a mis en lumière, tout comme elle, la possibilité pour l’économie Sociale et Solidaire d’être un outil anti corruption en se voyant confié la gestion des biens saisis à la criminalité financière. Un vrai recyclage au profit de la population, sous forme de musées, coopératives, centres d’apprentissage, établissements de soins, accueils des immigrés, etc.

Voir reportage suivant :

Il a rappelé les opportunités ouvertes par la récente directive européenne du mois d’avril sur le gel et la confiscation des produits de la criminalité transfrontière organisée. Tout en regrettant que les applications de cette directive en matière d’utilisation sociale des biens confisqués  ne soient pas obligatoires et laissées à la volonté des Etats.

A l’heure où la loi sur l’économie sociale est votée en France, l’idée est à creuser.

Il a également rappelé que la France possède une « Agence de gestion et recouvrement des avoirs saisis », regrettant aussi que le gouvernement ait annoncé que la question de la réutilisation à but social des biens confisqués serait discutée ultérieurement. Comme quoi on peut être un gouvernement de gauche et timide sur l’innovation juridique et sociale en matière de lutte contre la criminalité financière.

Un combat politique, social et culturel.

En fait, les intervenants l’ont tous dit, c’est bien là, sur le terrain politique, que doit être menée la vraie lutte citoyenne d’innovation démocratique. Un combat également culturel.

Ce qu’a bien montré le débat sur la presse d’investigation, réunissant plusieurs journalistes européens, dont Dan Israel de Médiapart.

Si les choses semblent  évoluer positivement, notamment grâce à la presse sur internet, les journalistes, s’ils sont confrontés à plusieurs difficultés, dont celles consistant à faire le tri des acteurs et des documents, doivent aussi faire face à la difficulté à vendre leur sujet contre la criminalité financière. En dehors de quelques affaires phares, il est plus facile pour un media de dramatiser un fait divers que de dérouler dans ses colonnes ou ses journaux télévisés les cheminements tortueux d’une fraude à la TVA, dont les montants sont pourtant vertigineux et lèsent les citoyens directement. Il faut donner du temps aux journalistes d’investigation. Les enquêtes sont longues, le recoupement des témoignages et la consultation d’experts nécessaires chronophages.

Mais la première difficulté vient, il ne faut pas avoir peur de le dire, des institutions, notamment bancaires. C’est par les banques que passe l’argent de la criminalité maffieuse, rapporte  Marius Frunza (Université Paris 1).

L’exemple de la banque anglaise HSBC qui a payé près de 2 milliards de dollars afin d’échapper à des poursuites aux Etats-Unis pour avoir blanchi l’argent des cartels de la drogue entre 2003 et 2010 en témoigne. En notant au passage que le patron de la banque pour la période incriminée est devenu en 2010 ministre de David Cameron. Humour anglais. Isn’t it ?

Alors que faire ? Les réponses ne peuvent être qu’internationales. Mais que fera l’Europe, présidée sous peu par l’ancien premier ministre d’un paradis fiscal, le Luxembourg ?  Que fera le Parlement européen ?

Restent aux citoyens à faire pression. Au travers d’associations comme Euroalter, ou Libera en Italie, dont le but est clairement de s’insurger et d’agir contre les maffieux, et qui regroupe 1600 associations  locales et internationales.

Itv JOL Presse : antimafia

Propos recueillis par Louise Michel D. pour JOL Press

Selon les chiffres d’un insitut statistique italien, la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, aurait engrangé 53 milliards de chiffres d’affaires sur l’année 2013: des entrées d’argent équivalentes à celles générés par la Deutsche Bank et McDonald’s réunis. Quelles sont les activités criminelles les plus fructueuses de cette puissante mafia? Quels sont les moyens développés par l’Italie pour la combattre? Explications de Fabrice Rizzoli, spécialiste de la criminalité organisée et des mafias, auteur du «Petit dictionnaire énervé de la mafia».

JOL Press : Selon les chiffres diffusé par institut, la‘Ndrangheta aurait engrangé 53 milliards de chiffres d’affaires sur l’année 2013. Quelles sont les activités criminelles les plus juteuses pour la mafia calabraise ?

Fabrice Rizzoli : La mafia calabraise engrange des milliards. Le trafic drogue est le premier facteur d’accumulation du capital : cela représente environ 40% des fonds engrangés par la mafia calabraise qui a fait du trafic de cocaïne sa spécialité. L’un des plus grands ports européens de transit de marchandises se trouve en Calabre : un atout majeur pour son trafic. Au-delà de la cocaïne, il y a des cultures de cannabis énormes en Calabre. Concernant les autres trafics, figurent la contrebande, le racket, et surtout les revenus de l’économie légale, puisque la mafia calabraise, comme la plupart des autres mafias blanchit son argent dans  l’économie légale, et gagne de l’argent. Rappelons que la mafia calabraise est aujourd’hui la plus puissante des quatre mafias italiennes : elle génère plus d’argent car elle a plus de membres et moins de collaborateurs de justice, ces  mafieux qui sortent du clan et qui témoignent devant la justice. Jusqu’en 1990, l’Etat italien a également concentré ses efforts sur la mafia sicilienne et moins sur la mafia calabraise.

