Articles avec le tag ‘agromafia’

rizzoli mafia antimafiaLe 14 mai 2014, la police italienne a procédé à l’arrestation, pour la seconde fois, de Giuseppe Mandara, 68 ans, dirigeant d’une des plus grandes entreprises de production de mozzarella d’Italie (cf.Agromafia : la France pionnière). L’homme d’affaires avait déjà été arrêté en juillet 2012 pour ses liens avec le clan La Torre et pour tromperie sur la qualité des produits. Les charges avaient été abandonnées mais les forces de l’ordre bénéficient de nouvelles preuves, basées sur des témoignages et des écoutes téléphoniques. Il s’agit d’une arrestation dans la « Bourgeoisie mafieuse » (définition)

La magistrature indépendante italienne accuse Mandara d’association de malfaiteurs, de blanchiment et d’obstruction à la justice. Basé à Mondragone dans la province de Caserte (région de Naples), aurait reçu, des 1983, le soutien du clan La Torre de la Camorra (cf.Les clans de la Camorra en recomposition). Le clan aurait apporté du cash et éliminé la  concurrence. Giuseppe Mandara est aussi accusé d’avoir fait obstruction lors de l’enquête sur l’assassinat en 1990 d’Antonio Nugnes, député-maire de Mondragone actif dans l’industrie agroalimentaire (cf.Agromafia : Le Monde diplomatique). Le corps de Nugnes fut retrouvé en 2003, suite aux déclarations du boss Augusto La Torre, devenu collaborateur de justice (cf. France 24 : Pas de coopértateurs de justice : pas d’Antimafia)

Ce n'est pas dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia :-)

Une nouvelle Ecomafia

« En Italie, le Français, il a trouvé l’Amérique« 

l’intermédiaire entre la Camorra et l’entrepreneur français

« Agromafia » (cf. Le Monde diplomatique) est le nouveau mot valise pour désigner des infractions commises par des mafieux concernant le secteur agro alimentaire. Non il n’est pas dans le Petit Dictionnaire Enervé de la mafia :-). Agromafia rejoint la typologie des écomafias (cf. Ecomafias dans son assiette)

L’affaire avait commencé en Italie avec un double meurtre dans une usine. La fraude avait en effet été découverte en 1999 par la justice italienne à l’occasion d’une enquête sur des crimes mafieux. Les sociétés qui fabriquaient ce produit et l’exportaient vers la France et la Belgique, étaient liées à la Camorra.

En France, l’accusation reprochait aux prévenus d’avoir importé sciemment ce produit, mélange de suif, de saindoux et d’huiles végétales, et de l’avoir ensuite incorporé à hauteur de 30 %, à des beurres véritables, issus de matières animales, avant de les exporter au Moyen-Orient et de percevoir au passage des subventions communautaires cf. ITV Mario Vaudano à Euractiv : « La France couvre les fraudes aux fonds européens »)

En dépit des avertissements de certains employés et de nombreuses analyses faisant état d’anomalies dans le beurre importé d’Italie, les prévenus contestaient avoir eu connaissance du trafic.

Les fraudeurs italiens, qui ont reconnu la falsification, ont été condamnés en Italie à des peines allant de trois à cinq ans ferme. Le 22 novembre 2007, le tribunal correctionnel de Créteil avait jugé Jean-Pierre Boisgontier, directeur des achats de la société laitière Fléchard de la Chapelle d’Andaine (Orne), et Guy Fléchard, PDG, coupables de « vente de denrées alimentaires falsifiées ». Il avait prononcé contre eux des peines de huit et cinq mois de prison avec sursis.

Le 6 février 2009, la cour d’appel avait jugé que MM. Boisgontier et Fléchard étaient en outre coupables d' »escroquerie », et alourdi leurs peines à respectivement 12 mois de prison dont trois ferme et 18 mois dont 6 ferme.

Relaxé en première instance, l’intermédiaire Claude Dumont avait été condamné à 15 mois dont 6 ferme pour « complicité d’escroquerie ». La cour d’appel avait par ailleurs confirmé les 23 millions d’euros de dommages et intérêts alloués à l’Office de l’élevage (ex-Onilait) au titre de subventions européennes indûment obtenues entre 1997 et 2000. MM. Dumont et Fléchard, ainsi que la société Fléchard, avaient formé un pourvoi en cassation. Rejeté en 2010.

En 2011, un documentaire d’Arte revenait sur l’épisode  :

Mafias.fr n’a pas assez traité les émeutes de Rosarno en 2010 (cf.Vengeance « transversale » à Rosarno?), faute de temps (article de la croix cf. Mondialisation : arrestation à Rome d’un mafieux calabrais après la fuite des Africains ). En outre, cet évènement suivait le massacre des Africians à Castel Volturno (cf. « Jammuncenne ») et aussi parce que mafias.fr évoque Rosarno en ces termes (cf. Histoires de femmes dans la mafia.)

Voici un article qui décortique les mécanismes de l’agromafia, ; le business des mafias dans l’agro-alimentaire Rappelons que les oranges calabraises sont vendues dans des grandes surfaces non italiennes construites à l’aide de la corruption et de la violence (cf. Vengeance transversale ou conséquence de la mondialisation? ) :

« La carcasse d’une voiture carbonisée gît près des grilles de l’ex-Opera Sila. C’est aux portes de cette ancienne usine de transformation d’olives que s’entrevoit la dernière trace de la « révolte de Rosarno ». Le 7 janvier dernier, cette localité agricole calabraise de 16 000 habitants s’est métamorphosée en théâtre d’émeutes après qu’un jeune saisonnier togolais, M. Ayiva Saibou, eut été blessé par les tirs d’un fusil à plomb. Il rentrait des champs d’orangers où 900 travailleurs vivaient entassés dans des conditions sanitaires alarmantes… cliquez pour la suite Christophe Ventura

http://1.bp.blogspot.com/-TCBV8huCm-k/TZ7FdDmk5KI/AAAAAAAAD5I/3gpe8BA-ziU/s1600/Logo%2BMonde%2BDiplomatique.jpg
La mafia de A à Z
Recevez chez vous le livre dédicacé : "la mafia de A à Z" contre 18 euros en cliquant sur le lien suivant
PayPal Logo