Articles avec le tag ‘violence programmée’

La mafia de Trapani se rebiffe

Procureur de Trapani

Les mafieux avaient placé des micro-espion à côté d’une porte du Tribunal de Trapani (province occidentale de l’île). Il s’agit d’une entrée est réservée aux magistrats, dans une zone fermée au public et surveillée par des caméras (cf. . Mais le micro ne disposait pas de circuits pour la transmission du signal radio. Il s’agirait donc d’un acte d’intimidation.

La mafia de trapani n’apprécie pas que la magistrature face une politique Terre brûlée autour du boss Matteo Messina Denaro. Dés débats ont lieu au sein de Cosa nostra pour reprendre la politique de la dynamique (cf.12 janvier 2002, un étudiant et un colloque sur les attentats de 1992-1993 ). C’est Matteo Messina Denaro, le boss de Trapani influent sur toute la Sicile qui aurait mis son véto à la reprise du terrorisme mafieux (cf. Le cercle se ressère autour de Matteo Messina Denaro). Les clans appliquent donc la leçon numéro 1 du manuel mafieux en matière de la violence programmée : la menace.

Au mois d’août, un procureur de Trapani a reçu une lettre avec des menaces de mort et une balle de 9mm. Le mois d’avant, des soldats avaient écrit des menaces de mort dans un ascenseur d’un immeuble de Palerme, immeuble où le magistrat possède un appartement. La police a renforcé les mesures de sécurité autour des magistrats menacés.

Mais la meilleur protection est la puissance de l’Etat et de la société civile.

Mafias.fr, France 2 : le Quebec rongé par a mafia

Aprés l’arrestation du maire de Montréal, nous publiions à nouveau l’ITV de l’auteur du Petit Dictionnaire Enervé de la Mafia sur la mafia au Canada (cf.Moomba! Extermination suite et fin?). L’ITV de France 2 a eu lieu dans les locaux d’Ethicando 6 rue de la grange aux Belles 75010 Paris où on pouvait déguster des produits des coopératives sociales et solidaires sur des terres confisqués aux mafieux.

Vite, le local des gangsters canadiens doit devenir un centre d’accueil pour les jeunes en difficultés des quartiers tenus par les Crips. VITE, le Canada peut le faire!

 

Arrestation du boss qui menace un journaliste

Une balle dans la bouche pour le journaliste curieux

Voir "journalisme et mafia" dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia

Giovanni dédicace son livre

En janvier 2012 une alerte avait été lancée. Elle arrivait tout droit d’Italie, de l’Emilie Romagne. Un journaliste, Giovanni Tizian venait d’être mis sous escorte policière suite à une série d’articles qui révélait la présence de clans de la ‘ndrangheta (la mafia calabraise) dans le nord de l’Italie, notamment dans la région de Bologne. Cette information relayée en France par Reporters Sans Frontières, nous fut immédiatement confirmée par Libera Bologne. Nous avions réalisé une interview de Giovanni Tizian en juillet 2012 que Rue 89 avait diffusée et qui mettait en exergue l’implantation des clans mafieux dans le Sud de la France. Le journaliste Federico Lacche directeur éditorial de Libera Radio Bologne, nous a récemment informés de l’arrestation du Clan qui menaçait Giovanni Tizian. L’extrême prudence reste de rigueur en Italie, l’escorte est maintenue, mais c’est un pas important vers le retour à la normalité. Le chef de ce Clan, Rocco Femia, avait été mis sur écoute par la Brigade Financière italienne et suite à une conversation alarmante entre le boss mafieux et un entrepreneur qui était son obligé, décision fut prise d’une protection policière.  Le document que nous vous proposons est donc l’interception de cet échange téléphonique. Libera Bologne nous l’a faite parvenir afin que nous puissions comprendre la réalité qui est celle de l’Italie d’aujourd’hui et à laquelle nous ferions bien de prêter la plus grande attention.

Guillaume Origoni.

