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Le jeune Castello échappe à une mort certaine

Le 27 octobre, les policiers ont arrêté, pour la seconde fois, Castello Romano un jeune soldat de la Camorra napolitaine. Ce dernier, à la solde du clan d’Alessandro deCastellamare di Stabia (au sud de la province de Naples sur la carte), aurait participé à l’exécution de Luigi Tommasino conseiller municipal du Parti Démocrate le 3 février dernier (cf. Petit “Luigi” deviendra grand).

Les policiers avait déjà été arrêté une première fois le jeune sicaire de 19 ans qui avait démontré une certaine volonté de collaborer avec la justice en s’accusant de 5 autres homicides commis au cours des derniers mois. Il avait donc été conduit dans un hôtel des Pouilles en attendant d’intégrer le programme de protection des collaborateurs de justice (« repenti »). Certainement tiraillé par des contradictions psychologiques difficiles à gérées, le jeune homme s’était échappé de son hôtel (en attachant ses draps pour descendre le long du mur… jeune mais débrouillard).

Il semble heureux que les policiers aient retrouvés le jeune Castello car difficilement ces associés lui auraient pardonné d’avoir entamé une collaboration avec l’Etat italien. Castello aurait certainement été assassiné par ses anciens compagnons d’arme…

Avec Castello Romano, la police aussi arrêté Renato Cavaliere, 27 ans, qui a appuyé sur la gâchette le 3 février dernier. Lui aussi a décidé de basculer du côté de la légalité.

L’Italie est un état de droit. Les mafieux sont arrêtés, jugés par une magistrature indépendante et ils ont la possibilité de quitter l’univers mafieux pour rejoindre celui de la citoyenneté (« se repentir », cf.Un nouveau collaborateur de justice pour l’Etat italien).

En revanche, le clan d’Alessandro va pouvoir recruter d’autres tueurs en rapatriant ses capitaux blanchis à l’étranger grâce au bouclier fiscal voulu par le gouvernement italien (cf. Une troisième amnistie fiscalo-mafieuse).

Les services de renseignement italien et les mafias

Dans la nuit du 7 décembre 1970, l’italie devait devenir une dictature comme en Grêce, l’Espagne et le Portugal. Le coup d’Etat organisé par le prince Valerio Borghese échoue mais la République italienne avec sa magistrature indépendante, fait vite la lumière sur cette évènement et ce, même si la participation des mafias sera médiatisée bien après. Retrouvez un extrait de la thèse de doctorat de science politique (cf.Mafias italiennes et relations internationales) qui développe le rôle des mafias italiennes dans ce coup d’Etat avorté :

 » … Pour donner le départ du coup d’Etat Borghese, les 6 et 7 décembre 1970, une série d’attentats contre des églises, des supermarchés, des sièges de partis politiques et à la préfecture de police à Reggio ravivaient à nouveau un climat de guerre. Si le coup d’Etat réussissait, l’Italie aurait du se transformer en régime autoritaire. Pour cela les putschistes devaient s’emparer du Quirinale, le bâtiment présidentiel à Rome, de la Rai ainsi que de nombreuses casernes dans tout le pays. Des témoignages sérieux et concordants devant la Commission parlementaire contre le terrorisme font état de la présence des militaires haut gradés prêts à prendre le contrôle de casernes dans toute l’Italie. D’autres témoignages démontrent la mobilisation des mafieux calabrais résidant à Milan et disposés à prendre les rênes de la ville même. A Reggio, les mafieux et les militants d’extrême droite avaient des uniformes de carabinier à distribuer.

A Rome, des tueurs de Cosa nostra [la mafia sicilienne] avaient débarqué par avion dans la nuit du 6 au 7 décembre 1970 afin de neutraliser le chef de la police, ce qui a été confirmé plus tard par des collaborateurs de justice. Ils ont été accueillis par Salvatore Drago, médecin de chambre du ministre de l’intérieur. Le 7 décembre au soir, le prince Borghese arriva avec des hommes armés au ministère de l’Intérieur. Cependant, ce serait lui-même qui aurait donné un coup de téléphone avant de donner le contrordre de mettre fin à l’opération au dernier moment.

