Articles avec le tag ‘Casalesi’

Cette semaine, les forces antimafias ont arrêté Michele Zagaria le dernier grand parrain des Casalesi, un cartel de clans de la mafia napolitaine (cf. bunker et consensus social). L’interview de Roberto Saviano, auteur du livre Gomorra, est intéressante car il se concentre sur les complictés qui permettent à la mafia de perdurer. Il cite notamment le policitien Nicola Cosentino (cf. Gomorra au gouvernement?). Voici son interview traduite en français : EURONEWS.

Roberto Saviano a tout à faite raison mais il aurait pu rendre à César… 🙂 en citant le concept de la bourgeoisie mafieuse d’Umberto Santino du Centre Impastato) et même évoquer les rencontres entre les Casalesi et Pietro Lunardi : ministre des travaux publics du dernier gouvernement Berlusconi.

Définition de la bourgeoisie mafieuse à retrouver dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia :

« Le système relationnel mafieux est composé de rapports de parenté, d’amitié, d’intérêt, de contiguïté et de complicité. Ce réseau s’affirme dans des conditions de développement comme de sous-développement économique. Ces relations composent un corps social hiérarchiquement organisé. Les catégories sociales les plus pauvres représentent le bassin de recrutement de la main-d’œuvre pour les mafias. Les sommets de l’organisation mafieuse sont capables de sceller un pacte scélérat avec les plus hautes sphères du pouvoir politique et économique, la haute société». Le tout forme un corps social, un club « privé », que le sociologue Umberto Santino qualifie de « bourgeoisie mafieuse ». in  Dalla mafia alle mafie. Scienze sociali e crimine organizzato, Rubbettino, Soveria Mannelli 2006.

La vidéo de Roberto Saviano en français :

Le 7 décembre 2011, la police a arrêté Michele Zagaria, un des derniers parrains du clan des Casalesi, un cartel de clans de la mafia napolitaine (cf. Une victoire de l’Etat contre les Casalesi ). Il vivait à Casapesenna qui jouxte San Cipriano d’Aversa dans la province de Caserta sur la carte à gauche.

Les images de France 2 montrent la joies de citoyens, le bunker (cf. 1. « Dessine moi un bunker ») mais aussi une étrange interview d’un citoyen qui glorifie le clan. Cette scène illustre le consensus social dont bénficie les mafias (cf. Arrestation du « boss » Tegano et du consensus social ) : un des pouvoirs de la maifa (cf. Publication : la mafia vue par les sciences politique ou bientôt dans le petit dictionnaire énervé  🙂

La vidéo en français :

 

Aprés Rosaria Capacchione, Roberto Saviano vit sous ecorte pour avoir dénonçer la main mise des clans dans la province de Caserte. En ce jour de la liberté de la presse, rappelons que le crime organisé est le premier prédateur de journalistes (cf.“Crime organisé, main basse sur l’information”) et retour sur un reportage pas présent sur toile jusqu’ici :


 

Les magistrats de la direction des enquêtes antimafias de Naples ont adressé une demande officielle à la Chambre des députés pour obtenir la levée de l’immunité de Nicola Cosentino, sous-secrétaire à l’économie dans le gouvernement Berlusconi depuis mai 2008 (Gomorra au gouvernement?). L’homme politique en question est le coordinateur du PDL (Parti du Peuple des Libertés, une coalition de divers partis de droite) pour la région Campanie. Pressenti pour être candidat au poste de président de la Région, Cosentino est accusé de complicité d’association mafieuse. Originaire de Casal di Principe (province de Caserta), Nicola Cosentino serait le référent politique du cartel des Casalesi (cf. Une victoire de l’Etat contre les Casalesi ). En tant qu’entrepreneur, Cosentino s’était longtemps vu refusé le « certificat antimafia », un document administratif qui  donne le droit de participer à des appels d’offre pour marchés publics. Le prêfet Elena Stasi lui a accordé avant de devenir députée du PDL avec le soutien de Cosentino.

