Articles avec le tag ‘boss’

Arrestation mafieuse : la force tranquille

Le 26 octobre, la police transalpine procède à l’arrestion de Giovanni Arena, 56 ans le boss de la cosca Santapaola de Catania aprés 18 ans de cavale. Accusé d’association mafieuse, trafic de stupéfiants et détention d’armes, le capo cosca a déjà été condamné par contumace en mai 2003 pour le meurtre du boss du clan rival. Arena est également soupçonné de l’incendie ayant touché le siège local des magasins Standa (appartenant alors à Silvio Berlusconi) le 18 janvier 1990, le jour même de l’arrivée à Catane de la Commission parlementaire antimafia. Figurant dans la liste des 30 latitanti les plus recherchés, il a été arrêté dans un appartement du quartier Librino de Catane.  Cela permet de contrôler le territoire et d’assurer sa cavale ; la latitanza étant utilisée par les mafieux comme une écharde dans l’état de droit (cf. Catturandi contre latitanza : état de droit contre impunité ). On notera son attitude devant les caméras, calme et souriant : la force tranquille. Les affaires contrinuent (cf. Le mafieux, ce grand communicant).

Violence programmée à Palerme et à Veracruz

En ce 19 septembre, Giuseppe Calascibetta, 60 ans sort de chez lui dans le quartier Oreto à Palerme. Il s’agit  du boss régent du mandamento de Santa Maria di Gesu (cf.Un nouveau collaborateur de justice pour l’Etat italien). Condamné à une peine de 10 ans d’emprisonnement pour association mafieuse. et libéré, il fut impliqué dans le procès concernant le massacre de la via d’Amelio où a été assassiné le magistrat Paolo Borsellino (cf. Sicile 1 : Spatuzza est un collaborateur de justice fiable). Le magistrat connut un attentat à la bombe tant en raison de son imposante escorte  qui le protégeait qu’en raison d’un message envoyé par la mafia à l’Etat : le terrorisme étant le stade ultime de la violence politique. Avec les bombes la mafia parle à l’Etat.

Giuseppe Calascibetta a pour sa part reçu 4 ou 5 balles dans la tête avec semble-t-il un coup de grâce,. Du travail propre sauf que son assassinat intervient trois jours après la réouverture d’un procès pour les faits de la via d’Amelio….

La violence programmée sicilienne reste cependant mesurée comparée à celle des cartels mexicains. La police a retrouvé 35 corps sous un pont de Boca del Rio, banlieue de Veracruz (photo à droite). Les victimes 23 hommes et 12 femmes sont liés au cartel des Zetas. Le cartel du Golf a semble-t-il laissé un  message explicite. Comme si la violence utilisée comme un langage ne suffisait pas (cf. Leçon de communication mafieuse par Toto Riina). Les cartels manqueraient-ils de confiance en eux comparés aux mafias italiennes?

Le baisé oublié

En Sicile, les politiciens font la « bis » on le savait (cf.Vasa Vasa en prison). Par ailleurs, dans les rapports politico-mafieux, il est accepté qu’un homme politique prenne les voix du clan et affiche  publiquement une opinion antimafia (à part le président du Conseil qui ne parle jamais de mafia…) cf. Le lien organique du président du Conseil avec les organisations mafieuses. La duplicité est la norme. Mais quand le ministre de la justice de Berlusconi déclare que la mafia « fa schifo » (le dégoute), il y va un peu fort et les mafieux en prison, écoutés par ses pervers de policiers italiens qui font leur travail, s’énervent et veulent lui donner une leçon. Intervient alors un boss d’Aragona, Giovanni Alongi: « c’est le père d’Angelino Alfano qui a demandé les  voix…. pas le fils... ». Oui mais tu oublis qu’il était l’invité d’honneur en 1996 du mariage de la fille du boss Croce Napoli (de Palma di Montechiaro).

Mais pourquoi M. Alfano est-il ministre de la justice? et pourquoi Renato Schifani est-il président du Sénat?

et Cosentino : Gomorra au gouvernement ?

Violence programmée « transversale »

Tout commence en ce 17 janvier 2011 à Spezzano Albanese (notez la référence à la présence albanaise historique dans cette partie de la Calabre) dans la province de Cosenza, un commerçant tue un autre commerçant de 22 ans, pour un problème de place de parking (cf. Violence programmée). En réalité, les deux personnes se connaissent et ne s’aiment pas. La victime est le fils du capo bastone (le chef dans la mafia calabaise) Franco Presta de la zone, en fuite depuis le mai 2009 pour usure et extorsion et dont la puissance est lié aux travaux de l’autoroute (cf.« Victor : nettoyeur »). La victime était titulaire d’un commerce  (vidéo) à 22 ans : d’où proviennent les capitaux qui ont permis l’ouverture?