Il est désormais acquis que le prince Borghese avait noué des contacts avec des agents de la CIA, en particulier un ancien officier nazi, ainsi qu’avec Lucio Gelli, le grand maître de la loge P2 [ loge maçonnique clandestine et subversive, cf. Hommage à Carlo Alberto Dalla Chiesa ]. Certaines hypothèses font état du fait que les Américains auraient retiré leur accord au coup d’Etat au dernier moment. D’autres affirment que Lucio Gelli manipulait le prince Borghese afin d’obtenir des garanties de la Démocratie chrétienne. Il est fort probable le prince Borghese savait que le coup d’Etat n’irait pas à son terme. Dans tous les cas, l’intimidation prit ses racines en Calabre avec la complicité de la ‘Ndrangheta [la mafia calabraise] et de Cosa nostra…« 

L’opération Tora Bora est l’énième action de la stratégie de la tension (1947-1989). Les services de renseignement italiens participèrent activement à cette stratégie. Le SIFAR, le premier service de renseignement des forces armées — largement financé par les industriels italiens — aurait fomenté un coup d’État en 1964. Le directeur du SID — Service d’information de la Défense, qui succède au SIFAR — fut impliqué dans l’attentat de Piazza Fontana en 1969 et dans le coup d’État Borghese. Après de tels évènements, on comprend que l’Italie ait réformé ses services de renseignement en 1977 puis en 2008. Pour en savoir plus sur ces réformes, cliquez sur le doc à gauche ; il s’agit d’un article paru au sein de la publication en photo en haut à droite Renseignement, Média et Démocratie).

Une troisième amnistie fiscalo-mafieuse

Sur le site Italopolis (l’Italie à Paris ), retrouvez mon article évoquant le troisième « bouclier fiscal » adopté par le gouvernement italien.
Cliquez sur le lien suivant : Une troisième amnistie fiscalo-mafieuse

Bonne lecture

MafiaS et trahisonS au regard des sciences sociales

Le vendredi 19 septembre, l’équipe du professeur Sebastien SCHEHR organisait un colloque sur la trahison au regard des sciences sociales (voir le programme en cliquant sur le document en PDF ci-contre). La trahison, un thème peu étudié à l’université, fut l’occasion de parler de l’univers mafieux. Voici un résumé de cette intervention :

 

Mafias et trahison(s)

De la trahison à l’état de droit

La trahison étudiée sous l’angle des mafias peut être envisagée de trois manières.

Le mafieux trahit dans la mafia pour obtenir une promotion au sein du clan. Par exemple, le sous-chef tue le chef pour prendre sa place… le dénonce au forces de l’ordre… (le mafieux trahit au sein de son clan pour obéir aux ordres ; un soldat trahit sont partenaire criminel parce que l’ordre lui a été donné de le tuer!)

Par ailleurs, le mafieux trahit au cinéma. Les représentations étant importantes dans la compréhension des phénomènes complexes, on prendra l’exemple célèbre du film le Parrain où la trahison est omniprésente.

Enfin, le mafieux trahit l’organisation toute entière en collaborant avec la justice et l’Etat (le dernier grand chef mafieux « repenti » Antonino Giuffrré en photo) devient un collaborateur de justice, ce que les journalistes nomment par commodité un « repenti ». Dans ce cas de figure, la trahison constitue un apport incontournable de la lutte antimafia.

1. Pour expliquer le processus de trahison chez un mafieux, il faut revenir à la définition de la mafia comme une organisation politique dont la principale ressource est la violence ; une violence systémique qui permet un contrôle panoptique (Michel Foucault) de la population. Une mafia dont la cellule de base est la « famille », régie pas des rites d’affiliation et qui est fondée sur le secret (« omertà » ou loi du silence). Le secret est central dans la politique mafieuse car il s’applique aux affiliés et à la société. Celui qui ne respecte pas le secret est punit de mort (cf. Le premier “cadavre exquis” des “ecomafias”).

2. Le « repenti » ou la figure du traître qui devient un collaborateur de justice.

Le mafieux trahit donc d’abord sa famille pour devenir un citoyen. Le « traître » est alors érigé en système de lutte antimafia pour le compte de l’état de droit ; la preuve qu’il existerait des trahisons heureuses… (cf. Le “repenti” rétablit l’Etat de droit en Italie).

Conclusion :

Désormais, la mafia n’est plus une organisation secrète. Les nombreux livres écrits par les magistrats antimafias sont des sources difficilement contestables.

La trahison des mafieux envers leur ancienne famille d’appartenance est un des meilleurs outils de lutte contre les mafias. Elle est une écharde dans le système mafieux qui a même essayé de créer de faux repentis pour déstabiliser le système (cf.La Sicilienne rebelle).

Le « repenti » trahit la mafia pour devenir un collaborateur de la démocratie et donc un citoyen. Cette mutation nous renvoie à l’idée que l’homme est perfectible, qu’il peut changer, une vision pas toujours la mieux partagée.

