Archive pour la catégorie ‘Légalité en Italie’

L’Italie : ce pays modèle

ROME, 29 mai 2009 (AFP) – Les ministres de l’Intérieur et de la Justice des  pays du G8 sont réunis vendredi et samedi à Rome pour discuter de la lutte contre le crime organisé, le terrorisme, l’immigration illégale et de l’amélioration de la sécurité en milieu urbain. Les ministres de l’Italie , des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la France, de la Russie, du Japon, du Royaume Uni et de Canada se sont d’abord penchés vendredi matin sur la lutte contre le crime organisé, en particulier le patrimoine des gangs internationaux « L’Italie  a la bonne recette dans la lutte contre la mafia et son patrimoine illégal et les autres pays ont demandé à partager notre expérience », a déclaré à la presse le ministre Roberto Maroni à l’issue d’une première session des travaux ( L’Italie, la Calabre et les anticorps ). « Nous avons ainsi saisi 4,9 milliards d’euros de biens mafieux en 2008, le triple de ce que l’on avait saisi l’année précédente », s’est-il félicité ( De la saisie à la confiscation; de la mafia à l’Etat? ). Selon un communiqué du ministère italien de l’Intérieur, M. Maroni et son homologue américain, Jane Lute, ainsi que le ministre américain de la Justice, Eric Holder, ont signé jeudi soir un « accord de renforcement de la coopération dans la prévention et dans les enquêtes sur les formes graves de criminalité ». Cet accord prévoit un échange automatique des données contenues dans les banques d’empreintes digitales et d’ADN des deux pays.

Réunis dans l’ouest de la capitale, les hauts responsables doivent aussi discuter de la criminalité informatique et de pédophilie sur internet avant de s’attaquer aux problèmes de l’immigration illégale, de la traite des êtres humains et de l’intégration des immigrés dans la société d’accueil. Pour la première fois dans le cadre d’un G8, les ministres discuteront samedi de la sécurité en milieu urbain en raison de la « sensibilité internationale croissante » au lien entre qualité de la vie et sécurité en milieu urbain. La dernière session des travaux sera consacrée à la lutte contre le terrorisme, à son évolution sur le plan international et à la coopération anti-terroriste, selon le ministère. Le commissaire européen à la Justice et à la Sécurité Jacques Barrot, le secrétaire général d’Interpol Ronald Noble, des responsables d’agences de l’ONU ainsi que des ministres de République tchèque — pays présidant l’Union européenne — participent à la réunion du G8.

La rencontre est présidée conjointement par M. Maroni et son collègue de la Justice Angelino Alfano (Des statistiques à la réalité de la lutte antimafia ).

Justice « escargot » ou classe politique défaillante?

Le 15 avril, 22 personnes proches du clan Strisciulglio, un des plus importants de la ville de Bari dans la région des Pouilles (le talon de la botte), ont été libérés en dépit de leur condamnation en première instance. Le 16 janvier 2008, après des années d’enquêtes, la justice avait, au cours d’un « maxi-procès », condamné en première instance, 161 personnes. Depuis, le magistrat, seul pour écrire les 161 motivations de la sentence, n’a pas pu assurer cette obligation. En droit les condamnations ne sont donc pas effectives. En conséquence de quoi, les délais de la détention provisoire des prévenus condamnés à des peines inférieurs à dix ans d’emprisonnement courent toujours. Le terme de la détention provisoire étant dépassés, les magistrats sont contraints de libérer les prévenus pourtant condamnés pour association mafieuse ou trafic de stupéfiants en bandes organisée. L’Italie est un état de droit démocratique. Il accepte que le droit triomphe sur l’arbitraire même lorsqu’il s’agit de libérer des mafieux patentés. Deux d’entre eux, très dangereux, risquent de se livrer à la latitanza (la cavale) pour réorganiser le clan. L’espoir demeure cependant. Une fois que le juge aura rendu ses motivations, le procès en appel pourra commencer et les policiers rattraperons les fuyards comme ils l’ont fait pour Giuseppe Riina (« La magistrature ne sert à rien! » ) et Salvatore Caramuscio ( De la scu à l’Etat de droit ).

