Articles avec le tag ‘La Cosa Nostra’
Mafia et téléréalité
Anthony « TG » Graziano est connu depuis des années par le FBI comme un membre important de la famille Bonanno (cf. Fête des mères 2004 : le boss fait tuer son fils). Il occupe depuis 2001 le poste de « consigliere » (cf. Montréal…). Mais depuis quelques temps, Anthony fait fasse à de multiples problèmes. Condamné en 2003 à 20 ans de prison pour racket et complot pour assassinat, il est libéré en 2011 pour raison de santé.
Pendant son incarcération, sa fille Renée Graziano fut l’héroine d’une série tv « Wives Mob » qui suit la vie de femmes dont leur famille ont des liens avec la Cosa Nostra américiane. Son ex petit ami Hector Pagan apparu d’ailleurs plusieurs fois à l’écran. Hector était un « associé » de la famille Bonanno. Attrapé pour trafic de drogue, il devient informateur pour la DEA afin d’éviter une peine de 50 ans de prison. C’est donc pour alléger sa peine, qu’il porta un micro et enregistra son beau-père et d’autres hauts responsables de la famille Bonanno lors de plusieurs réunions ou Anthony essayait de récupérer une dette de jeu de plus de 150 000 $ ce qui le renvoya en prison pour 19 mois en Avril 2012. Il provoqua aussi l’arrestation de plusieurs autres membres comme Vincent « Vinny Tv » Badalamenti et Nicholas « Nicky Mouth » Santora considérés respectivement comme l’acting boss et underboss des Bonanno.
Anthony « TG » Graziano a tout fait pour être distant de sa fille et de la série. Sa fille Renée disait même qu’elle n’avait plus de contact avec son père depuis le lancement de l’émission… Mais cela en était trop pour la famille Bonanno qui décida de « dépouiller » Anthony Graziano de toutes ses responsabilités et de tous ses droits. « Cela ne veut pas dire non plus qu’il ne sera plus actif, par contre cela veut dire que certains membres ne traiteront plus avec lui » dit un officier de police. Mais une perte de responsabilité signifie automatiquement une baisse non négligeable de revenu. Un procureur fédéral spécialisé dans les affaires sur la mafia allant même jusqu’à dire que cela était une sanction terrible pour un « affranchi »et que parfois un tel coup pouvait donner raison a un mafieux de « retourner sa veste », de collaborer avec la justice…
Par Xavier Blondel
Du même auteur : Initiation en peignoir : la classe
Tous les mots en gras sont dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia en vente chez Ethicando (6 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris) ou sur Amazon.
Et vous trouverez des infos intéressante dans « femme et mafia »…
Mort naturelle… et de deux
« C’est la fin d’une époque… Tout le monde est dévasté … Je suis triste parce qu’il avait été là pour moi pendant mon séjour en prison … Les gars de partout travers le pays sont choqués mais la vie continue … »
Ces mots sont ceux d’un racketteur et ancien détenu mais toujours sous la responsabilité des services fédéraux parlant sous le sceau de l’anonymat à propos de la mort de Benjamin « Sonny Jr. » Nicoletti, 73 ans.. Depuis 40 ans,.Sonny ou «Monsieur Nick », affilié de La Cosa Nostra, officiait dans le jeu illégal et le prêt usuraire dans l’Ouest de New York.
Il est décédé début septembre des suites de complications dues d’un accident vasculaire cérébral (cf.Mort naturelle… pour une fois). Comme son mentor, Stefano Magaddino, fondateur de la famille mafieuse de Buffalo, Ben Nicoletti est mort de mort naturel laisse des fans derrière lui. Ces derniers pouvant entretenir un des pouvoirs mafieux: le consensus social… Voir le Petit dictionnaire énervé de la mafia
L’obsession de la préservation du clan
En lisant crimorg.com, comme tous les matin
s pour me rafraîchir d’un petit meurtre ou d’une arrestation, j’apprends qu’une initiation mafieuse aurai eu lieu le 12 janvier 2011 dans une salle d’attente d’une prison fédérale des Etat-Unis (à gauche)
Donc, Andrew « Mush » Russo (en bas à droite), le boss de la Famille Colombo a initié llario « Fat Larry » Sessa. Ca y est, il il « en est ». C’est « un ami a nous » (pas « un ami à moi ») in Donnie Brasco (cf. Violence programmée chez La Cosa Nostra)
Le contexte : la nuit suivante, une vaste opération antimafia avait entraîné 127 inculpations 7 Familles de la Mafia du nord-est des Etats-Unis.
