Articles avec le tag ‘appel d’offre’

Les magistrats de la direction des enquêtes antimafias de Naples ont adressé une demande officielle à la Chambre des députés pour obtenir la levée de l’immunité de Nicola Cosentino, sous-secrétaire à l’économie dans le gouvernement Berlusconi depuis mai 2008 (Gomorra au gouvernement?). L’homme politique en question est le coordinateur du PDL (Parti du Peuple des Libertés, une coalition de divers partis de droite) pour la région Campanie. Pressenti pour être candidat au poste de président de la Région, Cosentino est accusé de complicité d’association mafieuse. Originaire de Casal di Principe (province de Caserta), Nicola Cosentino serait le référent politique du cartel des Casalesi (cf. Une victoire de l’Etat contre les Casalesi ). En tant qu’entrepreneur, Cosentino s’était longtemps vu refusé le « certificat antimafia », un document administratif qui  donne le droit de participer à des appels d’offre pour marchés publics. Le prêfet Elena Stasi lui a accordé avant de devenir députée du PDL avec le soutien de Cosentino.

Les mafieux, les entrepreneurs, les hommes politiques complices forment une « bourgeoisie mafieuse » : « Le système relationnel mafieux est composé de rapports de parenté, d’amitié, d’intérêt, de contiguïté et de complicité. Ce réseau s’affirme dans des conditions de développement comme de sous-développement économique. Ces relations composent un corps social hiérarchiquement organisé. Les catégories sociales les plus pauvres représentent le bassin de recrutement de la main-d’œuvre pour les mafias. Les sommets de l’organisation mafieuse sont capables de sceller un pacte scélérat avec les plus hautes sphères du pouvoir politique et économique, la haute société ». Le tout forme un corps social, un club privé, que le sociologue Umberto Santino qualifie de « bourgeoisie mafieuse » [Santino (Umberto), L’alleanza e il compromesso (mafia e politica dai tempi di Lima e d’Andreotti ai nostri giorni), éditions Rubbettino, Soveria Manelli, 324 pages, 1997, pp. 5-9.].

Les députés vont-ils voter pour la levée de l’immunité de leur collègue?


On nomme, de manière générale,  « écomafia », les activités des mafias qui altèrent l’environnement. Cette semaine, la Garde des finances a saisi les actes de la procédure d’un appel d’offre concernant la récolte et le traitement des déchets à Gela. Gela est une ville côtière en Sicile orientale dont on peut voir une photo aérienne à gauche.
Le marché public en question avoisine les 22 millions d’euros. Une seule entreprise avait concouru à cette adjudication. Elle l’avait remporté en proposant un prix de 0,1 % inférieur à celui demandé par l’administration. Rosario Crocetta (cf. Rosario Crocetta obsède la mafia), le maire ouvertement antimafia de Gela et le nouveau sénateur du Parti Démocrate de gauche, Giuseppe Lumia, ont demandé l’ouverture d’une enquête pour infiltration mafieuse.
D’après l’association Legambiente, les « écomafias » représentent, pour les mafias italiennes, 23 milliards d’euros de chiffre d’affaire par an. Ce chiffre ne concerne que les déchets non déclarés. A ces 23 milliards s’ajoutent les gains des sociétés de récolte et de traitement des déchets qui sont proches des clans.

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