Les « libérations » légales mais contraintes de mafieux dangereux pose un problème. (Libérations de mafieux dans la région des Pouilles). Elles ridiculent l’Etat de droit aux yeux de la population déjà sujette à accepter la loi du clan plutôt que celle de l’Etat. Comme à chaque fois, les politiciens, en particulier de droite, en profitent pour fustiger « le magistrat escargot »… un comble pour une classe politique davantage habituée à reprocher aux magistrats de faire correctement leur travail contre la corruption des élus… En effet, le magistrat responsable est défendu par ses collègues : « on ne pas demander à un magistrat une obligation de résultat humainement impossible ». L’inaction de ce juge ne peut-être comparée à d’autre coupable (Huit ans pour une sentence! ). 161 motivations à écrire seul et avec d’autre dossiers nous oblige à remettre la faute sur les députées italiens, les mieux payés d’Europe, qui n’augmentent pas les crédits de la justice ( Des statistiques à la réalité de la lutte antimafia ).


Prison à vie et exécution sommaire

Il est 16h30 à Locri sur la côte ionienne de la Calabre. Domenico Cavaleri attend son fils devant l’école quand il est atteint de plus plusieurs balles de 7,65 mm à bout portant. Le premier projectile fait exploser la tête de la victime qui décède sur le coup.
Le défunt est le neveu de Cosimo et Antonio Cordi, les deux chefs de la famille mafieuse Cordi. On pense donc à la reprise de la guerre avec le clan des Cataldo, l’autre ‘famiille mafieuse de la ville. Depuis 20 ans, ces deux ‘ndines  (nom donné aux familles mafieuses calabraises) se livrent à une faidà, une guerre faite de vengeance sans fin comme c’est le cas à San Luca, non loin de Locri (  De San Luca à Duisburg, la faida et la ‘Ndrangheta )
Rapidement, les policiers excluent cependant la piste mafieuse. En effet, le défunt issu d’une famille puissante aurait pris l’habitude d’user de cette position. Le 17 mars dernier, au cours d’une partie de carte, Domenico Cavalieri aurait giflé un père de famille. Le fils de ce dernier aurait donc vengé le sgarro (l’affront) fait à son père. Un homme de trente ans en un tué un autre autre de quarante pour une gifle.
La police, sous le contrôle du procureur de la République, a commencé sa course contre la montre. Il s’agit de trouver le présumé meurtrier avant que la famille mafieuse ne fasse justice à sa manière.  Le présumé coupable peut éviter encore la mort mais pas la prison à vie. Récement, un fait similaire s’était produit en Calabre et la famille mafieuse avait été plus rapide que l’Etat italien ( Violence programmée ).

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Antimafia à Crotone

Le 1er mars, la société civile de Crotone en Calabre a réagi avec force contre le phénomène mafieux qui a beaucoup fait parler de lui ces derniers temps :

–  La folle semaine de la ‘Ndrangheta…

–  La folle semaine de la ‘Ndrangheta

N°109. Des montagnes de déchets pour matériaux de construction

N°23. La guerre des ‘ndrines de Crotone n’épargne pas les enfants

De 7 000 à 10 000 personnes, venues aussi du Val d’Aost, de la Lombardie, de l’Emilie Romagne et de la Toscane, ont répondu à l’appel d’un collectif de coopératives sociales « Goel » qui avait déjà organisé cette manifestation à Locri l’année dernière.

Des jeunes, des commerçants, des artisans et des agriculteurs ont tenu à montrer leur oppositions aux quotidiennes intimidations de la mafia. Le journal la Reppublica rapporte la présence de l’évêque de Crotone, la participation des parlementaires Nicodemo Oliverio et Maria Grazia Laganà (épouse du vice-président de la région calabre assassiné en 2005 : L’assassinat du vice-président de la région calabraise : un meurtre politico-mafieux ), des représentants de l’association antimafia « ammazzateci tutti ». Le maire de la ville de Crotone aurait proclamé « vouloir adopter un règlement qui prévoit des facilités fiscales pour les entreprises qui dénonceraient le racket »; chiche?
Il semble que la réponse de la mafia ne se soit pas fait attendre. En effet, le 2 mars, des individus ont dérobé les ordinateurs dans les locaux de la Goel à Gioisa Ionica (province de Reggio… bizarre…). Toujours le 2 mars, à Rosarno, la voiture d’une religieuse impliquée dans des activités antimafias, a été incendiée.

Des statistiques à la réalité de la lutte antimafia

Comme chaque année (voir 2008), l’Eurispes, l’institut européen des études politiques, économiques et sociales des statistiques nous propose un état géo-économique des mafias. En 2008, les mafias italiennes ont engrangé 130 milliards d’euros, ce qui représente 10% de la richesse produite en Italie.