Du même auteur

Le renseignement contre les mafias

Naples : les boss de la Camorra acclamé

« La plage » : un film de Guillaume Origoni avec Antonino Agostino…

Politique et Antimafia

Voir "politique" dans le Petit dictionnaire énervé de la mafiaDans la commune de Bordighera, pour avoir refusé d’ouvrir une salle de jeu aux mains de la mafia calabraise, la conseillère municipale Donatella Albano a été menacée (cf. Contre la violence programmée : la collaboration de Monica). Elle a tenu bon et la justice italienne a fait sa part en arrêtant les mafieux. Mais aujourd’hui, nombre d’habitants de Bordighera en veulent à ce femme d’avoir jeter l’opprobre sur la ville... Elle a en réalité interrompu le lien entre mafia et politique (cf. Documentation française). Retrouver son itv par France 2 :

 

Un de mes élèves se déchaine

Voir le petit dictionnaire énervé de la mafiaDans le cadre du cours de CRIMINALITE ORGANISEE ET TERRORISME aux Hautes Etudes Internationales, les élèves sont invités pour le contrôle continu à trouver un article sur la criminalité organisée (merci Crimorg.com) et à le commenter. Un de mes élèves s’est déchaîné sur les mafias italiennes

Communiqué du site crimorg.com, le 13 janvier 2012 :

« Antonio Gagliardi, 41 ans, a été abattu de 5 balles de 7.65 alors qu’il sortait du domicile de sa compagne à Lamezia Terne. Connu pour trafic de stupéfiants, il était surtout un membre de la famille du repenti de la ‘Ndrangheta Umberto Egidio Muraca. On ignore s’il s’agit d’un « simple » règlement de comptes ou d’une « vengeance transversale » visant le repenti. »

A partir de ce communiqué, il est possible de retenir trois grands axes clés démontrant l’implication du
système mafieux dans cette affaire. En effet, au-delà de la simple mention de la ‘Ndrangheta, organisation mafieuse calabraise, on peut retenir deux autres éléments principaux montrant l’empreinte d’un système criminel de type organisé (et non de type gang local) dans cette affaire : le lien avec le trafic de stupéfiants, ainsi que la méthode utilisée du règlement de comptes (la vengeance transversale…). Détaillons en quelques lignes les points clés montrant un rouage du système mafieux abordé par le prisme de l’élimination d’un de ses membres.

I) Le trafic de stupéfiants au cœur de l’affaire
– 11eme critère de la Commission Européenne (retravaillé par le groupe d’experts sur le crime organisé du Conseil de l’Europe en 1997) => l’organisation agit pour le profit et le pouvoir.
– Or, le trafic de drogue reste l’activité la plus rentable avec 27,24 milliards d’euros par an (62 % du revenu total (cf. (cf. United of colors of dealers).)
– 80 % de la cocaïne en Europe, transite par la `Ndrangheta en Italie (cf. ‘Ndrangheta export).
– La Ndrangheta a supplanté la Cosa Nostra pour le trafic de drogue, notamment en provenance de Colombie et sous l’influence de Toto Miceli et de Stefano de Pascale (coordinateur financier).

II) Le lien avec la ‘Ndrangheta
– Selon le dernier rapport d’Eurispes, institut de données économiques, sociales et politiques sur le crime organisé en Italie, la `Ndrangheta, la mafia calabraise, serait devenue la plus riche et la plus puissante organisation criminelle d’Italie, devant Cosa Nostra cf. « mafia number one » .
– Cette analyse confirme le dernier rapport de la commission parlementaire antimafia et des services de
renseignements italien (art 13). Récemment, les États-Unis ont décidé d’inscrire sur sa liste noire la `Ndrangheta comme étant l’organisation criminelle la plus puissante au monde, considérant que la mafia calabraise avait infiltré une grande partie de l’économie américaine.
– Au-delà de la criminalité en réseau, cet article court évoque le lien avec la criminalité organisée de type « aristocratique » : Gigliardi était un « homme d’honneur » appartenant à la famille (subdivision de la structure mafieuse) d’un repenti (Umberto Muraca).
– Notons à ce titre qu’il y a beaucoup moins de repentis dans la ‘Ndrangheta que dans la Cosa Nostra : les liens entre « honneurs d’honneur » sont plus forts et le verrouillage des « institutions mafieuses » plus étroit.
III) La méthode du règlement de comptes et les rites mafieux
– Le code d’honneur des mafias permet le « règlement de comptes » entre mafieux, si un litige oppose des hommes d’honneur, mais la vendetta n’a pas pour objective d’être transformée en « vengeance transversale ». Dans ce cas de figure dangereux pour la structure mafieuse, des familles s’opposent pour le contrôle des territoires (ex : une famille empiète sur le territoire d’une autre). La commission provinciale (mafieuse) qui règle normalement les conflits au niveau d’une province (subdivision du territoire) entre familles semble avoir perdu de l’influence ou autorisé la suppression d’un gêneur (après préavis), dont les liens avec un repenti pouvaient constituer un danger. (ex : collaboration avec les autorités). Rappelons à ce titre que l’engagement dans la structure mafieuse, contracté parfois dès 14 ans, est initiatique (on signe avec du sang versé), et irréversible : on ne peut quitter la mafia (sauf en changeant d’identité et de pays).
– Ceci est rappelé par les critères 4 et 7 de la Commission Européenne retravaillés par le groupe d’experts sur le crime organisé du Conseil de l’Europe (1997) : « forme de discipline et de contrôle » « recourant à la violence ou à d’autres moyens d’intimidation ». (Ex : Massacre de Duisbourg de 2007 => on s’est mis à connaître la ‘Ndrangheta peu à peu.)
– La mafia est une société secrète et non un gang. On n’y rentre pas par copinage, mais par initiation. Il s’agit d’une cérémonie lors de laquelle le « novice » est piqué au doigt par son « parrain » (le représentant d’une famille) ; lorsque coule une goutte de sang, ce dernier avertit « Ceci est un lien de sang. Ton allégeance à Cosa Nostra (Notre Chose) est scellée par le sang. Si tu viole ton serment, ton sang coulera ».
Samuel Rimbaud