Les mafieux, les entrepreneurs, les hommes politiques complices forment une « bourgeoisie mafieuse » : « Le système relationnel mafieux est composé de rapports de parenté, d’amitié, d’intérêt, de contiguïté et de complicité. Ce réseau s’affirme dans des conditions de développement comme de sous-développement économique. Ces relations composent un corps social hiérarchiquement organisé. Les catégories sociales les plus pauvres représentent le bassin de recrutement de la main-d’œuvre pour les mafias. Les sommets de l’organisation mafieuse sont capables de sceller un pacte scélérat avec les plus hautes sphères du pouvoir politique et économique, la haute société ». Le tout forme un corps social, un club privé, que le sociologue Umberto Santino qualifie de « bourgeoisie mafieuse » [Santino (Umberto), L’alleanza e il compromesso (mafia e politica dai tempi di Lima e d’Andreotti ai nostri giorni), éditions Rubbettino, Soveria Manelli, 324 pages, 1997, pp. 5-9.].

Les députés vont-ils voter pour la levée de l’immunité de leur collègue?


Gianluca de Luca, 52 ans, membre du clan Bidognetti (cartel des Casalesi cf. Les clans utilisent leur avocat contre Roberto Saviano) dans la province de Caserte, était en « cavale ». Le 17 juillet dernier, il avait échappé  à une opération qui avait permis l’arrestation de 6 affiliés mis en examen pour association mafieuse et extorsion. Gianluca de Luca, serait le chef de zone et donc le collecteur de fonds de la ville de Cancello-Arnone et des comunes limitrophes.

Le 18 septembre, la police hongroise a arrêté, à partir d’un signalement des policiers italiens, le « latitante » (fuyard) à la frontière Roumano-Hongroise. Le camorriste de la mafia napolitaine était au volant d’une grosse berline allemande en compagnie de son fils (Joyeux Noël) et d’une autre personne. Dans les prochains jours, ces citoyens italiens seront conduits en Italie par la police judiciaire de Caserta et par les agents d’Interpol Rome.

En dépit de la suppression des contrôles -systématiques- aux frontières au sein de l’Union européenne (en réalité seulement au sein de l’espace Schengen en bleu sur la carte), il est possible de retrouver les mafieux en fuite Il s’agit de donner aux policiers les moyens de faire les enquêtes appropriées.

Un reportage de qualité sur la ville de Castel Volturno en Campanie (sur le littoral à l »ouest sur la carte) après l’assassinat de 6 africains (« Jammuncenne » et la mafia napolitaine fait un exemple…)

Pour voir ce documentaire de 13 minutes :
http://programmes.france3.fr/comme-un-vendredi/index-fr.php?page=video&id_article=203

Le 18 mars 2008, la Garde des finances et la Direction des enquêtes antimafias de Naples ont arrêté une trentaine de personnes. La police financière italienne a mis sous séquestre des biens appartenant au clan des Casalesi (cf. art. 18).
La police des finances a saisi des biens mobiliers et immobiliers, des terrains et des entreprises, des comptes bancaires pour une valeur de plusieurs millions d’euros. Ces biens étaient, en général, attribué à des prête-noms qui exerçaient tant en Campanie que dans la région du Latium. En 2006, la Commission parlementaire antimafia avait déjà signalé les infiltrations mafieuses dans la région de Rome (Cpa 2001-2006).

            L’opération antimafia constitue-t-elle une réponse des enquêteurs aux menaces proférées, la semaine dernière, par deux chefs mafieux à l’encontre du journaliste Roberto Saviano et du procureur antimafia ?
Alors que la campagne électorale pour les législatives bat son plein, aucun parti politique ne parle de la mafia. Dans un article du Time, Roberto Saviano explique que tous les partis poilitiques lui ont demandé de cautionner leur campagne. Il répond qu’il ne peut prendre partie mais s’étonne du silence assourdissant des partis politiques sur le sujet mafieux.
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