La principale source d’accumulation illégale de capital sont le trafic de stupéfiants (59 milliards d’euros), les écomafias (16 milliards d’euros), les armes et autres 5,8 milliards. Dans certaines zones, 80% des commerçants payent encore le racket engendrant un chiffre d’affaire de 9 milliards pour les extorqueurs. L’usure fait un bon en avant avec 180 000 commerçants victimes recensés et un chiffre d’affaire de 15 milliards d’euros. Le racket et l’usure permettent aux mafias de gagner 250 millions d’euros par jour. L’augmentation de l’usure peut-être mise en relation avec la crise économique, une prévision vue sur ce site ( Epargne mafieuse et leçon de capitalisme ).
La grande disponibilité financière des mafias leur a permis, dans le cadre de cette crise, de garder un contrôle sur les appels d’offre et dans l’infiltration de l’économie légale. D’après l’association des commerçants italien (Confesercenti), les clans investissent dans le secteur du bâtiment (37, 5%), dans l’agriculture (20%), le tourisme (9 %), les commerces et la restauration (7,5%), en raison de la forte circulation d’argent qui caractérise ces activités.
Les saisies de biens mafieux de la part de l’Etat italien témoignent de la richesse des mafias. L’Etat italien a saisi 5,2 milliards d’euros, dont 2,9 milliards à la Camorra napolitiaine, 1,4 à la mafia sicilienne et 231 milions d’euros à la ‘Ndrangheta calabraise.
C’est là que le bât blesse. Car seuls 7% des biens mafieux sont saisis par les forces de l’ordre… Par ailleurs, la faiblesse des saisies opérées contre la mafia la plus riche, la mafia calabraise ( ‘Ndrangheta : mafia « numéro un » ) laisse pantois ( La confiscation : enjeu politique majeur ).
Ainsi, le gouvernement actuel a beau communiquer sur les nombreuses arrestations de mafieux, rien n’est fait pour affaiblir réellement les mafias.

Tout d’abord, en Italie plus qu’ailleurs, les magistrats sont indépendants. Les nombreuses arrestations ne sont en rien le fruit d’une volonté politique mais le résultat d’une action judiciaire sur le long terme. A contrario, en Sicile comme le stipule le juge antimafia Antonio Ingroia (en photo), les magistrats anticipent sur leurs deniers propres pour payer le transfert des collaborateurs de justice (ces « repentis » indispensables pour lutter contre des sociétés secrètes) ! Depuis, le mois d’octobre, les robinets de l’Antimafia sont coupés : plus d’argent,
plus de photocopieurs, plus de fax et plus d’auxiliaire de justice (greffiers…). En face, les chefs mafieux diposent d’énormes ressources financières et ont à leur disposition les meilleurs avocats.

Mafias italianas y relaciones internationales

Universidad de Paris I

Panthéon-Sorbonne

Doctorado de cienca politica

Fabrice RIZZOLI

LAS MAFIAS ITALIANAS Y EL FIN DEL MUNDO BIPOLAR

Las relaciones politico-mafiosas a prueba de las relaciones internacionales

Tesis dirigida por M. le presidente Jacques Soppelsa

Defendida el 22 de enero 2009

Mencion muy honorable por unanimidad del trinunal :

M. le professeur Charles Zorgbibe
M. le professeur Michel Carmona
M. le professeur Simon Petermann
Professore Giuseppe Muti
Mikhail Lebedev (Михаил Лебедев)

Resumen

La vulgarización mediática de la palabra “mafia” obstaculiza el enfoque científico del análisis de un fenómeno que abarca realidades muy heterogéneas. La mafia es un actor político organizado que se adapta a los cambios socioeconómicos. Ejerce su soberanía sobre determinado territorio. A partir de este señorío territorial, estructura y perpetúa un sistema basado en la violencia y la ilegalidad. La mafia administra una red amplia y ramificada de complicidades. Anima un código cultural arraigado pero flexible y se aprovecha de un relativo consenso social de parte de la población. En Italia, cuatro organizaciones mafiosas representan un amplio tema de investigación científica.

