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Itv JOL Presse : antimafia

Propos recueillis par Louise Michel D. pour JOL Press

Selon les chiffres d’un insitut statistique italien, la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, aurait engrangé 53 milliards de chiffres d’affaires sur l’année 2013: des entrées d’argent équivalentes à celles générés par la Deutsche Bank et McDonald’s réunis. Quelles sont les activités criminelles les plus fructueuses de cette puissante mafia? Quels sont les moyens développés par l’Italie pour la combattre? Explications de Fabrice Rizzoli, spécialiste de la criminalité organisée et des mafias, auteur du «Petit dictionnaire énervé de la mafia».

JOL Press : Selon les chiffres diffusé par institut, la‘Ndrangheta aurait engrangé 53 milliards de chiffres d’affaires sur l’année 2013. Quelles sont les activités criminelles les plus juteuses pour la mafia calabraise ?

Fabrice Rizzoli : La mafia calabraise engrange des milliards. Le trafic drogue est le premier facteur d’accumulation du capital : cela représente environ 40% des fonds engrangés par la mafia calabraise qui a fait du trafic de cocaïne sa spécialité. L’un des plus grands ports européens de transit de marchandises se trouve en Calabre : un atout majeur pour son trafic. Au-delà de la cocaïne, il y a des cultures de cannabis énormes en Calabre. Concernant les autres trafics, figurent la contrebande, le racket, et surtout les revenus de l’économie légale, puisque la mafia calabraise, comme la plupart des autres mafias blanchit son argent dans  l’économie légale, et gagne de l’argent. Rappelons que la mafia calabraise est aujourd’hui la plus puissante des quatre mafias italiennes : elle génère plus d’argent car elle a plus de membres et moins de collaborateurs de justice, ces  mafieux qui sortent du clan et qui témoignent devant la justice. Jusqu’en 1990, l’Etat italien a également concentré ses efforts sur la mafia sicilienne et moins sur la mafia calabraise.

JOL Press : En quoi la mafia calabraise freine-t-elle le développement économique de la région ?

Fabrice Rizzoli : Si l’on croit à l’économie de marché, et que l’on estime que l’un des points cardinaux de cette économie de marché repose sur la concurrence – qui permet de faire baisser les prix et de donner sa chance à tout le monde – on s’aperçoit que la mafia « tue » la concurrence. Un honnête entrepreneur qui veut créer un magasin de chaussures, n’a pas commencé à mettre la première pierre qu’il devra déjà verser de l’argent à la mafia. Les personnes ou entreprises qui refusent de payer, voient leur tracteur volé ou leur hangar brûlé. Ce climat-là ne peut pas être propice au développement économique de la région défavorisée.  Un énorme flux d’argent sale circule mais le niveau industriel et le niveau de service sont extrêmement faibles. L’état des routes est pitoyable, sans parler de celui des hôpitaux… Dans un pays riche –  cinquième puissance industrielle au monde et la troisième en Europe –  l’Italie du Sud affiche pourtant un développement extrêmement bas : la mafia y restreint les initiatives individuelles, freine l’esprit d’entreprendre, fait souffrir les entrepreneurs, et rend complice les comptables, les banquiers, les avocats…

JOL Press : Combien la mafia calabraise compte-t-elle aujourd’hui d’affiliés ? Est-il facile de l’infiltrer ?

Fabrice Rizzoli : Selon mes sources, la mafia calabraise regrouperait aujourd’hui 7500 affiliés. La mafia calabraise comporte une spécificité par rapport aux autres mafias : pour y entrer il faut avoir un lien de sang : il faut être fils de, frère de, ou marié à la fille ou encore à la soeur d’un mafieux.  Par les enfants communs, les sangs des deux familles –celle qui n’était pas de la mafia et celle qui en faisait partie – se mélange et on accepte la filiation.

