Articles avec le tag ‘mafia’

Le 5 novembre 2010, sous la direction de la magistrature antimafia, la police judiciaire de Bari, à la tête de 600 agents  a mis sous les verrous 92 membres des clans Di Cosola et Stramaglia accusés d’extortion, de trafic de drogue et de meurtre. La police a aussi saisi 40 chili de drogues, des pistolets deux Kalashnikov (cf.A la kalachnikov).

Les arrestations ont eut lieu aussi à Foggia et Milazzo (Messina) mais surtout à Milan, Novara, et Udine, ce qui témoigne de la présence mafieuse dans le Nord de l’Italie (cf.Le sommet mafieux dans le Nord de l’Italie : la vidéo)

Les deux clans se disputent le contrôle du territoire de Bari et les communes limitrophes de l’hinterland : « l’arrière-pays ». L’hinterland est un concept géographique utile pour l’étude du pohénomène mafieux. Il permet de comprendre l’importance économique de « l’arrière-pays » dans la géopolitique des phénomènes mafieux. On connaît assez bien la dimension criminelle des villes portuaires telles que Marseille, New-York, Palerme, Naples et Kobé (cf. La mafia japonaise : un paradigme. L’importance stratégique de l’arrière-pays pour ses villes est moins étudiée.

Samedi 12 décembre,  lors d’un cours sur les mafias,  j’attaquais la partie consensus social (cf. Les étrangers : instruments de la Camorra) qui repose souvent sur un autre concept celui du « sous-développement organisé ». Pour résumer : dans  le Sud de l’Italie, il y a des richesses économiques mais les infrastructures font cruellement défaut (services, transports, éducation, santé : cf. La mafia et le monde de la santé…). Le chômage est de 20% … Ainsi, les mafieux et leurs complices qui forment une « Bourgeoise mafieuse » sont en mesure de faire des faveurs (permis de construire, emplois saisonniers, place en clinique  privée…) à la population qui doit leur rendre au centuple.

C’est à ce moment du cours que je prends comme cas d’école l’exemple du quartier Zen (localisé sur la carte et qui n’a de « zen « que le nom 🙂 comme on peut le voir dans la vidéo plus bas ). J’explique que le mot « Zen » doit avoir une origine grecque ; la Sicile ayant profité de toutes les influences (cf. La mafia taxe l’eau et l’electricité des plus défavorisés).

En réalité, « Zen » veut dire Zone d’Expansion Nord…. comme quoi on sait qu’une chose c’est qu’on sait rien.

Spéciale dédicace à tous les étudiants qui écoutent les « bêtises » des profs 🙂

Aprés une accalmie, la violence programmée est à nouveau en cours en Calabre dans la province de Catanzaro  ; précisément dans le quartier de Nicastro (50 000 habitants…) ; un ancien village qui en 1969 a formé avec deux autres villages la ville de Lamezie Terme.

25 novembre 2010, il est 20h quand une moto déboule dans le centre ville. ILes occupants tirent une diziane de projectiles et disaparaissent à la manière d’un éclaire. La cible reçoit deux balles dans le  thorax et deux dans la jambe.

Nicola Gualtieri, 29 ans, s’écroule, alors qu’il regagnait la cellule dans le cadre d’un régime de semi-liberté (petite condamnation pour trafic de drogue).

La victime qui ne meure pas est  considèrée par la police comme un membre de la ‘ndrine (famille mafieuse en calabraise) Gualtieri inclue dans le clan dei Torcasio. Ce n’est pas la première qu’on tente de tuer Nicola. La premère fois le 13 avril 2002, la vicitme fut effleurée par des projectiles d’un fusil à canon scié. Au moment de la tentative de meurtre, il montait  le stand de fruit au marché avec sa mère à ses côtés : sans pité (cf.La guerre des ‘ndrines de Crotone n’épargne pas les enfants).  Le tireur fut condamné à 8 ans de prison par la cours d’appel le 21 octobre 2005 (cf. Un victoire de l’état de droit sur la violence programée). Les enquêteurs affirmèrent qu’il s’agissait d’un acte de violence programmée entre ‘ndrines pour le contrôle du territoire à Lamezia (cf. ‘Ndrines, armes et contrôle du territoire). Le dernier meurtre remonte au 31 mars (cf. De l’inéficacité de la vidéo-surveillance).

La ville de Lamezia occupe une place centrale en Calabre (cf. « Victor : nettoyeur »). Elle se situe sur l’axe de l’autoroute de la ‘Ndrangherta (cf. Opération Terminador) qui relie Naples et le port de Gioia Tauroi (cf. Le port-conteneur de la ‘Ndrangheta). La province a été choisie pour y développer le tourisme en Calabre. De nombreux « Club » se situent sur la côte thyrénéenne et on a créé un aéroport pour l’occasion…

Le 17 décembre, Nicola Gualtieri meurt. La balle qui lui a performé le poumou a mis 22 jours pour faire effet.

