Articles avec le tag ‘mafia’
Aprés le fils (cf. Dans la famille Rizzuto, « je demande le fils… ») , le patriarche de la mafia montréalaise, Nicolo « Nick » Rizzuto 86 ans, a été assassiné dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, mercredi.
Le meurtre est survenu vers 17 h 40 HNE à sa résidence de l’avenue Antoine-Berthelet, à l’angle du boulevard Gouin Ouest, dans le nord-ouest de Montréal.
Du point de vue de la violence programmée, la fin d’une époque se confirme (cf.Montréal : opération « extermination »).
Par ailleurs, de nombreux signaux semblent avoir été envoyés par les commanditaires. Tout d’abord, le fils a été assassiné devant le domicile de sa maitresse comme si on voulait salir le nom de la famille (les commanditaires, en bon disiciple de Toto Riina, savaient que cette info serait reprise en boucle par les médias (cf. Leçon de communication mafieuse par Toto Riina)
En ce qui concerne le grand père, il a été tué devant son épouse et une autre femme, ce qui monterait l’absence totale de considération envers le défunt et sa famille.
Il ne reste plus que le fils qui est en prison aux Etats-Unis, on verra bien si les autorités américianes ont envie de le protéger.
En point de presse, le commandant Denis Mainville, de la division des crimes majeurs du SPVMDenis Mainville a ajouté que des liens d’affaires existaient maintenant entre la mafia, les gangs de rue et les motards. « On ne structure plus le crime organisé comme étant des entités indépendantes », a-t-il résumé.
Si on lit entre les lignes de ce point presse, on comprend que les Rizzuto ne voulaient pas partager avec des forces émergeantes. De nouveaux acteurs italiens, certainement Calabrais, seraient davantage partageurs et surtout ne veulent plus d’une mafia avec un parrain bien identifé… on verra bien…
Au mois d’octobre, la presse japonnaise par l’intermédiare du site Crimorg.com.com nous apprend que Préfecture de Hyogo (région du Kansai sur l’île d’Honshu à l’est du pays) a voté une loi interdisant aux chefs mafieux d’installer leurs bureaux ou leurs domiciles dans des zones résidentielles ou à moins de 200 mètres d’établissements scolaires. Des amendes et des peines de prison sont prévues en cas de non respect de cette loi.
A Japon, les organisations mafieuses se nomment les Boryokudans. Illégales depuis 1992, elles ont encore pignon sur rue en particulier à Kobe (en photo), principal port du Japon (comme Palerme, Naples, New-York, Gioia Tauro…cf. Dans le port de la mafia calabraise). On comprend que cette décision concerne essentiellement le cartel Yamaguchi-gumi.
L’étude comparée des mafias japonaises et italiennes révèlent plusieurs thèmes intéressants :
Les mafias sont nées au 19ème siècle de la transition (ratée?) d’une société féodale à une économie de marché.
Les mafias ne sont pas le fruit d’une société arrièrée (comprenez que ce ne sont pas les Italiens du Sud qui sont responsables du phénomène) car dans le cas contraire, il n’y aurait pas de mafia dans l’un des pays les plus riche du monde…
En échange d’impunité, elles ont servi de forces d’endiguement du communisme pendant la guerre froide.
En dépit d’une impunité contenue (bcp de mafieux en prison), elles font parties intégrantes de la société comme en témoigne ce reportage français :
Le 26 septembre, six camorristes du clan Sarno (cf.La Camorra, les « Roms » et l’industrie de la pauvreté) entrent dans un restaurant afin de donner une leçon à un homme coupable de sgarro (un affront). On peut voir sur la vidéo ci-dessus une mesure de rétortion pour un conflit entre la victime et un des agresseurs au sujet et de l’utilisation du manège situé à côté du restaurant. Il ne s’agit pas d’une veangeance pas impulsive mais d’un acte de violence programmée destinée à l’ensemble de la population, la violence étant un langage (cf. Chante chante Lupara…).