Il faut savoir que l’on n’ « infiltre » pas les mafias. Il existe cependant des méthodes qui permettent de connaître la mafia : le témoignage de l’intérieur. Ceux qui ont une carrière professionnelle de mafieux pendant dix, quinze ans, sont protégés par la police, mais témoigner sur tous leurs avoirs, déclarer tous leurs biens, sinon ils perdent leur protection. Environ 3000 mafieux sont sortis du système depuis 1991 : ils témoignent à tous les procès, répondent aux journalistes et aux chercheurs. On connaît très bien le phénomène mafieux, mais un peu moins, la mafia calabraise, car nous avons moins de collaborateurs de justice.

JOL Press: Le Pape François s’est lancé dans une véritable lutte anti-mafia, en appelant à la mobilisation de la population. Comment l’Etat italien combat-il concrètement la mafia ?

Fabrice Rizzoli : L’Italie a les meilleurs outils juridiques au monde pour lutter contre la mafia, de telle sorte qu’une commission parlementaire européenne a travaillé pendant 18 mois et a demandé aux Etats membres de s’inspirer de l’Italie. On parle de la mafia italienne, mais on ne parle pas beaucoup des autres mafias en Europe. La mesure phare mise en place par le gouvernement italien vise à confisquer des biens et les redonner à la société civile. En Calabre, le terrain agricole d’un mafieux est ainsi transformé en une coopérative qui produit des olives. Il faut savoir que les mafieux préfèreraient être jetés en prison plutôt qu’on leur confisque leurs biens. Pour eux, la prison est une épreuve de virilité. « Quel homme d’honneur serais-je si je ne jamais fait un jour de prison ? » disent-ils. Ils détestent qu’on leur confisque leur bien, mais encore plus lorsque ceux-ci ont été transformés en associations, centres culturels, coopératives : car l’Etat arrive à montrer qu’il est plus fort que le pouvoir mafieux. La confiscation sans condamnation pénale du propriétaire est la clé de la lutte anti-mafia.

JOL Press: Les mafieux arrivent-ils vraiment à se repentir ou bien le risque de rechute est-il élevé ?

Fabrice Rizzoli : Il y a extrêmement peu de rechute en Italie, puisque c’est de l’ordre de 5%. Il arrive que certains mafieux craquent psychologiquement sur leur nouvelle vie - à force d’être isolés dans le nord de l’Italie, dans une petite commune, à gagner 1200 euros par mois alors qu’ils brassaient des centaines milliers – et qu’ils rechutent en faisant un trafic par exemple. Mais lorsqu’un mafieux a quitté son clan, témoigné contre lui, c’est extrêmement dangereux pour lui de retourner dans sa ville d’origine de tenter de reprendre le pouvoir mafieux. Certains l’ont payé de leur vie.

JOL Press: Comment expliquer l’implantation de la mafia italienne en France : est-ce juste un lieu de repli ou est-ce également un lieu de blanchiment ?

Fabrice Rizzoli : La France est effectivement un lieu de refuge pour la mafia italienne. Dans les années 80, lorsqu’il y avait des guerres de mafias calabraises qui ont fait des milliers de morts, des mafieux venaient se réfugier en France pour ne pas être assassinés, ni se faire arrêter par la police italienne. Ils profitaient ainsi de la diaspora puisqu’il y a une très grande communauté calabraise sur la Côte d’Azur. Ils peuvent faire du trafic : l’année dernière, un laboratoire de cocaïne a par exemple été démantelé sur les hauteurs de Nice. Les mafieux italo-français ont donc le monopole de l’approvisionnement de la cocaïne sur la Côte d’Azur et dealent avec les cités françaises. La France est également une terre de blanchiment.


Mafias italiennes et grandes surfaces… par fabricerizzoli

Propos recueillis par Louise Michel D. pour JOL Press

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Fabrice Rizzoli est docteur en science politique, spécialiste de la criminalité organisée et des mafias. Il a été secrétaire général de l’Observatoire géopolitique des criminalités de 2008 à 2012 et est responsable du bureau FLARE Network France. Il intervient régulièrement comme conférencier sur ces thèmes et a écrit Le petit dictionnaire énervé de la mafia, Les Editions de l’Opportun, 2012.

