Articles avec le tag ‘Gomorra’
Cette semaine, les forces antimafias ont arrêté Michele Zagaria le dernier grand parrain des Casalesi, un cartel de clans de la mafia napolitaine (cf. bunker et consensus social). L’interview de Roberto Saviano, auteur du livre Gomorra, est intéressante car il se concentre sur les complictés qui permettent à la mafia de perdurer. Il cite notamment le policitien Nicola Cosentino (cf. Gomorra au gouvernement?). Voici son interview traduite en français : EURONEWS.
Roberto Saviano a tout à faite raison mais il aurait pu rendre à César… 🙂 en citant le concept de la bourgeoisie mafieuse d’Umberto Santino du Centre Impastato) et même évoquer les rencontres entre les Casalesi et Pietro Lunardi : ministre des travaux publics du dernier gouvernement Berlusconi.
Définition de la bourgeoisie mafieuse à retrouver dans le Petit dictionnaire énervé de la mafia :
La vidéo de Roberto Saviano en français :
Gaetano Vasallo, « l’entrepreneur », qui a enterré clandestinement des déchets dans la région de Naples pendant 20 ans, est devenu collaborateur de justice (« repentis »). Dans le livre Gomorra, l’intermédiaire entre les clans et les entrepreneurs du Nord est appelé un stakeholder. Dans le film Gomorra, le personnage de Franco, interprété par Tony Servillo, pourrait incarner Gaetano Vassallo.Au mois septembre 2008, le » repenti » a affirmé que les députés Mario Landolfi (Alliance nationale) et le sous-secrétaire du gouvernement Berlusconi, Nicola Cosentino, étaient des référents du clan des Casalesi.
L’homme politique de Forza Italia, Nicola Cosentino, avait des intérêts dans la société Eco 4 qui récoltait les déchets dans la province de Casal di Principe (région de Naples) et dont le gérant a été assassiné pour avoir parlé à des magistrats ( N°73. Le premier « cadavre exquis » des « ecomafias » ).
Gaetano Vassallo : « Je déclare que j’ai agi pour le compte de la famille mafieuse Bidognetti qui gérait la société Eco4 à travers les frères Orsi. Ces derniers payaient un pot-de-vin de 50 000 euros par mois [au clan nda]. Je peux dire que la société Eco 4 était gérée par les députés Nicola Cosentino et Mario Landolfi… je me suis présenté personnellement pour donner les 50 000 euros comptant à Sergio Orsi et à Cosentino. La rencontre a eu lieu dans la maison du député [originaire de la région nda]. Cosentino a reçu la somme dans une enveloppe jaune et Sergio Orsi m’a informé sur son contenu ».
On comprend pourquoi le nouveau gouvernement n’est pas pressé de mettre en place la Commission parlementaire antimafia.
Voici une vidéo tirée de Biutiful Cauntri
Dans l’horizon des films de mafia, il y a un avant et un après Gomorra. Ici, pas d’antihéros charismatique, aucune fascination pour des figures destinées à devenir mythiques, mais une caméra qui s’infiltre dans les viscères d’un système implacable, celui de la Camorra, la mafia napolitaine.
Le courage du cinéaste Garrone a été justement de ne pas fournir de visages à cette mafia. Les individualités et les voix importent peu, les surnoms remplacent les noms de famille, toute humanité se retrouve au service d’une mission de profit et de gain à tout prix, au nom de rien ni de personne mais pour le compte du Sistema.
Tiré du livre documentaire de Roberto Saviano, le film s’articule autour de cinq histoires, cinq facettes montrant l’organisation machiavélique et sanguinaire de la Camorra, où la vie des hommes qui lui permettent de prospérer, des enfants « porte-flingues » aux vieux comptables, vaut moins qu’une cargaison illégale de déchets toxiques.
Le film ne peut, comme le livre, proposer de solutions, nous serions tentés de dire qu’il n’y en a pas. Mais Gomorra a décidé de montrer à tous une terrible réalité, et avec génie. Une leçon de cinéma et de politique dans un pays taxé de laxisme, un pied de nez au silence, le plus fidèle allié des clans criminels. Alors criez-le, allez voir Gomorra.
Bande annonce en cliquant sur le lien suivant : Gomorra
Réalisé par Matteo Garrone
Avec Salvatore Abruzzese, Gianfelice Imparato, Maria Nazionale, Toni Servillo
Film italien.
Genre : Drame, Policier
Durée : 2h 15min.
Année de production : 2008
Article de François Scippa-Khon
L’auteur du livre « Gomorra », Roberto Saviano est condamné à mort par le clan des Casalesi (art. 18 ). Les Casalesi sont un cartel de clans qui règnent en maître à Casal di Principe, dans l’arrière pays de Naples (art. 53). Pour sa sécurité, le journaliste, philosophe de formation, vit sous protection policière permanente dans des lieux tenus secrets.
Avril 2008, pendant un mois, il a tenté de louer un appartement dans le quartier de Vomero à Naples. D’après le quotidien il Mattino, un groupe de locataires voisins a refusé la présence du journaliste menacé de mort par la mafia.
En Italie, une importante partie de la population est « gênée » par les personnes qui luttent contre la mafia. Déjà, dans les années quatre vingt, les voisins du juge Falcone se plaignaient du va-et-vient des voitures de police de son escorte. A Naples, on préfère être racketté et crouler sous les ordures plutôt que de vivre avec un homme courageux à ses côtés. En effet, la peur est omniprésente. Ce type d’acte au quotidien constitue une victoire pour la mafia.
C dans l’air avril 2008, 1 minutes 36 secondes sur Saviano :