El estudio de las mafias, insertado en el marco más global de la historia de Italia, demuestra que éstas constituyen un verdadero instrumento de gobernancia en este Estado. Han sido empleadas como fuerzas de endiguement del comunismo a lo largo de la Guerra Fría a cambio de la impunidad. Con la desaparición de la amenaza comunista, las relaciones “político-mafiosas” entraron en una nueva era. Acorralada por la ofensiva de los magistrados, la mafia siciliana optó por una estrategia terrorista con el objetivo de encontrar nuevos referentes políticos.

Desde el final del antagonismo entre los bloques capitalista y soviético, la sofisticación de las mafias se ha reforzado. Controlan su territorio de elección y tienen una dimensión transnacional. Encarnan el flujo transfronterizo de informaciones, dinero, bienes y personas en el cual escasean los actores gubernamentales. Las mafias son agentes mayores de la economía mundial integrada, y el reflejo de esta nueva situación. Al fin y al cabo, el estudio de las mafias muestra que se trata de fenómenos estructurales y sistémicos de la mundialización.

Palabras clave: geopolítica, Italia, mafias, Estado, gobernancia, control del territorio, transnacionalidad, Guerra Fria, mundialización, droga, “burguesía mafiosa”.

Les anticorps, la suite…

« Calabre, la première révolte contre qui impose le “pizzo”. Dans la salle du tribunal une victime indique ses extorqueurs aux juges, titre ce 10 janvier le Corriere della Sera un grand quotidien national. Le « pizzo » est le racket que la mafia, en l’occurrence sa version calabraise, la ‘Ndrangheta impose aux commerçants…  » retrouvez la suite en vous rendant sur le site de Célestissima, le regard de Céleste.

L’Italie, la Calabre et les anticorps

Le 30 décembre 2008, il est 20h30 à Isola Capo Rizzuto, dans la province de Crotone en Calabre. Antonio Laporta, 54 ans, ferme son supermarché. Tous les employés sont déjà partis. L’entrepreneur s’apprête à monter dans sa berline allemande quand on lui tire trois balles dans le dos puis trois autres dans la tête. Cela ressemble à une exécution
mafieuse sauf que le petit calibre 7,65 mm utilisé ne correspond pas aux us et coutumes de la mafia. Par ailleurs, la victime n’avait pas de casier judiciaire, et ne semblait pas afilliée à une famille mafieuse. Reste qu’elle était propriétaire de deux supermarchés et d’une discothèque, de quoi faire des envieux.

Le 31 janvier 2008, à Filadelfia, dans une forêt à cheval entre la province de Vibo Valentia et celle de Catanzaro, un jeune homme a été sequestré, battu, attaché à arbre et brulé vif. La victime aurait commis un « sgarro », un affront, envers un jeune proche du clan Anella de Filadelfia. Les policiers ont retrouvé les auteurs de cet acte de torture et de barbarie grâce à des témoins.
Cette tentative de meurtre pourrait être liée à cinq actes de « lupara biancha » (disparition mafieuse Le « repenti » rétablit l’Etat de droit en Italie ). Dans les communes de Filadelfia, de Francavilla Angitola, d’Acconia di Curinga et de Pizzo, entre 2005 et 2008, cinq personnes ont disparu dont le frère de la victime du 31 décembre dernier. Un journaliste qui a enquêté sur ces morts suspects est aujourd’hui menacé de mort.

Le 3 janvier 2008, à Taurianova, dans la province de Reggio, des individus ont abbatu à l’aide d’un fusil de chasse, le cheval appartenant au maire de la ville. Elu sur une liste du centre, le nouveau maire s’est distingué par des décisions peu favorables aux clans de la zone. Le mois dernier, sa voiture et celle de son premier adjoint ont été incendiées.

Les citoyens calabrais subissent la mafia. Dans chacune de ces affaires, des gens honnêtes (témoins, journalistes, hommes politiques et victimes), ont tenté de lutter contre les clans. L’Italie disposent des meilleurs outils juridiques pour lutter contre la mafia. La société italienne possèdent des anticorps… à condition que le pouvoir politique veuille bien les utiliser( La confiscation : enjeu politique majeur ).

Joyeux Noël

Le 12 décembre 2008, la police a arrêté Giuseppe De Stefano, 47 ans, dernier héritier de la dynastie De Stefano de Reggio. Il est condamné à 30 ans de prison pour association mafieuse et trafic de stupéfiant. En « cavale » dans le centre de l’Italie, il serait rentré récemment à Reggio car sa présence devenait indispensable pour défendre les positions de sa ‘ndrine, la famille mafieuse calabraise, face à l’offensive du clan Tegano.