Boom Boom à Toronto : le revanche Rizzuto en marche?

24 avril 2014, Carmine Verduci, 56 ans, sort sur le parking du « Regina Sports Café » de Woodbridge dans la banlieue de Toronto. Le café est connu depuis plus de 20 ans pour être un lieu fréquenté par la mafia. . Des sicaires l’abattent froidement.

Verduci né à Oppido Mamertina (Calabre) où règne le clan Mammoliti (cf. Le triomphe de l’omertà?) était de nationalité canadienne. Il s’agit d’un boss de la mafia italo-canadienne de la branche calabraise (cf. Article Wiseguy)

Il faisait la jonction entre les clans canadiens et la Calabre mais il avait du interrompre ses déplacements entre les 2 pays après l’opération « Crimine 2″ menée en mars 2011 (cf.300 arrestations et Thunder bay . La justice recherchait Verduci pour association mafieuse en Italie mais sa nationalité canadienne empêchant toute extradition. Parce qu’un pays ne reconnaît pas le délit d’association mafieuse (cf. explications), il refuse d’extrader ses ressortissants accusé de ce crime dans un autre pays (cf. . La justice mafieuse vient de passer plus vite que la justice de l’Etat de droit.

Il s’agit certainement d’une vengeance du clan Rizzuto :

Vito Rizzuto transgresse une règle de La Cosa Nostra

Moomba!

Extermination suite et fin?

Antonello Mangano auteur de « Zenobia » à Paris

Jeudi 5 décembre 2013

19h

MARCOVALDO LIBRERIA-CAFFE

au 61, rue Charlot – 75003 – Paris

Antonello Mangano, journaliste et fondateur du site terrelibere.org, présente son dernier livre :

Zenobia

Dalla Salerno-Reggio Calabria ai cantieri del Nord. Il laboratorio dei rapporti tra ‘ndrangheta e imprese

Rencontre en italien modérée par Silvia Caccia de Libera France

Le concept de « narco-comptoir » cité sur BFMtv

Comment vous ne le savez pas, j’ai inventé le concept de narco-comptoirs pour les mafias italiennes (cf.  publication revue OGC). Et hop Super Harold dans sa chronique géopolitique a utilisé ce terme pour l’arrestation de Roberto Pannunzi, le «Copernic de la cocaïne». Mais qui a bien pu lui souffler? :)

 

Roberto Pannunzi, le «Copernic de la cocaïne» de retour en Italie

PanunziIl est considéré comme l’un des plus grands trafiquants de cocaïne du monde. L’Italien Roberto Pannunzi a été arrêté jeudi 4 juillet en Colombie, avant d’être expulsé (cf.Un mafieux calabrais arrêté à Medellin (Colombie). Il est arrivé hier samedi sous escorte policière en Italie. Selon les autorités italiennes, ce chef mafieux est le seul à pouvoir organiser l’achat et la vente de cargaisons de plus de trois tonnes de drogue. Histoire de son ascension.

La cavale de Roberto Pannunzi aura duré un peu plus de trois ans. Condamné en Italie à seize ans et demi de prison pour trafic de stupéfiants, il était parvenu à deux reprises à se faire la belle, la dernière fois en 2010 alors qu’il était en résidence surveillée en raison de problèmes cardiaques.

Sexagénaire, ses ennuis de santé ne l’avaient en tout cas pas empêché de reprendre du service, et de s’imposer comme le plus grand négociant de cocaïne au monde.

Sans être formellement affilié à un clan mafieux, Roberto Pannunzi était l’intermédiaire de référence entre le cartel de Medellin et les parrains mexicains d’un côté et, de l’autre, la ‘Ndrangheta calabraise et la Cosa Nostra sicilienne.

