Articles avec le tag ‘capo-societa’

1. Tour de table macabre

Le 25 novembre, la police a arrêté 24 personnes appartenant à un cartel de familles mafieuses. Originaire de Papanice dans l’arrière-pays de Crotone en Calabre, le cartel semble être devenu maître du chef lieu après un affrontement avec une faction rival ( La guerre des ‘ndrines de Crotone n’épargne pas les enfants ).

Cette hégémonie a fait perdre la raison aux capo-societa (chefs de famille). Ces derniers avaient commencé un tour de table des différentes familles pour payer un tueur. Celui-ci aurait dû assassiner le magistrat Pierpaolo Bruni.

Ce sont des écoutes (téléphoniques et autres) et les déclarations d’un collaborateur de justice (« repenti ») qui ont permit de déjouer le complot. La police a saisi une plantation de cannabis (estimé à 1 million d’euros), un bazooka, un fusil à lunette qui devait être utilisé pour tuer le magistrat. Les policiers ont aussi procédé à de nombreuses perquisitions à l’encontre d’entrepreneurs et de fonctionnaires. Tous sont impliqués dans un scandale financier dans le cadre de la construction d’un site touristique… suite demain.

mafia TGSamedi 29 mars 2008, à Policastro dans la province de Crotone, Giuseppe Liotti, 61 ans se déplace sur un scooter lorsqu’il reçoit deux balles de calibre 9 millimètre sous le bras. Ces jours ne seraient pas en danger. La victime, connue des services de police, faisait l’objet d’une mesure de contrôle judiciaire. Les enquêteurs ne savent pas encore s’il y a un lien avec la guerre des ‘ndrines de Crotone. Les magistrats lancent un appel à l’Etat pour obtenir du renfort. A Crotone, sur six magistrats instructeurs, deux seulement sont en fonction.

Pendant que l’Etat patine, le chef de la ‘ndrine, Domenico Megna, incarcéré pour purger une peine de 26 ans de prison et dont le fils a été tué samedi 22 mars (cf. art. 23) tente de montrer sa puissance. Pour communiquer avec les autres capi-bastone, il se manifeste par l’intermédiaire de sa fille qui s’est exprimée au journal télévisé de la première chaîne publique italienne (Tg1). « mon père veut la paix… j’ai pardonné aux assassins de mon frère et il faut prier pour ma nièce toujours dans le coma »

Il n’est pas acceptable que les mafieux appellent à la paix. Ils sont responsables de la violence. La ‘ndrine Megna a déjà commis un acte de vengeance. D’après les enquêteurs, elle a fait assassiner Francesco Capicchiano jeudi dernier (cf. art 27). Ce dernier était un des membres du commando qui a tué Luca Megna. En effet, la victime, avant d’être criblé de balles, a tenté une manœuvre au volant de sa voiture. Il aurait percuté un de ses tueurs. Celui-ci touché au genou s’est fait soigner à l’hôpital de Castrovillari sous un nom d’emprunt. Un médecin a reconnu Francesco Capicchiano sur une photo et a fait une déposition à la police.

1. Les familles mafieuses ont des complicités. Une personne de l’hôpital a prévenu le clan Megna que Francesco Capicchiano était bessé au genou.

2. Les chefs mafieux, pourtant soumis au régime carcéral strict (l’art.41 bis du code de procédure pénale italien), font entendre leur voix au journal de 20h !3. En faisant justice lui-même, le clan Megna conteste le monopole étatique de l’usage de la violence.

4. En appelant à la paix, le chef mafieux tente d’entretenir son statut de personne influente sur son territoire. Si la paix venait à être instaurée, il augmenterait son capital de consensus social auprès de la popultion.

5. Dans une démocratie, seul l’Etat est fondé à rendre la justice.

mafiaJeudi 27 mars 2008, à Isola Capo Rizzuto, une petite ville de 15 000 habitants sur la côte ionienne, Francesco Capicchiano, 33 ans marche dans la rue. Il porte une arme mais n’a pas le temps de s’en servir. Deux jeunes hommes l’assassinent de plusieurs coup de revolver à bout portant. Ce meurtre est-il le signe d’une nouvelle faida au sien des ‘ndrines d’Isola Capo Rizzuto ?