JOL Press : En quoi la mafia calabraise freine-t-elle le développement économique de la région ?

Fabrice Rizzoli : Si l’on croit à l’économie de marché, et que l’on estime que l’un des points cardinaux de cette économie de marché repose sur la concurrence – qui permet de faire baisser les prix et de donner sa chance à tout le monde – on s’aperçoit que la mafia « tue » la concurrence. Un honnête entrepreneur qui veut créer un magasin de chaussures, n’a pas commencé à mettre la première pierre qu’il devra déjà verser de l’argent à la mafia. Les personnes ou entreprises qui refusent de payer, voient leur tracteur volé ou leur hangar brûlé. Ce climat-là ne peut pas être propice au développement économique de la région défavorisée.  Un énorme flux d’argent sale circule mais le niveau industriel et le niveau de service sont extrêmement faibles. L’état des routes est pitoyable, sans parler de celui des hôpitaux… Dans un pays riche –  cinquième puissance industrielle au monde et la troisième en Europe –  l’Italie du Sud affiche pourtant un développement extrêmement bas : la mafia y restreint les initiatives individuelles, freine l’esprit d’entreprendre, fait souffrir les entrepreneurs, et rend complice les comptables, les banquiers, les avocats…

JOL Press : Combien la mafia calabraise compte-t-elle aujourd’hui d’affiliés ? Est-il facile de l’infiltrer ?

Fabrice Rizzoli : Selon mes sources, la mafia calabraise regrouperait aujourd’hui 7500 affiliés. La mafia calabraise comporte une spécificité par rapport aux autres mafias : pour y entrer il faut avoir un lien de sang : il faut être fils de, frère de, ou marié à la fille ou encore à la soeur d’un mafieux.  Par les enfants communs, les sangs des deux familles –celle qui n’était pas de la mafia et celle qui en faisait partie – se mélange et on accepte la filiation.

Il faut savoir que l’on n’ « infiltre » pas les mafias. Il existe cependant des méthodes qui permettent de connaître la mafia : le témoignage de l’intérieur. Ceux qui ont une carrière professionnelle de mafieux pendant dix, quinze ans, sont protégés par la police, mais témoigner sur tous leurs avoirs, déclarer tous leurs biens, sinon ils perdent leur protection. Environ 3000 mafieux sont sortis du système depuis 1991 : ils témoignent à tous les procès, répondent aux journalistes et aux chercheurs. On connaît très bien le phénomène mafieux, mais un peu moins, la mafia calabraise, car nous avons moins de collaborateurs de justice.

JOL Press: Le Pape François s’est lancé dans une véritable lutte anti-mafia, en appelant à la mobilisation de la population. Comment l’Etat italien combat-il concrètement la mafia ?

Fabrice Rizzoli : L’Italie a les meilleurs outils juridiques au monde pour lutter contre la mafia, de telle sorte qu’une commission parlementaire européenne a travaillé pendant 18 mois et a demandé aux Etats membres de s’inspirer de l’Italie. On parle de la mafia italienne, mais on ne parle pas beaucoup des autres mafias en Europe. La mesure phare mise en place par le gouvernement italien vise à confisquer des biens et les redonner à la société civile. En Calabre, le terrain agricole d’un mafieux est ainsi transformé en une coopérative qui produit des olives. Il faut savoir que les mafieux préfèreraient être jetés en prison plutôt qu’on leur confisque leurs biens. Pour eux, la prison est une épreuve de virilité. « Quel homme d’honneur serais-je si je ne jamais fait un jour de prison ? » disent-ils. Ils détestent qu’on leur confisque leur bien, mais encore plus lorsque ceux-ci ont été transformés en associations, centres culturels, coopératives : car l’Etat arrive à montrer qu’il est plus fort que le pouvoir mafieux. La confiscation sans condamnation pénale du propriétaire est la clé de la lutte anti-mafia.

JOL Press: Les mafieux arrivent-ils vraiment à se repentir ou bien le risque de rechute est-il élevé ?

Fabrice Rizzoli : Il y a extrêmement peu de rechute en Italie, puisque c’est de l’ordre de 5%. Il arrive que certains mafieux craquent psychologiquement sur leur nouvelle vie - à force d’être isolés dans le nord de l’Italie, dans une petite commune, à gagner 1200 euros par mois alors qu’ils brassaient des centaines milliers – et qu’ils rechutent en faisant un trafic par exemple. Mais lorsqu’un mafieux a quitté son clan, témoigné contre lui, c’est extrêmement dangereux pour lui de retourner dans sa ville d’origine de tenter de reprendre le pouvoir mafieux. Certains l’ont payé de leur vie.