Le courtier des trafiquants

Ce qui fait dire à l’écrivain Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra, que Roberto Pannunzi n’était pas à proprement parlé un boss de la mafia, mais plutôt un « broker », c’est-à-dire un courtier, qui a su inventer de nouvelles formes de trafic et s’adapter comme nul autre aux évolutions du marché, au point de le surnommer « le Copernic de la cocaïne ».

Du côté des magistrats italiens, on se réjouit bien sûr de la capture de Pannunzi, mais on espère cette fois qu’il ne sera pas placé en résidence surveillée. Un procureur calabrais a confié : « C’est épuisant de devoir faire à chaque fois le tour du monde pour le retrouver. » C’est normal, les mafieux ont créer narco-comptoirs en Amérique latine.

France 3 Côte d’Azur : « le clan des Calabrais »

Communiqué de presse : « Le clan des calabrais »

Voir 'Ndrangheta dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia... et de l'antimafia

Lutter contre la «‘Ndrangheta», la mafia calabraise, c’est lutter contre l’invisible, l’impalpable… (cf. Présences mafieuses en France)

Et même si les états ou les sociétés civiles parviennent à s’en approcher, la ‘Ndrangheta a bien souvent une longueur d’avance.

Inverser cette tendance, voilà les objectifs que se sont fixés les témoins de notre enquête. Une croisade contre le mal mafieux… (cf. Côte d’azur mon amour 2)

‘Ndrangheta : l’omerta brisée

Un reportage de 26’ de France Montagne – Adrien Gathe – Richard De Silvestro – Montage-graphisme : Alexandre Taba Traduction : Josette Sanna – Violette Del Veccio

Bordighera, une petite ville italienne à quelques kilomètres de Menton.Seule contre tous, une conseillère municipale s’est dressée contre l’une des plus vieilles organisations mafieuses italiennes, en brisant la loi du silence. Désormais, sa vie ne sera plus jamais la même. Depuis trois ans, elle vit sous la protection de la police italienne. C’est le prix à payer pour avoir fait trembler la ‘Ndrangheta.

‘Ndrangheta : un cancer mafieux

Un reportage de 26’ de France Montagne – Adrien Gathe – Richard De Silvestro – Montage-graphisme : Alexandre Taba Traduction : Josette Sanna – Violette Del Veccio

La mise sous tutelle de Bordighera et de Vintimille par l’Etat italien, a dévoilé la main mise de la mafia calabraise en Ligurie (cf. Mafias.fr dans « Quoi » : l’actu expliquée).

Un système révélé par l’arrestation des frères Pellegrino, entrepreneurs BTP en Italie, mais aussi en France. Trois des quatre frères ont été jugés en septembre 2011 par la justice italienne. Ils ont été reconnus coupables de menaces de mort, de corruption, de tentative d’extorsion, d’exploitation de la prostitution et d’association mafieuse. Un séisme judiciaire, dont les failles laissent entrevoir un mal qui gangrène la Côte d’Azur (cf. Mafia sur la côte d’azur).


« Le clan des calabrais » (EDR – 24.05.2013) par france3cotedazur

30 avril 1982 : Pio Latorre, le père de la confiscation avec le cinéma itinérant antimafia

Voir "confiscation" dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia

De la prédation mafieuse à l'intérêt général

En 1980 un député communiste, Pio La Torre, proposait une loi géniale contre les mafias : l’association mafieuse. Il proposa aussi une loi de confiscation révolutionnaire contre les mafias (expliqué dans le Petit dico vénère ou Ici). La loi de confiscation préventive (administrative) sera promulguée en 1982 après son assassinat. Puis, en 1996, la société civile obtiendra la redistribution de ces biens (cf. L’arme qui peut tuer la mafia : la réutilisation des biens confisqués). Voici le résultat : la maison des mafieux transformée caserne de la Garde des Finances à Goia Tauro (cf.Le port-conteneur de la ‘Ndrangheta).