Cette vidéo semble contredire un billet précédent (cf. De l’inéficacité de la vidéo-surveillance) 🙂
Les 6 camorristes ont été arrêtés et mis en examen pour violence, détention illégale d’arme…
Il y a deux jours, je lis la presse et je vois qu’un nouveau chef mafieux a été arrêté…. je me dis : ça y est, c’est lui! Et puis non..
Les carabiniers du GIS ont arrêté à Favara (dans la région d’Agrigento celle du sénateur Cuffaro) un mafieux de haut rang Gerlandino Messina. (en photo). Messina, 38 ans, chef d’une cosca (famille mafieuse sicilienne) de Porto Empedocle et « capo-mandamento » (le mandamento est une circonscription mafieuse composé d’au moins trois familles) est certainement devenu le nouveau référent de la province mafieuse d’Agrigento (une province mafieuse est la réunion de plusieurs mandamenti) après l’arrestation de Giuseppe Falsone (cf. il se cachait à Marseille).
Cette arrestation comme celle de Falsone semble la conséquence de la collaboration de Calogero Rizzuto avec la justice (cf.nouveau collaborateur de justice pour l’Etat italien) ; ce qui démontrerait une fois de plus qu’il n’y a pas de lutte antimafia efficace sans « repentis » (cf. Le « repenti » rétablit l’état de droit en Italie ). Il se pourrait aussi que cette arrestation en amène une autre tant attendue…
PS : Il est probable que la magistrature ait confié cette mission aux carabiniers car Gerlandino Messina a fait assassiner le carabinier Giuliano Guazelli en 1992.
L’OGC est un réseau international d’universitaires de diverses disciplines, d’analystes et d’informateurs de diverses origines et professions, qui observent et qui étudient les criminalités internationales. Il vise à proposer aux professionnels et au grand public, avec un regard indépendant, une vue d’ensemble de ces criminalités, pour mieux les comprendre et mieux les combattre : Entrer
Pour savoir qui anime cet observatoire, cliquez sur OGC
« Le développement des mafias en Italie depuis le XIXe siècle : la Pieuvre génèrerait aujourd’hui un chiffre d’affaires d’environ 150 milliards d’euros par an. »
Mercredi 20 octobre 2010 20h40 – 22h25
Rediffusions :
26.10.2010 à 10:30
30.10.2010 à 16:00
cf. Mafias italiennes et relations internationales
Les policiers de la squadra mobile de Palerme, ont arrếté le chef mafieux du quartier du Brancaccio (Une BD pour comprendre le phénomène mafieux.). Francesco Di Fresco, en photo, aurait donc remplacé Giuseppe Guttadauro, le chirugien mafieux qui lui même avait succédé aux frères Graviano. Les Policiers de la désormais célèbre Catturandi (le livre) ont épié la famille pendant des milliers d’heures. Au cours d’une perquisition, ils ont remarqué que la table était dressée pour 3 alors que seules deux personnes déjeunent régulièrement à la maison (la mère, la fille et non le fils). En réalité, pendant la perquisition, le boss était caché dans une pièce de 20 m² accessible par une armoire. Les policiers de la Catturandi (facebook) ont donc laissé sortir le fils pour lui prendre ses clefs et rentrer par surprise.
Il ne s’agirait pas d’une énième arrestation mais d’un vrai coup à l’encontre du réseau de protection de celui qui serait le chef de Cosa nostra à savoir de Matteo Messina Denaro. C’est ce qu’affirme Salvino Caputo, député à l’assemblée régionale de Sicile et membre de la commission parlementaire antimafia régionale. C’est vrai que les policiers de la Catturandi applique à lettre la statégie de la réduction des cercles concentriques de complicités qui a fonctionné pour Bernardo Provenzano (cf. Cosa nostra sicilienne : la succession du « capo dei capi ») . Son arrestation avait été l’objet d’un documentaire assez explicite sur Rai 3 (Scacco al re).