Jouez à confisquer des biens au crime organisé

En droit, la confiscation permet à l’Etat d’expropier des personnes qui auraient accumulé des biens par le biais d’activités criminelles. En Italie, la confiscation constitue une arme redoutable contre les organisations mafieuses ( La confiscation : enjeu politique majeur ) :
Au mois de juin 2009, la Direction des enquêtes antimafias (DIA), a confisqué (« confiscare ») à titre définitif des biens dont la valeur avoisine les 3 millions d’euros. Ces biens étaient en possesion de l’entrepreneur Gaetano Lunetto, di Partinico (Palerme) condamné pour association mafieuse. Grâce aux témoignages d’un collaborateur de justice (ici « le repenti » Giovanni Brusca), la justice a prouvé que l’entrepreneur était un prête-nom du boss Antonio Geraci.
En Calabre, la garde des finances a confisqué définitivement pour 500 000 euros de biens (deux usines de 300 mètres carrés) au clan Belloco de Rosarno. L’enquête avait débuté au début des année 2000. En 2005, la magistrature avait procédé aux premières arrestations et aux saisies (« sequestrare ») qui étaient provisoires. Puis, à la fin de l’année 2006, le parquet de Reggio a donné à la garde des finances le pouvoir d’enquêter sur le patrimoine des accusés découvrant qu’il se cachait derrrière de nombreux prête-noms. Ces enquêtes complexes ont permis la confiscation définitive des biens en question.
Toujours en Calabre, la direction des enquêtes de Reggio a confisqué (définitivement donc) des biens au clan Rugolo (La mafia calabraise, une histoire de familles). La valeur de ces biens des biens (des entreprises, des sociétés fiducières…) avoisineraient les 40 millions d’euros. Domenico Rugolo, 74 ans et « capo-società » (le chef d’une famille mafieuse calabraise) avait un gendre, Nino Princi assassiné à la voiture piégée. Ce dernier possèdait 16% d’une société fiduciaire, la « devin », qui a permis la construction d’une très grande surface (L’Italie et les stéréotypes). Une fois les bénéfices engrangés par la construction du centre commercial, l’entrepreneur Princi a revendu ces 16% à une banque suisse…
Décidement la mafia calabraise n’est pas seule sur cette planète (L’avocate suisse et l’absence d’impunité en Italie).

Dorénavant, vous pouvez « jouer » à confisquer des biens à la mafia grâce au jeu Confiscopolis mis au point par Flare (réseau européen contre le crime organisé transnational) et soutenu par Légalité sans Frontières (la première association française antimafia).

L’Italie : ce pays modèle

ROME, 29 mai 2009 (AFP) – Les ministres de l’Intérieur et de la Justice des  pays du G8 sont réunis vendredi et samedi à Rome pour discuter de la lutte contre le crime organisé, le terrorisme, l’immigration illégale et de l’amélioration de la sécurité en milieu urbain. Les ministres de l’Italie , des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la France, de la Russie, du Japon, du Royaume Uni et de Canada se sont d’abord penchés vendredi matin sur la lutte contre le crime organisé, en particulier le patrimoine des gangs internationaux « L’Italie  a la bonne recette dans la lutte contre la mafia et son patrimoine illégal et les autres pays ont demandé à partager notre expérience », a déclaré à la presse le ministre Roberto Maroni à l’issue d’une première session des travaux ( L’Italie, la Calabre et les anticorps ). « Nous avons ainsi saisi 4,9 milliards d’euros de biens mafieux en 2008, le triple de ce que l’on avait saisi l’année précédente », s’est-il félicité ( De la saisie à la confiscation; de la mafia à l’Etat? ). Selon un communiqué du ministère italien de l’Intérieur, M. Maroni et son homologue américain, Jane Lute, ainsi que le ministre américain de la Justice, Eric Holder, ont signé jeudi soir un « accord de renforcement de la coopération dans la prévention et dans les enquêtes sur les formes graves de criminalité ». Cet accord prévoit un échange automatique des données contenues dans les banques d’empreintes digitales et d’ADN des deux pays.

Réunis dans l’ouest de la capitale, les hauts responsables doivent aussi discuter de la criminalité informatique et de pédophilie sur internet avant de s’attaquer aux problèmes de l’immigration illégale, de la traite des êtres humains et de l’intégration des immigrés dans la société d’accueil. Pour la première fois dans le cadre d’un G8, les ministres discuteront samedi de la sécurité en milieu urbain en raison de la « sensibilité internationale croissante » au lien entre qualité de la vie et sécurité en milieu urbain. La dernière session des travaux sera consacrée à la lutte contre le terrorisme, à son évolution sur le plan international et à la coopération anti-terroriste, selon le ministère. Le commissaire européen à la Justice et à la Sécurité Jacques Barrot, le secrétaire général d’Interpol Ronald Noble, des responsables d’agences de l’ONU ainsi que des ministres de République tchèque — pays présidant l’Union européenne — participent à la réunion du G8.