JOL Press: Comment expliquer l’implantation de la mafia italienne en France : est-ce juste un lieu de repli ou est-ce également un lieu de blanchiment ?

Fabrice Rizzoli : La France est effectivement un lieu de refuge pour la mafia italienne. Dans les années 80, lorsqu’il y avait des guerres de mafias calabraises qui ont fait des milliers de morts, des mafieux venaient se réfugier en France pour ne pas être assassinés, ni se faire arrêter par la police italienne. Ils profitaient ainsi de la diaspora puisqu’il y a une très grande communauté calabraise sur la Côte d’Azur. Ils peuvent faire du trafic : l’année dernière, un laboratoire de cocaïne a par exemple été démantelé sur les hauteurs de Nice. Les mafieux italo-français ont donc le monopole de l’approvisionnement de la cocaïne sur la Côte d’Azur et dealent avec les cités françaises. La France est également une terre de blanchiment.


Mafias italiennes et grandes surfaces… par fabricerizzoli

Propos recueillis par Louise Michel D. pour JOL Press

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Fabrice Rizzoli est docteur en science politique, spécialiste de la criminalité organisée et des mafias. Il a été secrétaire général de l’Observatoire géopolitique des criminalités de 2008 à 2012 et est responsable du bureau FLARE Network France. Il intervient régulièrement comme conférencier sur ces thèmes et a écrit Le petit dictionnaire énervé de la mafia, Les Editions de l’Opportun, 2012.

Mafias.fr récidive sur Radio Canada

mafia rizzoli antimafiaRadio Canada interroge Mafias.fr sur les actions antimafias du nouveau pape. (cf. Radio Canada s’intéresse à l’Antimafia, Mafias.fr sur Radio Canada )

Le 13 mars, le pape François célébrait son premier anniversaire de pontificat. Ce pape qui ne semble rien faire comme les autres pourrait devenir un joueur majeur dans la lutte antimafia. Le politologue Fabrice Rizzoli, l’un des plus grands spécialistes de la criminalité et représentant en France l’ONG Flare, porte un regard historique et politique sur les relations entre le Vatican et la mafia.  

D’abord faire le ménage dans ses propres rangs : le pape François participe activement à la lutte antimafia d’une part en imposant une transparence aux institutions financières du Vatican, et d’autre part en se rapprochant des prêtres qui luttent contre le consensus social qu’exercent les mafieux sur le territoire.
AUDIO FIL : Entrevue avec Fabrice Rizzoli : Le pape François et la mafia 

Revoir une partie de l’émission « C dans l’air sur le sujet » :

Trafic de déchets en France

Au mois de mars 2014, douze personnes ont été placés en garde à vue en région parisienne dans une affaire d’extorsion de fonds et de dépôt illégal de déchets. Parmi elles figurent Jean-Claude Hornec et son fils Loune, deux membres d’une famille dont certains sont considérés comme les parrains de la pègre parisienne. Les douze interpellés sont soupçonnés d’extorsion de fonds en bande organisée, association de malfaiteurs et dépôt illégal de déchets, dans une affaire de fraude à l’environnement, précise une source judiciaire. (cf. Affaire Guérini : des peines de prison ferme dans le volet « Queyras »)

Il leur est notamment reproché d’avoir organisé frauduleusement l’emploi de déchets non-recyclables dans des chantiers de remblaiement. Les enquêteurs ont également mis au jour des malversations. Il s’agit d’une «vaste affaire de fraude à l’environnement en bande organisée et d’extorsion de fonds», a précisé une source policière…. la suite Ile-de-France : vaste coup de filet pour une fraude à l’environnement et cette vidéo de complément d’enquête :

Boom Boom à Toronto : le revanche Rizzuto en marche?

24 avril 2014, Carmine Verduci, 56 ans, sort sur le parking du « Regina Sports Café » de Woodbridge dans la banlieue de Toronto. Le café est connu depuis plus de 20 ans pour être un lieu fréquenté par la mafia. . Des sicaires l’abattent froidement.

Verduci né à Oppido Mamertina (Calabre) où règne le clan Mammoliti (cf. Le triomphe de l’omertà?) était de nationalité canadienne. Il s’agit d’un boss de la mafia italo-canadienne de la branche calabraise (cf. Article Wiseguy)

Il faisait la jonction entre les clans canadiens et la Calabre mais il avait du interrompre ses déplacements entre les 2 pays après l’opération « Crimine 2″ menée en mars 2011 (cf.300 arrestations et Thunder bay . La justice recherchait Verduci pour association mafieuse en Italie mais sa nationalité canadienne empêchant toute extradition. Parce qu’un pays ne reconnaît pas le délit d’association mafieuse (cf. explications), il refuse d’extrader ses ressortissants accusé de ce crime dans un autre pays (cf. . La justice mafieuse vient de passer plus vite que la justice de l’Etat de droit.