C’dans l’air sur la Corse

Mafias.fr à Avignon

Nicolas Robin est un récidiviste (cf. Orange, GAP : conférences). En collaboration avec le Lycée Saint Jean-Baptiste de le Salle, la séance du jeudi 6 décembre à 20h00 sera suivie d’une rencontre avec Fabrice Rizzoli, docteur en sciences politiques, fin connaisseur de l’Italie, spécialiste de la criminalité organisée et très partiellement de la stratégie de la tension (cf. Les services de renseignement italien et les mafias).

Voir "putsch" et "terrorisme" dans le Petit dictionnaire nervé de la mafiaPIAZZA FONTANA

Marco Tullio GIORDANA – Italie 2012 2h VOSTF – avec Valerio Mastandrea, Pierfrancesco Favino, Michela Cescon, Laura Chiatti… Scénario de Marto Tullio Giordana, Sandro Petraglia et Stefano Rulli.

Du 28/11/12 au 18/12/12

PIAZZA FONTANA C’est un voyage fascinant et inquiétant dans les zones grises de l’histoire récente, dans un monde où la démocratie pactisa avec le fascisme, dans un monde où les méchants et les terroristes n’étaient pas forcément ceux que l’on désignait à la vindicte populaire, dans un monde où la peur servait à gouverner. Retour en 1969 en Italie, au début de ce que l’on appellera les années de plomb. Nous sommes en pleine guerre froide, alors que la contestation contre l’impérialisme américain, embourbé dans sa guerre au Vietnam, est à son comble. Certains pensent à tort ou à raison que l’Italie, pays a priori neutre et dirigé par un gouvernement démocrate-chrétien plus que bienveillant envers le camp occidental, peut basculer de l’autre côté, dans cette période où le parti communiste est extrêmement fort. Les manifestations spectaculaires se multiplient, en même temps que des attentats, de petite envergure certes mais suffisants pour créer un climat de tension qui incite la droite à demander des lois d’exception. Attentats attribués aux anarchistes, nombreux dans le pays également, l’action directe, après les mouvements de 68, étant une option considérée par certains comme légitime.

Le 12 décembre, un événement fait tout basculer : un attentat à une heure d’affluence à la Banque nationale d’Agriculture fait quatorze victimes innocentes et plusieurs mutilés. L’émotion publique est à son comble. On arrête très vite, sans preuves formelles, Valpreda, un illuminé anarchiste exclu de son groupe pour dérive violente. De nombreuses voix s’élèvent pour demander une répression féroce contre les anarchistes. Mais les funérailles nationales des victimes, dans la cathédrale de Milan, sont dignes, la tyrannie de la peur n’ayant pas fonctionné. Et si Valpreda n’était qu’un bouc émissaire rêvé qui arrangerait tout le monde ? La suite

Arrestation à l’aéroport de Rome

La police italienVoir "'Ndrangheta" dans le Petit dictionnaire énervé de la mafiane a interpellé Leone Pezzimenti à son arrivée à l’aéroport de Rome-Fiumicino en provenance de Bruxelles (cf. Lobbying antimafia). Recherché depuis 2010 pour trafic de stupéfiants (cf. ‘Ndrangheta export), il avait été condamné par défaut en mai dernier à 8 ans de prison. Les enquêteurs pensent qu’il était en fuite en Amérique Latine.
Originaire de Melito di Porto Salvo (près de Reggio de Calabre), Pezzimenti est un membre important de la ‘Ndrangheta « mafia number one » . En 2000, il avait été arrêté pour le meurtre de Massimiliano Callea et condamné à 24 ans de prison, avant d’être acquitté en appel. Il est ensuite accusé de s’être implanté sur le marché de la cocaïne à Milan (cf. Milan submergée par la drogue de la ‘Ndrangheta : près de 800 kg de drogue achetés à des trafiquants serbo-monténégrins (cf. United of colors of dealers).