La rencontre est présidée conjointement par M. Maroni et son collègue de la Justice Angelino Alfano (Des statistiques à la réalité de la lutte antimafia ).

L’Italie et les stéréotypes

Le 29 janvier 2009, l’Etat italien a gagné 3 millions d’euros. En effet, le centre opérationel de la Direction des enquêtes contre la mafia de Reggio a confisqué (à titre définitif) le patrimoine d’Antonio Crea, 45 ans, un boss de la ‘ndrine Crea. Les biens mafieux sont estimés à 3 millions d’euros. Les magistrats ont révélé que l’entreprise mafieuse Crea s’imposait sur le marché par le biais de l’intimidation afin d’exclure les concurrents ou en investissant des capitaux illégaux. Les enquêtes pointues des policiers ont permis de mettre en évidence la différence entre les revenus déclarés et le patrimoine mafieux. Antonio Crea a été mis en cause dans le cadre de plusieurs enquêtes antimafias. Deux collaborateurs de justice (des « repentis ») ont signalé le rôle hierarchique important de ce mafieux. Antonio Crea serait un « vangelo « ou « evangelista » Antonio Crea est le cousin de Teodoro Crea, chef de la ‘ndrine, la famille mafieuse de Rizziconi qui a fait l’objet d’un excellent reportage diffusé sur arte. Dans ce documentaire, on peut suivre le quotidien des policiers qui enquêtent pendant 7 ans sur la famille mafieuse Crea. En sept ans : un seul meurtre et la construction du plus grand supermarché de Calabre.
Afin de ne pas faire de l’Italie un stéréotype criminel, il convient de signaler que l’enseigne de cette grande surface n’est pas italienne…

« Quand je serai grand, je serai Tony Montana! »

Par Stefan Gouzouguec, professeur à Aubervilliers (photo ducollège Rosa Luxembourg à gauche), auteur de l’article « Monsieur Darcos, assumez vos choix éducatifs! » publié sur le journal en ligne Rue 89 et sur le site « changer-d’oeil »
Il y a quelques semaines, j’ai pu voir naître une mafia dans une classe de 5e d’un collège  » ambition réussite  » de Seine-Saint-Denis. L’idée en est venue au délégué, surnommé  » Shrek « , un colosse handicapé d’un bras, capitaine de son équipe de foot, qui menace de tuer tout le monde lorsqu’on le provoque, même pour plaisanter. Cet élève est par ailleurs un très bon orateur, il l’a prouvé lors de l’élection des délégués de classe. Il a recruté deux des plus fidèles clients du bureau de la conseillère d’éducation et recordmen du nombre de rapports dans la classe, bref des petits gars qui n’ont pas froid aux yeux, comme hommes de main. Leur première mission a été d’aller brasser une petite peste bien gentille, oh, pas grand chose, juste la bousculer sans lui faire de mal. C’est par elle que la conseillère d’éducation et moi-même avons appris l’existence de cette mafia.

Lorsque j’ai évoqué le problème en heure de vie de classe, j’ai appris qu’ils avaient proposé à d’autres de rejoindre leur organisation, dont l’autre déléguée, une demoiselle sérieuse, travailleuse au caractère bien trempé, avec la tête sur les épaules, plutôt amusée par l’affaire. Une commission anti-mafia dirigée par la conseillère d’éducation s’est occupée de faire avorter dans l’oeuf cette  » organisation criminelle  » naissante, sans conséquence pour les diverses parties impliquées.

Ces élèves n’ont au bout du compte rien fait d’autre que structurer leur groupe et chaque personnalité a pris le rôle qu’elle jouait en électron libre. Il n’en reste pas moins que les collégiens des quartiers difficiles ont une admiration très forte pour la mafia, dont ils respectent les codes. Ainsi il est très difficile  » d’enquêter  » sur les bêtises qu’ils commettent, car même les bons élèves respectent la loi du silence et répondent lorsqu’on les questionnent qu’ils ne sont pas des  » poucaves  » (des balances).