La famille de la victime est traditionnellement en opposition à la très puissante ‘ndrine Arena. Ces deux clans se sont livrés, pendant des années à une lutte sans merci. Au mois d’octobre 2004, Carmine Arena, un des capo-bastone historique de la ‘ndrine Arena avait été assassiné. Les meurtriers avaient utilisé un lance-roquettes pour perforer la Lancia blindée de la victime. Depuis deux ans, les parties avaient, cependant, trouvé un accord.
Plus probablement, le meurtre de Francesco Capiccchiano est la suite de la guerre commencée à Crotone samedi dernier (cf. art. 23). En effet, dans le cadre d’enquête sur le meurtre de Luca Megna, les policiers ont arrêté le propriétaire du revolver laissé sur les lieux du crime. Celui-ci, résidant en Emilie Romagne, est originaire de Capo Rizzuto. Il semble donc que le conflit entre les ‘ndrines de Crotone s’étendent à toute la province. Francesco Capicchiano est probablement un des tueurs de Luca Megna.

Enfin, à Seminara, dans la province de Reggio en Calabre, Silvestro Galati, un jeune de vingt ans a été assassiné. Son tort était d’être le fiancé de la fille de Carmine Santaiti, présumé chef de la ‘ndrine du même nom.

Ces faits démontrent que le prochain gouvernement doit faire de la mafia une priorité politique. A l’appel du journaliste Roberto Saviano qui affirmait que les candidats ne parlaient de mafia (cf. art. 19), le centre-gauche a voulu répondre présent. Le leader de la coalition, Walter Weltroni s’est rendu en Sicile. Massino d’Alema a défendu le bilan de la lutte antimafia depuis deux ans.
Nous attendons la réaction de Silvio Berlusconi…

Samedi 22 mars 2008, au moins cinq tueurs ont abattu Luca Megna, 37 ans et régent de la ‘ndrine Megna. Un ‘ndrine est une famille mafieuse calabraise. Le père de Luca, Domenico Megna est le capo-bastone de cette ‘ndrine qui contrôle le territoire de Panapice, un bourg à la périphérie de Crotone, une ville sur le versant ionnien de la Calabre. Le capo-bastone, actuellement en prison, est soumis au régime carcéral strict régi par l’article 41 du code de procédure pénal. Les tueurs ont blessé légèrement l’épouse. En revanche, la fille du boss, âgée de cinq ans, a reçu une balle dans la tête. Les médecins ont peu d’espoir de sauver l’enfant.

Le plus grave n’est le geste de la mafia calabraise, qui en tuant, est dans son rôle. Le plus grave est la réaction des institutions. Le Président de la Calabre se dit indigné « par la blessure d’une enfant innocente. » Le Président de l’Observatoire pour les respects des droits des mineurs a lancé un appel pour que « les hommes de la ‘Ndrangheta épargnent les enfants ».

1. Non, la mafia n’a jamais épargné ni les femmes ni les enfants.
2. On ne doit pas laisser la mafia faire croire cela car c’est lui donner du consensus social.
3. La mafia doit continuer à montrer son vrai visage, y compris en tuant des enfants.
4. C’est le seul moyen pour que la population se débarrasse des mafieux.

Epilogue : un guerre de clan a débuté.
La réponse du clan Megna ne s’est pas fait attendre. Mardi 25 mars 2008, Giuseppe Cavallo, 27 ans a été assassiné par deux jeunes tueurs à moto. Ils ont mis un coup de grâce dans la nuque de la victime. Il s’agit d’une signature mafieuse typique. Dans la voiture, la femme et l’enfant de deux ans était présent. Il faut dire que l’épouse de Giuseppe Cavallo a un lien de parenté à la ’ndrine Ruselli, rivale des Megna….
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