A partir des infos de  Giuseppe Natrella  Gazzetta del sud

mafia

Suites de l’opération « Il Crimine » et ses 300 arrestations, les enquêteurs affirment que le Siderno groupe a réactivé une cellule à Thunder Bay  (110 000 habitants) à 1 200 km à l’ouest de Toronto. Dans dans les années 50, le Siderno group s’y est installé pour les affaires car Thunder Bay est un trait d’union  entre l’axe Toronto-Monreal et les provinces de l’ouest. Affaiblis par la repression (et par domination du clan Rizzuto?), les Calabrais s’étaient repliés sur Toronto. Est-ce l’affaiblissement du clan Rizzuto qui les a poussé à réactiver une ‘ndrine?

En tout cas, le 14 décembre la magistrature italienne a délivré 53 mandats d’arrêt contre le clan Commisso de Siderno. 7 d’entre eux concernent des italo-canadiens mais un seul a été arrêté car il se trouvait en Italie au moment de l’opération. Notons que l’un des prévenus est le fondateur d’une société de publicité sous contrat avec les villes de Toronto, Montréal et Ottawa.  Le parrain de Montréal, Vito Rizzuto, avait également des intérêts au sein de cette société.

Sans aucune preuve, il me semble que derrière l’élimination des Rizzuto se trouve la ‘Ndrangheta transnationale

mafia calabraise (cf.Extermination suite et fin?).

December 9 is the International Anti-Corruption Day, designated by the UN General Assembly in 2003. December 10 is the Human Rights Day, celebrated annually across the world.

Despite the distance that only apparently separates the two commemoration days, we intend to show the chain rings that link illegality, brought about by organised crime syndicates, with corruption and violations of basic human rights.

On December 9 we intend to open a focus on a particular countermeasure that can reveal to be very efficient in the fight against organised crime. The countermeasure entails the confiscation of criminal assets and the use of them for social purposes. Such procedure took the form of a law in Italy since 1996 and it proved to be a juridical tool capable of achieving two results: to efficiently hit organised crime’s economical power; to send a tremendous message to civil society and OC affiliates that organised crime is indeed defeatable and that their assets can be destined to the population again.

FLARE Network and Transparency International present the conference « Corruption organised crime, and illegal economies a serious challenge in the EU: confiscation and social reuse as a European countermeasure ” (cf. Lobbying antimafia à Bruxelles) will therefore explain the mechanism and preview the potentiality if a similar juridical countermeasure is adopted at European level….

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Au mois de juillet, on apprenait le décés  de Frank Francis « Big Frank » Colacurcio, à l’âge de 93 ans. Il était  surnommé le roi du streap tease, ce « made men » (?) était très influent à Seatle dans l’état de Washigton là où la mafia n’existe pas… (un peu comm en France (cf. Côte d’azur mon amour ). II fut donc très actif dans la tenue de bars, boîtes de nuit, salons de strip-tease, dans le placement de machine à sous et avait des complicités politiques.

En fait, plus on étudie la mafia dite -italo-américaine- plus on la trouve américaine et de moins en moins italienne : streap tease, paris trucés, drogues dans le pays qui en consomme le plus au monde. (cf. Contre les mafias : la régulation publique de la drogue) et surtout criminalité fiancière (cf. Ce 11 septembre qui profite aux mafieux)

Pour en savoir plus, le super article de JF. Gayraud :

Mafias.fr, le site, open source et gratuit, d’information sur les mafias n’en finit pas de publier 🙂

L’auteur du texte La Cosa Nostra se porte bien remet le couvert et c’est toujours aussi réussi. Avec un soucis du détail qui nous plonge dans l’univers des mafieux italo-américains, Antoine Diaz enrichit la pauvre prodution de ce site en matière de mafia itlalo-américaine ; un seul article (cf. Un boss de La Cosa Nostra se livre au FBI).

Il faut dire qu’avec 4 mafias en Italie, il y a déjà faire… mais surtout, il est difficile de « maîtriser » une mafia quand on ne lit pas avec aisance les sources dans la langue du pays d’origine. Ici, le texte transpire le terrain racconté par des acteurs américains. J’adore apprendre que le mafieux de la rue est nommé « chat de goutière ». Enfin, l’auteur du texte a toujours ce petit regard moral qui me sied (cf. Mafia et différences) mais il ne conditione pas l’analyse comme en témoigne l’élaboration d’une typologie de la violence mafieuse outre-atlantique (photo en hommage au film Donnie Brasco)

Click and enjoy :

Voici un petit article de la presse canadienne parmi tant d’autres qui traite de la guerre de mafia à Montréal.