Retrouver la dernière vidéo (tous les autres sur le site de FLARE France à droite qui montre le pouvoir de la confiscation-restitution. Ici, il s’agit d’une série de documentaires sur l’huile d’olive en méditerranée (Grèce, Espagne…) et sur l’Italie, 18 minute d’huile d’olive antimafia.

 

Et financez la venue du cinéma antimafia en France

avant le 21 mai 2013

Voir "cinéma" dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia

A Paris? Oui mais il faut participer :)

Pour venir à Paris mais aussi à Marseille et à Duisbourg, Cinemovel a besoin de 5 000 euros.

Vous pouvez contribuer à l’aide de la plateforme KissKissBankBank.

En échange d’un service :

- 5 euros et votre nom sera cité sur le site internet

- 15 euros : l’affiche

- 35 euros : le DVD de la campagne…

Vous avez jusqu’au 21 mai. Après cette date, si Cinemovel n’a pas récolté 5 000 euros, l’argent sera rendu aux contributeurs.

Cliquez : Cinéma antimafia

Les narco-comptoirs des mafias italiennes en Amérique latine

Les narco-comptoirs des mafias italiennes en Amérique latine

Quelques éléments historiques de géopolitique

Par Fabrice Rizzoli

Les acteurs criminalisés qui  prospèrent  dans certains territoires précis dérogent totalement aux règles du système légal. Pour contrôler le secteur concerné, ils imposent mêmes leurs règles à la collectivité.

Cependant leurs réseaux et les flux de diverses natures qu’ils véhiculent s’articulent, et sont relayés, bien au-delà des frontières de ces espaces de non-droit, capables même de se projeter et d’opérer à l’échelle transnationale. C’est ce qu’illustre l’article de Fabrice Rizzoli sur les « narco- comptoirs » latino-américains des mafias italiennes.

La série de visuels de cette enquête principalement historique met en évidence la persistance dans le temps entre organisations mafieuses des deux côtés de l’Atlantique, et l’étendue des liens tissés depuis des dizaines d’années. Cliquez : Revue OGC

Un de mes élèves se déchaine

Voir le petit dictionnaire énervé de la mafiaDans le cadre du cours de CRIMINALITE ORGANISEE ET TERRORISME aux Hautes Etudes Internationales, les élèves sont invités pour le contrôle continu à trouver un article sur la criminalité organisée (merci Crimorg.com) et à le commenter. Un de mes élèves s’est déchaîné sur les mafias italiennes

Communiqué du site crimorg.com, le 13 janvier 2012 :

« Antonio Gagliardi, 41 ans, a été abattu de 5 balles de 7.65 alors qu’il sortait du domicile de sa compagne à Lamezia Terne. Connu pour trafic de stupéfiants, il était surtout un membre de la famille du repenti de la ‘Ndrangheta Umberto Egidio Muraca. On ignore s’il s’agit d’un « simple » règlement de comptes ou d’une « vengeance transversale » visant le repenti. »

A partir de ce communiqué, il est possible de retenir trois grands axes clés démontrant l’implication du
système mafieux dans cette affaire. En effet, au-delà de la simple mention de la ‘Ndrangheta, organisation mafieuse calabraise, on peut retenir deux autres éléments principaux montrant l’empreinte d’un système criminel de type organisé (et non de type gang local) dans cette affaire : le lien avec le trafic de stupéfiants, ainsi que la méthode utilisée du règlement de comptes (la vengeance transversale…). Détaillons en quelques lignes les points clés montrant un rouage du système mafieux abordé par le prisme de l’élimination d’un de ses membres.

I) Le trafic de stupéfiants au cœur de l’affaire
– 11eme critère de la Commission Européenne (retravaillé par le groupe d’experts sur le crime organisé du Conseil de l’Europe en 1997) => l’organisation agit pour le profit et le pouvoir.
– Or, le trafic de drogue reste l’activité la plus rentable avec 27,24 milliards d’euros par an (62 % du revenu total (cf. (cf. United of colors of dealers).)
– 80 % de la cocaïne en Europe, transite par la `Ndrangheta en Italie (cf. ‘Ndrangheta export).
– La Ndrangheta a supplanté la Cosa Nostra pour le trafic de drogue, notamment en provenance de Colombie et sous l’influence de Toto Miceli et de Stefano de Pascale (coordinateur financier).