Vous comprenez?
Vite vite, il faut nommer un nouveau membre (initié) pour faire perdurer le clan (en plus d’une éventuelle stratégie interne au clan…) et faire vivre la LCN (cf La Cosa Nostra qui se porte bien). Même si les règles d’initiation n’ont pas été scrupuleusement respectées. Qu’importe dans La Cosa Nostra ( on est encore plus souple (cf. Mafia et différences) que dans Cosa nostra sicilienne (cf. Un code culturel souple….)
On apprend aussi que l’initiation aurait du avoir lieu le 7 décembre 2010 au domicile du « soldat » Emanuel Favuzza mais les mafieux avaient détecté une surveillance du FBI. Et oui pas de lutte antimafia sans écoute, micro et autres caméras. Mais c’est grâce a un témoin protégé que l’on a appris cette initiation…. pas de lutte antimafia sans collaborateur de justice. Mais à contrario du programme de collaboration américain et ses 30% de récidive (cf. Un boss de La Cosa Nostra se livre au FBI) contre seulement 5% de rechute en Italie.
Pour savoir pourquoi : Petit dictionnaire énervé de la mafia en vente chez Ethicando (6 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris) ou sur Amazon.
Arte se déchaine
Soirée thématique en trois parties Dans les griffes de la Mafia les 8, 15 et 22 janvier :
08.01 : 20h40 Le Parrain
Film de Francis Ford Copppola, USA, 1971, avec Marlon Brando, Al Pacino, Robert Duvall…
Quand Vito Corleone, à la tête d’un puissant empire mafieux, s’efface pour laisser le pouvoir à son fils… L’une des plus grandes sagas de l’histoire du cinéma.
23h40 Une histoire de la Mafia (1ère partie)
documentaire de Bernhard Pfletschinger, All, 2010
En Italie, les mafias contrôlent un tiers du pays et leur chiffre d’affaires s’élève à près de 150 milliards d’euros pas an. Retour sur leur incroyable ascension depuis le milieu du XIXe siècle.
15.01 : 20h40 Le Parrain II
Film de Francis Ford Copppola, USA, 1974, avec Al Pacino, Robert Duvall…
De l’ascension du petit Vito à l’empire de la terreur bâti par son fils Michael.
0h05 Une histoire de la Mafia (2ème partie)
22.01 : 20h40 Le Parrain III
Film de Francis Ford Copppola, USA, 1990, avec Al Pacino, Diane Keaton…
Où Michael Corleone tente en vain d’échapper à son destin.
23h25 La Mafia, organisation parasite
Documentaire de Carmen Butta, All, 2010
Comment Cosa Nostra la sicilienne a su profiter de la mondialisation pour étendre son empire.
Vous trouverez plus d’informations sur le site http://www.arte.tv/ rubrique programmes.
Fête des mères 2004 : le boss fait tuer son fils
En ce jour de fête des mères 2004, Nicholas Cirillo soldat de la famille Genovese et fils du boss Dominick « Quiet Dom » Cirillo, va à un rendez vous ; une de ses convocations mafieuses dont on ne reveint jamais : « I v got send for » disait Al Pacino dans Donnie Brasco (cf. Violence programmée chez La Cosa Nostra)
Nicholas 41 ans vient de subir la violence programmée par « Lupara biancha » (cf. Le « repenti » rétablit l’Etat de droit en Italie)). Sa disparition intervient deux semaines après une altercation avec deux membres des Bonanno, ce qui conduit les enquêteurs sur la piste d’un règlement de compte jusqu’
à ce que Joseph Massino, boss des Bonanno, intègre le programme des témoins américain. Le « repenti » porte alors des micros et enregistre une conversation avec Vincent Basciano du clan Genovese qui explique que « Quiet Dom » a ordonné l’assassinat de son propre fils « trop turbulent »…
La mafia c’est la tyrannie de la famille mafieuse (cf. Arrestation de la « mamma »). On tue un membre de sa famille biologique puis on retourne se coucher comme si de rien n’était (cf. Histoires de femmes dans la mafia)
« Je ne suis pas italien, je suis germano-irlandais »

La Cosa Nostra mafia
Par ses mots Robert Duval dans le film Le Parrain signifie au producteur raciste envers les « ritals » et qui ne veut pas prendre Franck Sinatra dans son film que le problème n’est pas ethnique. Ce qui compte c’est le clan mafieux au dessus de la famille biologique. D’ailleurs, dans le Parrain, le chef (Al Pacino) fait tuer son frère de sang pour protéger le clan, un acte de violence programmée (cf.Violence programmée chez La Cosa Nostra) !