Comme on ne peut attraper un super boss du premier courp, on arrête petit à petit ses complices comme par exemple (cf. Saisie record contre le complice du chef de la mafia de Trapani ou Un complice du chef de la mafia arrêté.
Alors, l’arrestation de Matteo Messina Denaro c’est pour aujourd’hui ou pour demain?
En visite en Sicile, le Pape Ratzinguer a déçu les militants antimafias (article du Point). Et pour cause, il a joué un petit jeu qu’on connait bien dans le milieu de l’antimafia, il a parlé de « crime organisé » au lieu de « mafia ». Cela relativise l’importance du péhénomène mafieux. A contrario du crime organisé, la mafia conditionne fortement la population (cf. Les ‘ndrines et le consensus social).
Les mafieux adorent le relativisme. Ils se baladent dans les cafés et disent « Ma! Nous, on n’est pas le crime organisé, on est la justice et l’honneur... »
Les mafieux ne s’y sont pas trompés. En représailles de ce timide discours, ils ont « juste » posé une bonbonne de gaz devant le centre Padre Nostro à Palerme. Ce centre implanté à Brancaccio (cf. Une BD pour comprendre le phénomène mafieux a été créé par le Père Pino Puglisi assassiné en 1993 par le clan Graviano (les frères Graviano commandent toujours sur le territoire en dépit de leur incarcération au régime 41 bis du code de procédure pénal…). Ils l’ont assassiné précisement parce qu’il renversait le consensus social qu’accordaient les jeunes aux mafieux au profit de la légalité, de l’école…
A contrario, en 1993, Jean Paul II avait pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise condamné fermement la mafia et inviter les mafieux à se « convertir à la loi de dieu » . Au moment même ou les mafieux devenaient en masse des « repentis » (des collaborateurs de justice) ; – de « convertitevi » à « pentitevi« , il n’y avait qu’un pas sémantique que les mafieux n’ont pas accepté. En représailles, les mafieux déclenchèrent la terreur avec trois bombes contre des édifices religieux (cf. 12 janvier 2002, un étudiant et un colloque sur les attentats de 1992-1993).
Pour me faire comprendre, voilà ce que devrait dire l’Eglise pour être en harmonie avec la lutte antimafia :
« La mafia est contraire aux lois du Christ et à celle de l’état de droit, repentissez vous puis collaborez avec la justice (cf. Eglise et mafia)«
En ce 20 septembre, la matinée n’est encore terminée quand deux sicaires se présentent à la hauteur d’un homme de 59 ans qui recoit 10 projectiles de 9 mm. Domenico Chirico était membre de la »ndrine (famille mafieuse calabraise) Condello (cf. L’arrestation de Pasquale Condello) et il serait le responsable du quartier Gallico (« Zoomafia » au quotidien) de Reggio.
A contrario, dans le quartier plus au sud à Archi (en photo), fin septembre, la police a arrêté un important membre de la ‘ndrine Tegano qui a décidé de collaborer avec la justice. Sa décision est d’autant plus importante qu’il est le neveu de Giovanni Tegano, un des chefs les plus influents de la ‘Ndrangheta, arrêté au printemps dernier (cf. Arrestation du « boss » Tegano et du consensus social). Il est probable que nouveau collaborateur de justice (appelé à tort « repenti ») face la lumière sur des évènements passés (cf. attentas préfecture de Palerme).
Dans le premier cas, le mafieux a été victime de la violence programée, dans le second cas de figure, il a fait le choix de l’état de droit (Collaborer avec la justice : le choix de vivre)
En rapport aux 300 arrestations survenue dans le Nord de l’Itlaie au mois de juillet, voici la vidéo des chefs mafieux calabrais qui élisent leur référent pour le Nord de l’Italie, enjoy :