Nos collégiens ne rêvent plus, comme les générations précédentes, de devenir médecins, pompiers, militaires, infirmière et je dirais même plus Zidane. Non, leur héros, c’est Tony Montana dans Scarface, le type parti de rien qui s’est fait une place de premier choix par la violence, en respectant un système de valeur parallèle à la  » société officielle « . La mafia de ma classe de 5e s’est en réalité autodissoute lorsque je leur ai rappelé qu’ils n’avaient pas encore quitté le collège, qu’ils avaient encore la possibilité de réussir dans la vie autrement que dans le crime organisé. Il faut dire que ce n’est pas une classe de mauvais bougres. Les plus grands qui sont en 3e, n’en font pas un sujet de plaisanterie, certains d’entre eux ont déjà intégré la petite délinquance et le paient très cher. Scarface ne reste malheureusement pour eux que du cinéma grand public américain. Sans le savoir, ces collégiens ont illustré l’explication de la construction d’un ghetto telle que l’explique le sociologue Didier Lapeyronnie dans l’entretien qu’il a accordé au quotidien Le Monde le 30 décembre 2008 à propos de son ouvrage le Ghetto urbain (éd. Robert Laffont, 2008) :  » […] les ghettos se construisent autant par l’extérieur – cela correspond aux effets de la ségrégation sociale et raciale – que par l’intérieur – l’élaboration d’une organisation sociale qui permet de compenser un peu les blessures infligées par la société. »

PS de Fabrice Rizzoli :

Afin de démystifier la mafia, il est possible d’analyser en classe les films qui font tant fantasmer les jeunes. D’autre outils pédagogiques existent comme la BD Brancaccio (Une BD pour comprendre le phénomène mafieux. ). On pourrait aussi étudier le livre Gomorra au lycée ( Gomorra, le livre ).

Les anticorps, la suite…

« Calabre, la première révolte contre qui impose le “pizzo”. Dans la salle du tribunal une victime indique ses extorqueurs aux juges, titre ce 10 janvier le Corriere della Sera un grand quotidien national. Le « pizzo » est le racket que la mafia, en l’occurrence sa version calabraise, la ‘Ndrangheta impose aux commerçants…  » retrouvez la suite en vous rendant sur le site de Célestissima, le regard de Céleste.

L’Italie, la Calabre et les anticorps

Le 30 décembre 2008, il est 20h30 à Isola Capo Rizzuto, dans la province de Crotone en Calabre. Antonio Laporta, 54 ans, ferme son supermarché. Tous les employés sont déjà partis. L’entrepreneur s’apprête à monter dans sa berline allemande quand on lui tire trois balles dans le dos puis trois autres dans la tête. Cela ressemble à une exécution
mafieuse sauf que le petit calibre 7,65 mm utilisé ne correspond pas aux us et coutumes de la mafia. Par ailleurs, la victime n’avait pas de casier judiciaire, et ne semblait pas afilliée à une famille mafieuse. Reste qu’elle était propriétaire de deux supermarchés et d’une discothèque, de quoi faire des envieux.

Le 31 janvier 2008, à Filadelfia, dans une forêt à cheval entre la province de Vibo Valentia et celle de Catanzaro, un jeune homme a été sequestré, battu, attaché à arbre et brulé vif. La victime aurait commis un « sgarro », un affront, envers un jeune proche du clan Anella de Filadelfia. Les policiers ont retrouvé les auteurs de cet acte de torture et de barbarie grâce à des témoins.
Cette tentative de meurtre pourrait être liée à cinq actes de « lupara biancha » (disparition mafieuse Le « repenti » rétablit l’Etat de droit en Italie ). Dans les communes de Filadelfia, de Francavilla Angitola, d’Acconia di Curinga et de Pizzo, entre 2005 et 2008, cinq personnes ont disparu dont le frère de la victime du 31 décembre dernier. Un journaliste qui a enquêté sur ces morts suspects est aujourd’hui menacé de mort.

Le 3 janvier 2008, à Taurianova, dans la province de Reggio, des individus ont abbatu à l’aide d’un fusil de chasse, le cheval appartenant au maire de la ville. Elu sur une liste du centre, le nouveau maire s’est distingué par des décisions peu favorables aux clans de la zone. Le mois dernier, sa voiture et celle de son premier adjoint ont été incendiées.

Les citoyens calabrais subissent la mafia. Dans chacune de ces affaires, des gens honnêtes (témoins, journalistes, hommes politiques et victimes), ont tenté de lutter contre les clans. L’Italie disposent des meilleurs outils juridiques pour lutter contre la mafia. La société italienne possèdent des anticorps… à condition que le pouvoir politique veuille bien les utiliser( La confiscation : enjeu politique majeur ).

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