La vendetta est en route et elle va être « transversale » car elle va toucher la famille du meurtrier qui lui est en prison. Le 16 février, la belle sœur et la nièce du commerçant qui a tué le fils du boss. Au mois d’avril, c’est au tour du père du meurtrier  de tomber sous les balles de deux tueurs en scooter.

Le boss Perna a du prononcé les même mot que le boss Tornicchio, « la où passe les Perna la Lupara chante (cf. Chante chante Lupara…). Ceux qui n’ont pas accepté la protection de la police sont morts, les autres vivent dans des lieux tenus secrets comme expliqué dans la vidéo :

« Je ne suis pas italien, je suis germano-irlandais »

La Cosa Nostra mafia

Par  ses mots Robert Duval dans le film Le Parrain signifie au producteur raciste envers les « ritals » et qui ne veut pas prendre Franck Sinatra dans son film que le problème n’est pas ethnique. Ce qui compte c’est le clan mafieux au dessus de la famille biologique. D’ailleurs, dans le Parrain, le chef  (Al Pacino) fait tuer son frère de sang pour protéger le clan, un acte de violence programmée (cf.Violence programmée chez La Cosa Nostra) !

Il y a bien un « germain » dans la mafia italo-américaine : Joseph « Joe the German » Watts, né en 1942, qui vient d’être condamné à 13 ans de prison pour conspiration de meurtre., celui d’un « associé » (non initié) de la famille Gambino de New York (cf. La Cosa Nostra se porte bien)

Le cercle se ressère autour de Matteo Messina Denaro

Les policiers de la squadra mobile de Palerme, ont arrếté le chef mafieux du quartier du Brancaccio (Une BD pour comprendre le phénomène mafieux.). Francesco Di Fresco, en photo, aurait donc remplacé Giuseppe Guttadauro, le chirugien mafieux qui lui même avait succédé aux frères Graviano. Les Policiers de la désormais célèbre Catturandi (le livre) ont épié la famille pendant des milliers d’heures. Au cours d’une perquisition, ils ont remarqué que la table était dressée pour 3 alors que seules deux personnes déjeunent régulièrement à la maison (la mère, la fille et non le fils). En réalité, pendant la perquisition, le boss était caché dans une pièce de 20 m² accessible par une armoire. Les policiers de la Catturandi (facebook) ont donc laissé sortir le fils pour lui prendre ses clefs et rentrer par surprise.

Il ne s’agirait pas d’une énième arrestation mais d’un vrai coup à l’encontre du réseau de protection de celui qui serait le chef de Cosa nostra à savoir de Matteo Messina Denaro. C’est ce qu’affirme Salvino Caputo, député à l’assemblée régionale de Sicile et membre de la commission parlementaire antimafia régionale. C’est vrai que les policiers de la Catturandi applique à lettre la statégie de la réduction des cercles concentriques de complicités qui a fonctionné pour Bernardo Provenzano (cf. Cosa nostra sicilienne : la succession du « capo dei capi ») .  Son arrestation avait été l’objet d’un documentaire assez explicite sur Rai 3 (Scacco al re).

Comme on ne peut attraper un super boss du premier courp, on arrête petit à petit ses complices comme par exemple (cf. Saisie record contre le complice du chef de la mafia de Trapani ou Un complice du chef de la mafia arrêté.

Alors, l’arrestation de Matteo Messina Denaro c’est pour aujourd’hui ou pour demain?

SMS mafieux au pays du Calcio

Les Italiens sont dingues de foot (4 coupes du monde), cela se savait. Ils sont fous de téléphone portable (en 1993, j’ai vu que les habitants de Parme avaient déjà tous un GSM (de la taille d’un grille pain mais un GSM quand même) alors qu’en France, on lançait le Bi-Bop. Oui mais en Italie, il y a la mafia.

Le mois dernier, le jounal la Stampa a révélé que des mafieux détenus selon l’article du 41 bis du code de procédure pénal arrivaient à communiquer avec l’extérieur. Comment?

Leur famille envoyait des sms à une émission de télévision qui les faisait défiler à l’écran. (voir photo) . Le programme en question, « Quelli che il calcio » qui, le dimanche après-midi, traite de Football pendant 5 heures sans avoir le droit de montrer un but…

L’émission a arrêté les SMS mais cela ne constituait qu’un moyen parmi d’autres pour les chefs mafieux de communiquer avec l’extérieur. On pense à ce boss qui a pu s’exprimer au journal télévisé par l’intermédiaire de sa fille (cf. Les ‘ndrines et le consensus social).

Italie : état de droit!