II) Le lien avec la ‘Ndrangheta
– Selon le dernier rapport d’Eurispes, institut de données économiques, sociales et politiques sur le crime organisé en Italie, la `Ndrangheta, la mafia calabraise, serait devenue la plus riche et la plus puissante organisation criminelle d’Italie, devant Cosa Nostra cf. « mafia number one » .
– Cette analyse confirme le dernier rapport de la commission parlementaire antimafia et des services de
renseignements italien (art 13). Récemment, les États-Unis ont décidé d’inscrire sur sa liste noire la `Ndrangheta comme étant l’organisation criminelle la plus puissante au monde, considérant que la mafia calabraise avait infiltré une grande partie de l’économie américaine.
– Au-delà de la criminalité en réseau, cet article court évoque le lien avec la criminalité organisée de type « aristocratique » : Gigliardi était un « homme d’honneur » appartenant à la famille (subdivision de la structure mafieuse) d’un repenti (Umberto Muraca).
– Notons à ce titre qu’il y a beaucoup moins de repentis dans la ‘Ndrangheta que dans la Cosa Nostra : les liens entre « honneurs d’honneur » sont plus forts et le verrouillage des « institutions mafieuses » plus étroit.
III) La méthode du règlement de comptes et les rites mafieux
– Le code d’honneur des mafias permet le « règlement de comptes » entre mafieux, si un litige oppose des hommes d’honneur, mais la vendetta n’a pas pour objective d’être transformée en « vengeance transversale ». Dans ce cas de figure dangereux pour la structure mafieuse, des familles s’opposent pour le contrôle des territoires (ex : une famille empiète sur le territoire d’une autre). La commission provinciale (mafieuse) qui règle normalement les conflits au niveau d’une province (subdivision du territoire) entre familles semble avoir perdu de l’influence ou autorisé la suppression d’un gêneur (après préavis), dont les liens avec un repenti pouvaient constituer un danger. (ex : collaboration avec les autorités). Rappelons à ce titre que l’engagement dans la structure mafieuse, contracté parfois dès 14 ans, est initiatique (on signe avec du sang versé), et irréversible : on ne peut quitter la mafia (sauf en changeant d’identité et de pays).
– Ceci est rappelé par les critères 4 et 7 de la Commission Européenne retravaillés par le groupe d’experts sur le crime organisé du Conseil de l’Europe (1997) : « forme de discipline et de contrôle » « recourant à la violence ou à d’autres moyens d’intimidation ». (Ex : Massacre de Duisbourg de 2007 => on s’est mis à connaître la ‘Ndrangheta peu à peu.)
– La mafia est une société secrète et non un gang. On n’y rentre pas par copinage, mais par initiation. Il s’agit d’une cérémonie lors de laquelle le « novice » est piqué au doigt par son « parrain » (le représentant d’une famille) ; lorsque coule une goutte de sang, ce dernier avertit « Ceci est un lien de sang. Ton allégeance à Cosa Nostra (Notre Chose) est scellée par le sang. Si tu viole ton serment, ton sang coulera ».
Samuel Rimbaud

Le restaurateur contre le racket

Voir "antimafia", "extorsion" et "pizzo" dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia

L'Academia

Filippo Cogliandro a dit NON au racket comme d’autres (cf. Un homme protégé par l’état de droit résiste!).

A Motte San Giovanni, Filippo anime le restaurant l’Academia et quand il picciotto du clan est venu lui demander le pizzo, il a appelé la police. Dans le cadre d’un reporte plus large sur la mafia calabraise (13-15), les journalistes de France 2 l’ont rencontré :


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