Il s’agit certainement d’une vengeance du clan Rizzuto :

Vito Rizzuto transgresse une règle de La Cosa Nostra

Moomba!

Extermination suite et fin?

Le bras droit de Berlusconi interpellé au Liban

rizzoli mafia mafia

Factotum

Le 8 avril 2014, la Cour de Cassation a rendu définitive la condamnation le principal lieutenant de Berlusconi (cf.Le lien organique du président du Conseil avec les organisations mafieuses). Marcello Dell’Utri, fondateur du parti Forza Italia avait déjà été condamné en appel. Il est donc condamné à 7 ans de prison pour concours externe en association mafieuse (cf. Concours externe d’association mafieuse… ou complicité…).

La justice italienne, avec ses procureurs indépendants (pas comme en France, cf. l’impossible justice contre les puissants) vient donc de donner une vérité judiciaire. L’homme le plus important pour Berlusconi « dealait » avec des mafieux (cf. Le terrorisme mafieux dans la crise du système politique italien  et 12 janvier 2002, un étudiant et un colloque sur les attentats de 1992-1993.

Il s’agit là de la fin d’un épisode qui voit le sommet de la bourgeoisie mafieuse enfin mis sous les verrous (cf. La radio suisse donne la parole au spécialiste français de la negociation « Etat-mafia »). Quand bien des spécialistes n’osaient expliquer les connections mafieuses, d’autres en parlaient à la télévision dés 2006 :

 

Arrestation d’un boss sicilien au Vénézuela

mafia rizzoli antimafiaEn fuite depuis 20 ans, originaire de Cattolica Ereclea, lié au clan Caruana-Cuntrera (cf.  Sicile 6 : le cinéma antimafia), trés présents au Canada (cf. Montréal : opération « extermination » ) Vito Genco a été arrêté au Venézuela où les mafias italiennes ont mis en place des narco -comptoirs »  (cf. Conférence Lyon  narco-comptoirs des mafias italiennes en Amérique latine)  :

Roberto Pannunzi, le «Copernic de la cocaïne» de retour en Italie

Un mafieux calabrais arrêté à Medellin (Colombie)

La preuve par l’exemple

Mafias.fr sur France 2

… 3 secondes… sur les « flash braco » ou smash and grab

Grand réseau de blanchiment en France

blanchiment

Blanchiment en France

… Les policiers l’appellent « l’Indien ». Dans son modeste appartement de Tremblay-en-France, ce chômeur de 32 ans originaire du Tamil Nadu vivait chichement depuis des années, ne se déplaçant qu’en métro ou dans une voiture hors d’âge. Derrière sa routine discrète de bon père de famille, Sayed, à la tête d’une galaxie de sociétés écrans basées à Dubaï, Tanger, Chennaimadr, Bangkok et Hongkong, brassait des dizaines de millions d’euros. Il a été mis en examen pour « blanchiment de stupéfiants », jeudi 13 mars, ainsi que neuf membres de son réseau, a annoncé le procureur de la République de Paris, François Molins… La suite

La vidéo de France 2 avec ITV de Fabrice Rizzoli :

France 24 : Pas de coopértateurs de justice : pas d’Antimafia

Le gouvernement a signé le décret sur les « coopérateurs » de justice. France 24 revient sur l’exemple italien :

Attention, ne pas employer terme « repentis ».
Les repentis n’existent pa
s
. On est pas à l’Eglise! 
Attention à ne pas utiliser le terme de « collaborateur » de justice car l’emploi du mot « collaboration » en France fait perdre la bataille des idées. 
Il faudra dire « coopérateur » de justice si on veut faire accepter ce dispositif qui comporte trois avantages majeurs : 
1. Une meilleure connaissance d’un phénomène clandestin. Or, ne ne combat que ce qu’on connaît. 
2. La réduction de l’impunité face au crime de sang commis par des professionnel. Pas de témoignages de sicaires : pas de règlements de compte résolus. 

3. Le renforcement de l’Etat de droit qui va protéger des criminels professionnels en rupture avec leur milieu et promis à une mort certaine. Si la vie d’un homme à de la valeur. l’Etat de droit se doit de protéger tout citoyen (et sa famille) qui décide de respecter les règles communes sous certaines conditions. 
En Italie, la mise en place d’un statut de « collaborateur de justice » a donné des résultats exceptionnels avec 3 000 mafieux sorti du système de 1991 à nos jours.

Il faudra aussi créer un statut pour les témoins innocents et la réutilisation sociale des biens confisqués. Sans l’implication de la société civile, la lutte contre le crime organisé est voué à l’échec
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