Regardez ce que propose le très informatif site crimorg.com. En quelque jours, les forces de l’ordre et les magistrats démontrent que l’Italie est un état de droit. Seul bémol, le pouvoir en place veut permettre la vente de bien confisqués aux mafieux. Certes 75% des biens confisqués aux clans ne sont pas réutilisés par l’Etat (cf. La confiscation : enjeu politique majeur). Pour changer cet état de fait, il faudrait une agence unique pour administrer ces biens contre les 17 qui existent aujourd’hui. Enfin, revendre les biens confisqués au mafieux c’est permettre aux mafieux de les racheter tant ils disposent d’une grande disponibilté financière (cf. Des statistiques à la réalité de la lutte antimafia) !

1. Sicile : arrestation d’un important Boss

Publié sur Crimorg.com le 03.12.2009

Les carabiniers ont procédé à l’interpellation de Francesco De Vita (né en 1954) dans la campagne près de Marsala (extrême-ouest de l’île). Placé sur la liste des 100 fugitifs les plus recherché, le parrain était en cavale depuis 2000, suite à sa condamnation à perpétuité pour association mafieuse et homicide. Son fils Gaspare avait été arrêté il y a quelques semaines pour trafic de cocaïne et de cannabis et fausse monnaie. Francesco De Vita est considéré comme le chef de la Famille de Marsala et comme un membre important de la Cosa Nostra de la province de Trapani.
(2 décembre 2009 / Agences)

2. Sicile : arrestations de proches du Boss Bernardo Provenzano

Publié sur Crimorg.com le 01.12.2009

bagheriaLa police de Palerme a interpellé 11 personnes, essentiellement dans la région de Bagheria, accusées d’avoir aidé à la cavale de Bernardo Provenzano, jusqu’à son arrestation du « boss des boss » en avril 2006. Parmi les personnes arrêtées figure Simone Castello, 60 ans, un des « facteurs » de Provenzano, en charge de récupérer les pizzinis du Boss. Castello, déjà condamné pour association mafieuse, a été arrêté à Madrid où il gérait une société d’import-export de fruits et légumes.
(1er décembre 2009 / La Repubblica – Italie)NDLR : Les pizzinis sont devenus le mode de communication préféré des grands Boss. Se méfiant des moyens de télécommunication moderne, les parrains utilisent donc des petits bouts de papiers où sont écrits des messages, souvent en code. Plus sur, ce moyen a toutefois l’inconvénient de la lenteur, le pizzini devant passer de main en main (d’hommes de confiance) avant d’arriver à son destinataire, sans compter le chemin inverse pour la réponse… Voir le livre d’Andrea Camilleri

3. Une église de Naples rackettée par la Camorra

Publié sur Crimorg.com le 01.12.2009

Don Mario Ziello, prêtre de la paroisse Santa Maria del Carmine alla Concordia, du quartier populaire espagnol de Naples, a dénoncé lors de son homélie dominicale, la tentative d’extorsion dont son église a été l’objet. Les ouvriers, travaillant sur le chantier de réfection de la sacristie, ont été approchés par deux hommes qui ont réclamé « l’impôt de Noël » pour le clan local. Après avoir dénoncé ce racket en chaire, le prêtre a porté plainte devant la police.
(1er décembre 2009 / Agences)NDLR : En plus du racket « ordinaire », les mafieux ont pris l’habitude de demander un « pizzo » supplémentaire (en argent ou en nature) à l’occasion des fêtes de la Vierge, de Noël ou lors de fêtes locales. Ce « bonus » est en théorie destiné aux membres incarcérés et à leurs familles.

4. Vaste opération contre la Sacra Corona Unita de Bari

Publié sur Crimorg.com le 01.12.2009

savinuccioSavinuccio ParisiLa Guardia di Finanza a mené une vaste opération contre deux clans de la mafia de Bari, permettant l’arrestation de 83 personnes et la mise sous séquestre de biens estimés à 220 millions d’euros. En tout, 129 personnes ont été inculpées. Les accusations portées sont : association mafieuse, tentative d’homicide, fraude aux enchères, usure (jusqu’à 300% d’intérêt), blanchiment et trafic international de stupéfiants (en liaison avec des trafiquants serbes basés à Milan). Parmi les mafieux arrêtés figurent Savino « Savinuccio » Parisi (chef du clan homonyme) et Antonio Di Cosola (chef du clan Di Cosola-Strisciuglio). Des directeurs de banques, des fonctionnaires, des avocats et des élus locaux ont également été arrêtés. Ainsi, l’ancien maire-adjoint de Valenzano (banlieue sud de Bari), Donato Amoruso, et le conseiller municipal Vitantonio Leuzzi sont accusés d’avoir favorisé le clan Parisi dans l’attribution de contrats publics dans le cadre de la construction du « Centre Intégré Universitaire » (d’une capacité d’accueil, à terme, de 3.500 étudiants). Onofrio Sisto, ancien Vice-Président de la Province de Bari, et Elvira Savino, députée PDL (Popolo della Libertà, au pouvoir) des Pouilles, sont également impliqués dans cette affaire.
Parmi les biens placés sous séquestre on relève : « Paradisebet Ltd » (une société de bookmakers basée à Londres, effectuant des paris sur le football, le tennis, la Formule 1, les grands prix de moto, le ski alpin, le basket, le rugby et le football américain) et pour 3 millions d’euros d’actions de la société italienne « Sport&More » (géant de l’équipement sportif, faisant un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros, dont 30% en dehors de l’Italie).
(1er décembre 2009 / La Gazzetta del mezzogiorno – Italie)