Giuseppe De Stefano se trouvait dans une habitation avec sa femme et ses enfants. A propos de famille, il y a quatre mois, le tribunal des mineurs a retiré l’autorité parentale à Giuseppe De Stefano au motif que celui-ci a toujours été en fuite. De facto, il ne s’est jamais occupé de ses enfants, les privant des repères indispensables à leur équilibre. Au sein de la famille mafieuse, les hommes sont absents. Les femmes élèvent les enfants et transmettent le code culturel mafieux. Si le père a été assassiné, tous les matins, la mère conditionne l’enfant à venger le père : « lève toi bon à rien et va assassiner celui qui a tué ton père : sangue lava sangue ».

Les enfants de mafieux « en cavale » ne voient jamais leur père. Le « père intérieur » prend toute la place chez l’enfant. Les fils de mafieux ont une vision fantasmée du père. Les fils sont conduits à entrer dans la mafia pour demeurer près de ce père qui leur manque tant.

Accessoirement, en enlevant l’autorité au père mafieux, les magistrats créent les conditions d’une défection de la mère qui peut quitter plus facilement le milieu mafieux.

En ce jour de Noël, mes pensées vont aux fils de policiers, de magistrats qui ne voient pas non plus beaucoup leur père. Joyeux noël aux enfants des collaborateurs de justice (les « repentis ») qui voient leur père passer du statut de mafieux tout puissant à celui de traître, un traître qui est rentré dans le giron de la loi, un père comme les autres qui peut fêter Noël avec ses enfants.

Droite Champagne, bourgeoisie mafieuse et banqueroute à Catane

Que Catane est triste ! Catane, la ville des métamorphoses que l’on croyait débarrassée de la  » malavita  » et de l’argent sale, ne fera plus parler d’elle pour sa Movida mais pour sa banqueroute après le passage (2000-2008) de son maire de Forza Italia. Umberto Scapagnini, baptisé  » Sciampagnini  » (prononcé champagnini en italien) par la gauche pour son côté champagne et petites pépées, est aussi le médecin de Silvio Berlusconi. Après avoir ruiné la ville, Umberto Scapagnini a été élu député en 2008… une belle récompense !

Le crack financier est sans précédent. Catane, deuxième ville de Sicile est aussi appelée la Milan du sud. Une ville qui était dynamique économiquement mais régie par la corruption. Le 2 mai 2008, le nouveau député est condamné à 2 ans et demi de prison.

Les bilans des années 2003 et 2004 étaient maquillés pour cacher d’importants déficits. La cour des Comptes a épinglé l’assesseur chargé des finances de la commune. En effet, afin d’acheter son élection en 2005, l’ancien maire de droite a distribué les indemnités liées aux catastrophes volcaniques aux 4000 salariés de sa commune. Pour le même motif, il a donné le grade d’inspecteur à 535 policiers municipaux. A Catane, il y a 540 policiers… Il ne reste plus que 5 agents de police. Ce n’est pas grave. De toute façon, l’administration n’a plus les moyens de payer de l’essence à ces agents !

Les ordures s’accumulent un peu partout dans la ville car les sociétés chargées du ramassage n’ont pas été payées, tout comme les employés communaux et ceux des services sociaux sans salaire depuis le mois d’août. Même les pompes funèbres, faute de salaires, ont refusé d’enterrer les morts.

L’Enel, le fournisseur d’électricité (EDF italienne) rarement payé a coupé le courant électrique plongeant plusieurs quartiers de la ville dans l’obscurité. Une représentation musicale au théâtre Bellini a pu se dérouler grâce aux voisins qui ont accepté que le théâtre se branche sur leur prise.

Au mois d’octobre, les Catanais ont pu voir que leur statue symbole, un éléphant de pierre de lave  » U Liotru »   (en photo), être proposé au plus offrant sur eBay. Lors des dernières élections, les Catanais ont choisi de renouveler leur confiance à un élu issu du même parti que le précédent, comme si rien ne s’était passé. Il faut dire qu’à Catane, on ne distribue pas l’édition régionale de la Repubblica, le journal de centre-gauche italien. Catane, sa proivince et la région sicilienne sont aux mains de la bourgeoisie mafieuse. ( Arrestation au sein de la bourgeoisie mafieuse ).

Article écrit par Danielle Matus
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