Il y a bien un « germain » dans la mafia italo-américaine : Joseph « Joe the German » Watts, né en 1942, qui vient d’être condamné à 13 ans de prison pour conspiration de meurtre., celui d’un « associé » (non initié) de la famille Gambino de New York (cf. La Cosa Nostra se porte bien)
De La Cosa Nostra (LCN) : une mafia américaine!
Au mois de juillet, on apprenait le décés de Frank Francis « Big Frank » Colacurcio, à l’âge de 93 ans. Il était surnommé le roi du streap tease, ce « made men » (?) était très influent à Seatle dans l’état de Washigton là où la mafia n’existe pas… (un peu comm en France (cf. Côte d’azur mon amour ). II fut donc très actif dans la tenue de bars, boîtes de nuit, salons de strip-tease, dans le placement de machine à sous et avait des complicités politiques.
En fait, plus on étudie la mafia dite -italo-américaine- plus on la trouve américaine et de moins en moins italienne : streap tease, paris trucés, drogues dans le pays qui en consomme le plus au monde. (cf. Contre les mafias : la régulation publique de la drogue) et surtout criminalité fiancière (cf. Ce 11 septembre qui profite aux mafieux)
Pour en savoir plus, le super article de JF. Gayraud :
Violence programmée chez La Cosa Nostra
Mafias.fr, le site, open source et gratuit, d’information sur les mafias n’en finit pas de publier
L’auteur du texte La Cosa Nostra se porte bien remet le couvert et c’est toujours aussi réussi. Avec un soucis du détail qui nous plonge dans l’univers des mafieux italo-américains, Antoine Diaz enrichit la pauvre prodution de ce site en matière de mafia itlalo-américaine ; un seul article (cf. Un boss de La Cosa Nostra se livre au FBI).
Il faut dire qu’avec 4 mafias en Italie, il y a déjà faire… mais surtout, il est difficile de « maîtriser » une mafia quand on ne lit pas avec aisance les sources dans la langue du pays d’origine. Ici, le texte transpire le terrain racconté par des acteurs américains. J’adore apprendre que le mafieux de la rue est nommé « chat de goutière ». Enfin, l’auteur du texte a toujours ce petit regard moral qui me sied (cf. Mafia et différences) mais il ne conditione pas l’analyse comme en témoigne l’élaboration d’une typologie de la violence mafieuse outre-atlantique (photo en hommage au film Donnie Brasco)
Click and enjoy :
Tout cela pour vous parler de mafia et politique…
En ce 14 juillet 2002, tous les capi-mandamenti, les chefs d’une circonscription mafieuse regroupant au moins trois familles de la province d’Agrigento (3ème province mafieuse après Palerme et Trapani) sont réunis à Santa Margherita Belice. Il s’agit de nommer un nouveau chef de province aprés l’arrestation de Calogero Di Caro, boss de Canicatti. Il y a un favori en la personne de Maurizio Di Gatti soutenu par Antonino Giuffré (numéro 2 de Cosa nostra à l’époque ) mais affaibli par l’arrestation de Giuffré le 17 avril 2002). Ainsi, la réunion déclare Giuseppe Falsone (cf. Arrêté grâce aux écoutes… il se cachait à Marseille) nouveau capo della provincia car il est soutenu par Bernardo Provenzano, le « number one » de l’époque (cf. L’arrestation du chef de la mafia : une victoire à point nommé ).