Australians do it better !

Au mois d’août 2008, la police australienne, en collaboration avec de nombreuses polices étrangères, a procédé à la saisie record de 15 millions de pastilles d’ecstasy. Les 4,4 tonnes de stupéfiants étaient dissimulées dans des boites de tomates placées sur un navire destiné à Italie.  A la tête de ce trafic, un « boss » de la mafia calabraise Francesco Modafferi, 47 ans, un mafieux originaire de Plati en Calabre. La ‘Ndrangheta est présente en Australie depuis plus de quarante ans. Dans les années soixante, elle cultivait du cannabis pour les soldats américains présents au Vietnam.
Depuis l’arrestation du chef mafieux calabrais, les enquêteurs ont découvert, non sans émoi, que le « boss » bénéfici
ait d’une dérogation un peu spéciale délivrée par le ministre de l’immigration du dernier gouvernement conservateur. La ministre est intervenue en personne pour annuler l’ordre d’expulsion du chef mafieux en lui accordant un visa à titre humanitaire (pour raison mentale). Il faut dire que la famille du mafieux avait été très généreuse en matière de dons envers le parti libéral australien. Pourtant, en 1998, la justice australienne avait signalé que les frères Madafferi étaient des mafieux calabrais suspectés de meurtre et d’extorsion. La ministre en question est aujourd’hui ambassadrice de l’Australie en Italie…

Guet-apens contre un capo-bastone en Aspromonte

Le 23 juillet 2008, à 9h30 dans la commune de Santo Stefano dans les montagnes de l’Aspromonte en Calabre, Rocco Musolino et Agostino Priolo se déplacent dans leur véhicule. Là, deux hommes embusqués tirent plusieurs coups de fusil de chasse. Une des armes s’enraye et les sicaires abandonnent leurs armes sur place (photo en haut). Les vctimes sont blessées légèrement, le conducteur ayant eut la présence d’esprit d’accélérer et de se rendre à l’hôpital (pas le plus proche…).

Les carabiniers ne privilégient aucune piste pour l’instant mais ce guet-apens pourrait être d’essence mafieuse. En effet, Rocco Musolino, 81 ans, appartient à une ‘ndrine, une famille mafieuse calabraise, en l’occurence la ‘ndrine Serraino ( De la mafia calabraise, de la mémoire et des femmes). Il serait même un chef de famille : un capo-bastone. Dans les années quatre-vingt dix, Rocco Musolino a été arrêté dans le cadre des procès Olimpia. Les procès Olimpia 1, 2 et 3 sont les plus importants procès concernant la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise. La justice italienne soupçonnait Rocco Musolino d’être l’un des commanditaires de l’assassinat de Giorgio De stefano, survenu en 1977. Giorgio De Stefano était un chef de famille mafieuse de Reggio. En première instance, Rocco Musolino fut condamné à la prison à vie. Innocenté en appel, il a été reconnu coupable d’extortion de fonds à l’issue d’une autre procèdure diligentée à son encontre.
Le mobile de ce guet-apens, même mafieux, demeure inconnu. D’après les premiers éléments de l’enquête, il ne peut s’agir d’une erreur puisque les tireurs ont identifié la voiture et vu leurs cibles. Il ne s’agirait pas d’un avertissement. Les enquêteurs ont retrouvé trois lettres de menace au domicile de Rocco Musolino. L’emploi d’un fusil de chasse fait pencher mon interprétation vers un conflit de générations. De jeunes « boss » veulent prendre le pouvoir. Rocco Musolino ne veut rien lâcher de ses prérogatives et de son trésor caché. Les prétendants décident de le tuer tout en respectant la stature de leur proie. L’utilisation d’un fusil de chasse à canons sciés, une arme traditionnelle dans la mafia, devait rendre un dernier hommage au « roi de l’Aspromonte ».

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