Mafias.fr en Corse

Voir les "solutions" dans le petit dictionnaire énervé de la mafiaInchiesta du 24/10/12 - « Violence, un mal corse »

L’assassinat d’Antoine Sollacaro est le 15ème de l’année en Corse. Ce drame a suscité d’importantes réactions dans le monde judiciaire, mais aussi politique dans l’île et sur le continent et ce jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. Comment enrayer cette situation ? Les solutions proposées par le gouvernement sont-elles adaptées ? La Corse a-t-elle franchi un pas de plus vers la dérive mafieuse (cf.Corse : mafia ou pas mafia? That is the question!) ? Toutes ces questions seront abordées dans INCHIESTA sur la violence en Corse, une émission co-présentée par Sébastien Tieri et Antoine Albertini.

Invités :

- Jean-Sébastien de Casalta, avocat au barreau de Bastia

- Jacques Follorou, journaliste auteur « Les parrains corses« 

- Fabrice Rizzoli, chercheur, auteur de mafias.fr et du « Petit dictionnaire énervé de la mafia« . En mars, il avait été linvité d’inchesta (cf.: la vidéo) puis au mois de mai du magazine Cuntrastu consacré aux mafias et à la lutte contre le crime organisé. Il représente aussi le réseau FLARE qui propose des solutions contre le crime organisé : L’arme qui peut tuer la mafia : la réutilisation des biens confisqués ou Contre le crime organisé : pour une confiscation-redistribution

Cliquez ici pour voir l’émission : Inchiesta du 24 novembre 2012

La République peut-elle encore sauver la Corse de la spirale mafieuse dans laquelle elle s’enfonce?

Mardi, l’assassinat d’Antoine Sollacaro a pris tout le monde de court : personne ne s’attendait à ce que ce symbole du nationalisme corse puisse être pris pour cible. L’avocat, entre autres figures de l’île de Beauté, d’Yvan Colonna, était un lien direct entre les indépendantistes les plus radicaux et la justice.

Atlantico donne la parole pour la 4ème fois au représentant de FLARE en France :

Atlantico : Suite à l’assassinat d’Antoine Sollacaro, figure de l’indépendantisme corse et ancien avocat d’Yvan Colonna, l’avocat marseillais Dominique Mattei a évoqué une attaque contre un « symbole ». En quoi viser un avocat est-il un symbole et en quoi, celui-ci en particulier, peutVoir Voir "collaborateur de justice" dans le petit dictionnaire énervé de la mafia être qualifié ainsi ?

 Fabrice Rizzoli : C’est un homme de loi. Sans faire de hiérarchie absurde, sans être un préfet, un avocat reste un représentant de la loi. Les avocats sont les garants des libertés publiques, même lorsqu’ils défendent des gangsters. Les tuer, c’est tuer le droit. Il y a ici une attaque contre un symbole juridique. Par ailleurs, on tire ici contre l’ambulance ! Antoine Sollacaro ne défendait pas que des gangsters ou des nationalistes, mais il était régulièrement chargé de ces affaires. Habituellement, le crime organisé ne s’attaque pas à ceux qui pourraient un jour leur être utile. Il ne faut pas oublier que la justice assure à tous, même aux pires, d’avoir accès à une défense devant les tribunaux.

 Les individus violents en Corse appartiennent-ils tous à un même groupe ? Nationalistes, réseaux mafieux, grand banditisme sont-ils des entités liées les unes aux autres ?

 La théorie veut que le crime organisé n’ait rien à voir avec le nationalisme. Le nationalisme se rapproche plus du terrorisme. Il a des visées politiques et réclame l’autonomie de l’île. Le crime organisé, lui, n’a d’autre objectif que de faire du business. Peu lui importe le statut de la Corse… La Suite

Faire un don
Search
OGC
Petit dico énervé de la mafia
Mafia (en italien)
Observatoire Géopolitique Criminalités
Site sur la criminalité
Petit dictionnaire énervé de la mafia
Petit dico énervé de la mafia