La réunion est à peine terminée quand la police commence à faire irruption dans la demeure. Comme à Apalchin en 1957, les chefs mafieux s’envolent tels des moineaux. Maurizio Di Gatti, le perdant et Giuseppe Falsone le vainqueur sont partis un peu avant la fin réunion. Ils ne sont pas dans les mailles de la police.
En dépit de sa liberté, le vaincu Maurizio De Gatti a peur. Il faut dire que pendant un an, il agit comme le futur chef de province car Antonino Giuffré a fait croire à toutes les familles d’Agrigento dans le dos de Bernardo Provenzano (affaibli par une mauvaise prostate qu’il se fera retirer en 2003 en France…) que le grade de Maurizio de Gatti avaient été décidé par Provenzano lui même (vous avez du mal à suivre…). c’est pas grave moi aussi
). Maurizio De Gatti a perdu le poste mais passe aussi pour un menteur, un traître (au sein de cosa nostra le mensonge est interdit…) sent qu’il est un cadavre ambulant. Plus les années passent plus il pense qu’il va être assassiné d’autant plus que son soutien, Antonino Giuffré, a décidé de collaborer avec la justice (cf. MafiaS et trahisonS au regard des sciences sociales)
Naturellement, une fois arrêté en décembre 2006, Maurizio Di Gatti devient un collaborateur de justice et non pas un « repenti » puisqu’il ne se repent de rien. Il collabore car il a peur de mourir. Il est dans un cul de sac, celui de la mafia et de sa violence programmée. En revanche, sa collaboration doit être totale. A telle enseigne qu’il dénonce ses frères comme était membre de Cosa nostra ; l’un d’entre se suicide en prison fin décembre 2006!
Sa collaboration, pleine, évoque le rapport entre mafia et politique. Selon le collaborateur de l’état de droit, Maurizio De Gatti, le conseiller régional Michele Cimino aurait détourné des fonds publics pour la construction d’un très grand centre commercial à Castrofilippo “Le Vigne”, le long de la route nationale 640 reliant Agrigento à Caltanissetta. Il aurait aussi assuré son élection en 2006 grâce aux voix des familles mafieuses, qui, en échange, auraient obtenu des appels d’offre concernant la construction en question ; décidement les centres commerciaux… (cf. Vengeance transversale ou conséquence de la mondialisation?).
Nous sommes en présence d’un paradigme concernant les rapports entre la mafia et le politique cad des voix contre des appels d’offre.
Au mois de septembre dernier, le député Michele Cimino est arrêté et au début du mois de novembre, c’est au tour de son père qui servait d’intermédiaire entre les familles mafieuses et son fils le politicien…. une affaire de » famille ».
PS : le fils politicien, le père entrepreneur et le mafieux forment un corps social criminel (cf. « Bourgeoise mafieuse ».
La Cosa Nostra se porte bien
Mafias.fr devient une maison d’édition
Le temps manque pour traiter de la mafia -dite- italo-américaine (cf. Un boss de La Cosa Nostra se livre au FBI), mais ayant un lecteur assidu qui laisse des commentaires très interessants, j’ai insisté pour qu’il produise un texte. Je publie, enfin
ce document (en pdf ci dessous) qui démontre la bonne santé de la mafia italo-américaine, La Cosa Nostra (dénominaiton officiel FBI).
Du point de vue de la forme, ce texte, à mi chemin entre l’analyse et le journalisme d’investigation est très plaisant à lire. Lorsque l’auteur décrit les rivalités entre un groupe d’Albanais et une famille de New-York, on a l’impression d’y être. Du point de vue du fond, de nombreux élements sont riches d’enseignement.
Tout d’abord, à l’image des Little Italies qui disparaissent, (voir photo de Mulberry Street en 1900 en haut)… La Cosa Nostra est une mafia américaine qui croit au coeur d’un sytsème ploutocratique. Ensuite, si on tient compte du dynamisme de cette mafia, on comprend aisement qu’elle peut être à l’origine de la reprise en main de la ville de Montreal (cf. Montréal : opération « extermination »)