Halloween 2005 : un proche du clan Rizzuto est enlevé. Dans les semaines suivantes, des hommes armés investissent le quartier général du clan à la recherche du « Vieux ». Les Siciliens répliquent en envoyant un hélicoptère survoler la maison du chef de leurs rivaux, qu’ils poivrent à coups de AK-47. Ce conflit qui a failli dégénérer en guerre ouverte pourrait-il avoir un lien avec l’extermination en règle du clan Rizzuto ? C’est une hypothèse que la police examine de plus en plus.

« Il faut que ça se règle, sinon il y aura une guerre, et des mères et des pères souffriront. »

Ces paroles prophétiques ont été prononcées par Nicola Varacalli au téléphone, alors qu’il s’adressait à un membre du clan Rizzuto, le 3 novembre 2005. Trois jours plus tôt, alors qu’il distribuait des bonbons aux enfants à l’Halloween à sa résidence de la rue Sauriol, à Montréal, Varacalli avait été enlevé par quatre individus déguisés.

Lire la suite : Rue Frontenac

En ce 14 juillet 2002, tous les capi-mandamenti, les chefs d’une circonscription mafieuse regroupant au moins trois familles de la province d’Agrigento (3ème province mafieuse après Palerme et Trapani) sont réunis  à Santa Margherita Belice. Il s’agit de nommer un nouveau chef de province aprés l’arrestation de Calogero Di Caro, boss de Canicatti. Il y a un favori en la personne de Maurizio Di Gatti soutenu par Antonino Giuffré (numéro 2 de Cosa nostra à l’époque ) mais affaibli par l’arrestation de Giuffré le 17 avril 2002). Ainsi, la réunion déclare Giuseppe Falsone (cf. Arrêté grâce aux écoutes… il se cachait à Marseille) nouveau capo della provincia car il est soutenu par Bernardo Provenzano, le « number one » de l’époque (cf. L’arrestation du chef de la mafia : une victoire à point nommé ).

La réunion est à peine terminée quand la police commence à faire irruption dans la demeure. Comme à Apalchin en 1957, les chefs mafieux s’envolent tels des moineaux. Maurizio Di Gatti, le perdant et Giuseppe Falsone le vainqueur sont partis un peu avant la fin réunion. Ils ne sont pas dans les mailles de la police.

En dépit de sa liberté, le vaincu Maurizio De Gatti a peur. Il faut dire que pendant un an, il agit comme  le futur chef de province car Antonino Giuffré a fait croire à toutes les familles d’Agrigento dans le dos de Bernardo Provenzano (affaibli par une mauvaise prostate qu’il se fera retirer en 2003 en France…) que le grade de Maurizio de Gatti avaient été décidé par Provenzano lui même (vous avez du mal à suivre…). c’est pas grave moi aussi 🙂 ).  Maurizio De Gatti a perdu le poste mais passe aussi pour un menteur, un traître (au sein de cosa nostra le mensonge est interdit…) sent qu’il est un cadavre ambulant. Plus les années passent plus il  pense qu’il va être assassiné d’autant plus que son soutien, Antonino Giuffré, a décidé de collaborer avec la justice (cf. MafiaS et trahisonS au regard des sciences sociales)

Naturellement, une fois arrêté en décembre 2006, Maurizio Di Gatti devient un collaborateur de justice et non pas un « repenti » puisqu’il ne se repent de rien. Il collabore car il a peur de mourir. Il est dans un cul de sac, celui de la mafia et de sa violence programmée. En revanche, sa collaboration doit être totale. A telle enseigne qu’il dénonce ses frères  comme était membre de Cosa nostra ; l’un d’entre se suicide en prison fin décembre 2006!

Sa collaboration, pleine, évoque le rapport entre mafia et politique. Selon le collaborateur de l’état de droit, Maurizio De Gatti, le conseiller régional Michele Cimino aurait détourné des fonds publics pour la construction d’un très grand centre commercial à Castrofilippo “Le Vigne”, le long de la route nationale 640 reliant Agrigento à  Caltanissetta. Il aurait aussi assuré son élection en 2006 grâce aux voix des familles mafieuses, qui, en échange, auraient obtenu des appels d’offre concernant la construction en question ; décidement les centres commerciaux… (cf. Vengeance transversale ou conséquence de la mondialisation?).

Nous sommes en présence d’un paradigme concernant les rapports entre la mafia et le politique cad des voix contre des appels d’offre.

Au mois de septembre dernier, le député Michele Cimino est arrêté et au début du mois de novembre, c’est au tour de son père qui servait d’intermédiaire entre les familles mafieuses et son fils le politicien…. une affaire de » famille ».

PS : le fils politicien, le père entrepreneur et le mafieux forment un corps social criminel (cf. « Bourgeoise mafieuse ».

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